le blog des fanas de livres

17 février 2018

Ombre parmi les ombres, de Ysabelle Lacamp

ombre

Une rencontre assez étonnante entre Léo, un enfant juif rescapé du camps de Terezin en tchécoslovaquie, et Robert Desnos, poète surréaliste déporté pour résistance. Dans ce camps tout récemment libéré par les russes en mai 45, Desnos est affaibli par le typhus. Leo va s'attacher à cet homme dont il sent l'admiration de ses amis, son regard de myope et son humour malgré les conditions déplorables du camp.

A travers Léo, on apprend l'histoire de Terezin, la ville promise par Hitler à ses sujets juifs, ou plutôt le camp de transit pour les juifs tchèques avant la déportation. Léo nous raconte son père déporté, sa famille qui suit, le départ de sa mère et de sa soeur pour Auschwitz, le suicide de son père, le départ de ses amis, sa cachette dans le potager jusqu'à la libération du camp.

A travers Robert Desnos, on revient sur le surréalisme, les rencontres à Paris avec André Breton, Eluard, Aragon, Ernst et ses deux amours : Yvonne et Youki. 

Pas évident de mêler la fantaisie et le débordement des années de surréalisme avec les souffrances du camp. C'est bien fait et intéressant à travers cette amitié, et en même temps c'est parfois difficile de suivre le fil, tant les allers-retours entre le passé et le présent s'entremêlent, ponctués des bribes de poèmes.

J'ai appris beaucoup de chose sur ce poète tout en ayant plaisir à lire un roman. J'aime beaucoup cet édition qui permet de mêler fiction et histoire.

Merci à Babelio qui m'a permis de recevoir ce livre grâce à l'opération Masse Critique.


14 février 2018

La porte, de Magda Szabo

la-porte

PAL

Un livre qui était depuis très longtemps sur ma PAL.

Nous sommes en Hongrie. Emerence est une femme de ménage embauchée par la narratrice. C'est une femme âgée, gardienne d'un petit immeuble et femme de ménage dans quelques familles. Nul n'a le droit de passer la porte de sa loge. Petit à petit, cette femme quasiment analphabète, têtue et courageuse va avoir une emprise de plus en plus importante sur la narratrice. Cette dernière essaye, sans beaucoup de succès au départ, d'apprivoiser Emerence qui vient travailler quand elle le souhaite, devient indispensable et reste mystérieuse.

Une relation amour-haine, une guerre d'ego, deux mondes.

J'avais entendu beaucoup de bien de ce livre qui a eu de nombreux prix. Alors peut-être que j'en attendais trop mais je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages : la narratrice mollassonne et Emerence déstabilisante. J'ai aussi trouvé qu'il y avait des longueurs dans les "je t'aime - moi non plus" et que l'on se perdait dans de multiples anecdotes.

Bref, une porte qui ne s'est pas ouverte pour moi ! Une déception.

Lu dans le cadre de l'objectif PAL de février.

objectif pal

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12 février 2018

Atelier d'écriture n°294 - Communion

steinbeck

 Elle ouvrit le placard et vit la pile de livres qu'elle allait bientôt leur distribuer. Et elle entendait déjà leurs remarques :

« Mais madame, y'a trop de pages »

« Et il va falloir TOUT lire ? »

« Et genre, on peut même pas prononcer le nom de l'auteur ! »

« C'est quoi ce truc ? »

« Elle est moche l'image »

« Sérieux, c'est quoi ce titre ? »

« C'est hyper vieux! »

 

Elle les regarderait, calmement, tranquillement, un à un, attendant le silence. Alors, elle ouvrirait le livre et commencerait à lire. Elle décrirait doucement la Salinas qui « descend tout contre le flanc de la colline et coule, profonde et verte ». Elle changerait de timbres lors des dialogues, penserait à respirer, à faire des pauses et à envoyer toute son énergie comme elle l'avait appris lors de sa formation sur la lecture à voix haute. Oui, elle se voyait déjà devant tous ces lycéens, les têtes dans leurs mains, les corps affalés, les yeux fermés, écoutant sa voix et à travers elle le message de l'auteur.

Elle avait hâte.

Un texte rédigé pour l’atelier d’écriture de Leiloona… une photo, quelques mots

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09 février 2018

Le sel de nos larmes, de Sepetys Ruta

le sel de nos larmes

Un livre adolescent (et adulte) que ma fille de 16 ans a lu avant moi et qu'elle m'a poussé à lire rapidement pour pouvoir en parler avec elle. Elle a découvert (et moi aussi) quelques évènements historiques que l'on ne soupçonnait pas. Je vais donc essayer d'en parler sans spoiler.

Encore un roman sur la seconde guerre mondiale me direz-vous. Oui et non ! Oui parce que le roman se passe en 1945, pendant la débâcle des allemands. Non parce que c'est un angle de vue que l'on a rarement sur cette période.

Nous sommes au Nord de la Pologne en hiver 45. Les Russes approchent. Ils ont déjà "repris" la Lituanie et la Prusse orientale. Sur leur passage, ce n'est que viols, tueries et débauches. Les allemands ont enfin autorisé l'évacuation des civils vers l'Allemagne. Pour ce faire, plusieurs solutions : par terre ou par mer. C'est l'opération "Hannibal"

Nous allons suivre un groupe d'une quinzaine de réfugiés qui cherchent à atteindre, comme des milliers d'autres, le port de Gotenhafen, au nord de la Pologne afin d'embarquer sur un bateau en direction de l'Allemagne. Parmi eux il y a Joanna, une infirmière d'une vingtaine d'années, un petit garçon perdu pris en charge par un vieux monsieur "le Poète cordonnier", Florian un jeune prussien mystérieux et Emilia, une jeune polonaise de 15 ans qui cache un lourd secret. Et puis il y a Alfred, jeune nazi fanatique limite schizophrène qui se prend pour le sauveur du monde et qui attend sur le bateau dans le port de Gotenhafen.

Qui va s'en sortir ? Pour aller où ? Quels secrets se cachent derrière les larmes et les objets personnels sauvés ? On se prend d'empathie pour toute cette petite troupe, on espère, on croise les doigts, on est crispé ... Bref, on vit le livre !

Un bon roman historique, parfois un peu "cliché" mais très intéressant. Chaque personne prend la parole tour à tour, nous offrant plusieurs points de vue et permettant à l'histoire de bien s'installer et avancer.

Commentaire de ma fille "mais comment se fait-il qu'on ne soit pas plus au courant de ce qui s'est passé ?"

A partir du lycée.

 

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05 février 2018

Le camp des autres, de Thomas Vinau

le camp des autres 2

Un livre coup de poing, une ruade poétique, un hymne aux laissés-pour-compte de la société.

Nous sommes en 1907. Gaspard et son chien bâtard fuient le père violent et une vie de persécution. Ils trouvent refuge dans la forêt proche. Le chien est blessé, Gaspard use ses dernières forces à le porter pour le sauver. De nulle part surgit Jean-le-blanc, un homme qui s'est exclu d'une société injuste et violente pour vivre de et dans la forêt. Repris de justice pour pas grand chose, moitié français-moitié romanichel, des petits boulots, une vie sur la route, et puis l'envie de changer de vie, de se poser. Braconnier, un peu sorcier, un poil contrebandier il est surtout libre et réfléchi et va prendre Gaspard sous son aile. Mais le jeune garçon est aussi attiré par la route et par la vie d'autres marginaux qui forment "la Caravane à Pépère".

J'ai tout d'abord aimé l'écriture ciselée que l'on sent travaillée mais qui est fluide et si agréable à lire. On navigue entre l'âpreté de la vie et sa beauté, la crasse et la lumière, la rigueur et la liberté. C'est beau et dur à la fois.

J'ai aimé aussi l'histoire, celle de ce jeune garçon perdu et de cet exclu volontaire. Leurs envies toutes simples, leurs désirs de liberté. Et puis j'ai appris l'histoire de "la Caravane à Pépère", cette bande de déserteurs, bohémiens, évadés ou anciens prisonniers qui sillonnaient les routes de France et faisaient peur.

Un très bon livre.

Extraits : "Ce qui devait mourir est mort. Le reste a patienté, mijoté dans l'absence et le silence couvé de neige. A présent, un petit monde tout neuf est là pour dévorer le jour. Avril tout cru, ou début mai. Une lumière jeune et vive traverse les couches du temps, descend de plus en plus bas, jusqu'aux premiers bourgeons cachés dans leurs plis. Les grouillances se déplient dans une danse immobile, l'ascencion du vivant grimpe avec le jour. Le ciel fait des pirouettes. Flux et reflux dans les branches. La résine qui monte, s'invente de nouvelles pousses. Tout ruisselle et tout court."

"Ils ont continué à parler à l'aplomb cru du soleil de mai. Ils ont continué à jongler leurs méfiances, leurs silences, leurs regards, sans jamais être certains de savoir s'ils jouaient finalement dans la même équipe ou l'un contre l'autre. Jean-le-blanc a respecté les distances de sécurité le temps qu'il fallait pour que l'enfant se rende compte qu'ils étaient déjà ensemble à parler la même langue. Mais rien ne put et ne pourrait jamais faire disparaître les deux pas de recul au fond des yeux de Gaspard, cet arrière goût dans la bouche, cette manière particulière de poser son corps sans être jamais vraiment en sûreté. Une attitude que l'homme partageait avec l'enfant tout comme le bâtard, tout comme le furet, tout comme chaque être qui a eu un jour à tremper sa langue dans la cruauté des autre."

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01 février 2018

Deux hommes de bien, de Arturo Pérez-Reverte

deux hommes de bien

Un gros pavé qui se lit avec un grand plaisir. Un mélange d'historique et d'aventure, une pointe de philosophie et des belles recherches sur le Paris du siècle des Lumières.

A la fin du XVIIIème siècle, deux membres de l'Académie royale d'Espagne sont envoyés en France afin d'acquérir les volumes de la première édition de l'Encyclopédie. Or l'Encyclopédie est interdite en Espagne et en France pour des questions religieuses. L'Eglise catholique jouait alors un rôle prépondérant dans la politique espagnole, et même si les idées des lumières font leur chemin, l'Inquisition est encore très présente. "Parler de la science espagnole, c'est trébucher à chaque pas sur l'obstacle du scrupule religieux."

L'Académie royale va cependant obtenir l'autorisation du roi d'aller chercher ces volumes. Elle va mandater deux hommes "de bien" pour cette mission : 

- Le bibliothécaire de l'Académie, homme de lettres et traducteur, Don Hermógenes Molina qui, bien qu'homme catholique sincère est aussi un homme éclairé.

- Don Pedro Zárate, ancien brigadier des armées maritimes du roi d'Espagne, appelé communément l'Amiral. Peu porté sur la foi, il est persuadé que les bouleversements sont nécessaires pour donner au monde un nouveau visage et sortir l'Espagne de sa léthargie. "Il n'est pas question de rendre les peuples pieux, mais de les rendre honnêtes, travailleurs, cultivés et prospères tranche Don Pedro . [...]Et, d'une certaine manière, pour l'humble part qui nous revient, ce voyage en quête de livres interdits est une digne façon de le faire."

Les voici donc tous deux sur les routes vers Paris. Or, si il existe quantité de rééditions peu fiables, il y a très peu d'exemplaires de la première édition de l'Encyclopédie. Les deux hommes vont être aidé dans leur recherche par un prêtre débauché, l'abbé Bringas. Révolutionnaire avant l'heure celui-ci va leur faire découvrir soit un Paris "riche" où ils vont rencontrer d'Alembert, Condorcet ou Franklin, soit un Paris "pauvre" où l'on voit poindre les prémices de la révolution.

En plus des difficultés à trouver la perle rare, les deux académiciens vont être gênés dans leurs démarches par un homme de main, ancien dragon de l'armée espagnole qui est devenu mercenaire, embauché par deux espagnols qui ne souhaitent pas, pour des raisons très dissemblables, voir l'Encyclopédie arriver en Espagne.

 

Outre l'histoire pleine de rebondissements, intéressante d'un point de vue historique et philosophique, j'ai aussi aimé l'écriture avec des moments où l'écrivain s'adresse au lecteur. Au fil de son écriture, il nous dévoile ses recherches, ses embûches d'écriture, ses choix. "J'arrêtai d'écrire après ces points de suspension, alors que les deux académiciens se promènent dans Poitiers en début de soirée, parce que je sentis - j'eus l'intuition, plus exactement - que je pénétrais dans une zone dangereuse de la structure de ce récit. En m'aidant de quelques livres de voyage et d'une bonne loupe, je cherchais à situer sur le plan de la ville la rue où se trouvait l'auberge d'Artrois - de bonne réputation, tout à fait convenable pour mes deux voyageurs - quand je découvris que se présentait une difficulté d'ordre technique."

Ces parenthèses d'écriture sont très agréables. On a presque l'impression d'écrire nous-même et on suit les pensées de l'écrivain comme celles des protagonsites. Les conversations sur la religion, l'Encyclopédie , les lumières ou la révolution sont très intéressantes. Le caractère des personnages, autant principaux que secondaires, est fouillé. 

Un roman très bien mené. Une belle qualité d'écriture.

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31 janvier 2018

Moi par mois, janvier

Commencer l'année dans la féerie de Vienne au Palais Impérial, poursuivre par un concert et des visites. Un bon début d'année avec fille n°3 / Passer une soirée avec fille n°2 à Paris avant son envol pour trois semaines en Nouvelle-Zélande pour rejoindre son frère / et c'est reparti avec la conduite accompagnée avec fille n°3 / onglerie, coiffeur ... prête pour la rentrée  / allez hop, s'inscrire à un nouveau Mooc sur "apprendre et enseigner avec les sciences cognitives". Très intéressant / décider d'ouvrir un cahier reprenant tous les "moi par mois" avec des illustrations / Voir via les réseaux fils n°1 et fille n°2 réunis à l'autre bout du monde  /soirée hip-hop avec fille n°3 - dynamique / visite des locaux de Ouest-France avec les élèves le soir - impressionnant comme tout est automatisé / plus de chargeur pour mon PC portable (mangé par le chat) et perte de mon chargeur pour mon téléphone .. me voilà sans outil de communication / Retour de fille n°2 à Paris, enthousiaste de son voyage / Gala d'Étoiles avec les danseurs Étoiles et Solistes de l'Opéra de Paris pour inaugurer la nouvelle salle de Rennes - classique et contemporain - émouvant et magnifique /

reveillon-nouvel-an-vienne-grand-bal-danse-2  gala etoile

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24 janvier 2018

Amorostasia, de Cyril Bonin

amorostasia

planche amorostasia

Olga, jeune journaliste, enquête sur une épidémie mystérieuse qui décime Paris avant de se répandre dans les provinces et le monde entier : l'Amorostasia. Seules les personnes amoureuses sont touchées et deviennent statufiées.

On suit les états sentimentaux d'Olga, surprise de ne pas être statufiée face à son fiancé, et déstabilisée quand c'est son collègue qui est touché par l'Amorostasia en la regardant.

On suit aussi les avancées des chercheurs, qui sont capable de définir l'amour comme un composé chimique, mais qui n'arrivent pas à trouver un remède, tant l'amour est aussi une question de mystère, d'inconscient et de passion.

J'ai aussi beaucoup aimé la conversation des parents d'Olga, qui ne craignent pas la maladie parce qu'ils sont passés à une autre forme d'amour, faite de respect et de complicité, la passion s'étant émoussée au fil du temps pour faire place aux émotions.

Et il y a ce bandeau marqué d'un coeur que les femmes ayant provoqué une maladie chez un proche doivent porter et les stigmatisent.

J'ai aimé ces dessins en noir et blanc assez figuratifs. Le thème de l'amour est souvent traité mais là il y a une originalité qui le rend plus intéressant. La fin est assez attendue, mais agréable.

bddelasemaine

C'était au départ une BD "one shot" qui finalement, forte de son succès, a été suivi de deux autres tomes. Très envie du coup de découvrir la suite. Quelqu'un les a lu ?

Vous pouvez retrouver toutes les BD de la semaine au bar à bd.

 

 

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19 janvier 2018

A lui, de Lise Aimeri

a lui

Mon papillon blanc

Mon étoile filante

Mon puits de jouvence.

Un premier livre sous forme autobiographique. Un livre qui commence par le suicide du frère de 18 ans de Lise, pas gai me direz-vous.
Oui, mais c'est ce qui suit qui est intéressant : le cheminement de cette terrible épreuve vers la lumière.

Alors il y a la colère, la culpabilité, la façon qu'a chacun d'accepter, la douleur, le repli sur soi et enfin la thérapie qui permet de se libérer.

Les premières pages sont dures. Le départ souhaité d'un jeune à qui, à priori, tout sourit. Les recherches, l'espoir, la douleur, l'incompréhension. Tout le monde entoure, écrit, soutient, aide ... et puis vient le temps du quotidien et de la solitude. Chacun à sa manière de faire son deuil. Lise est la seule fille dans cette famille nombreuse. Elle prend la place de la jeune fille parfaite, travailleuse. Elle essaye de protéger ses parents, se construit une carapace, garde sa souffrance pour elle, cache sa peine. 

Il faudra une main tendue et une rencontre pour qu'enfin, adulte, elle accepte de parler de son immense chagrin et se tourne vers la vie.  Un développement personnel très bien écrit.

Parce qu'au delà de ce chemin vers une liberté d'esprit et une vision positive, ce que j'ai aimé c'est la qualité de l'écriture de ce premier roman. Lors de la description des faits, au début, l'écriture est réaliste mais délicate . Puis petit à petit on va vers un style plus métaphorique, qui nous amène vers la délivrance.

objectif pal

Un livre qui, par son thème, m'a fait penser à celui d'Angélique Villeneuve "nuit de septembre". J'avais été gênée par cette lecture, peut-être parce qu'écrit très peu de temps après l'évènement. Là il y a des années de recul, et sans doute me suis-je plus retrouvé dans cette jeune fille qui n'ose pas exprimer ses sentiments que dans celle d'une mère forte.

Mais dans ces deux livres, ce qui est beau, c'est qu'au-delà du deuil, le thème principal est plus l'espoir et la vie.

Un livre qui rentre aussi dans mon objectif PAL de 2018.

Extrait : 

"Je sais qu'il faut l'épargner, ne pas faire de vague, pour la protéger. Même la consoler, si seulement je pouvais. Mais malheureusement, j'en suis incapable. Je ne peux que me faire discrète, m'effacer, renoncer à l'adolescence qui veut s'installer, et continuer ainsi d'être la petite fille modèle dont ma mère a besoin pour chasser sa tristesse. Je range ma chambre, me couche tôt, ne sors pas, ne vis pas, me cache sous ma carapace, me blinde, me bétonne, et quand je suis à bout, ne pouvant hurler ma douleur, je sors les griffes : "Laissez-moi tranquille !" et je claque ma porte."

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16 janvier 2018

Marx et la poupée, de Maryam Madjidi

Marx

Maryam a six ans quand elle quitte l'Iran avec sa mère pour rejoindre son père réfugié politique en France. Nous sommes en 1986 et les parents de Myriam, communistes, doivent fuir leur pays. Arrive le moment de l'exil, d'une nouvelle culture, l'éloignement de sa famille, le rejet du persan avant, au contraire, de revenir à sa culture d'origine.

On suit d'abord Maryam dans son enfance persane avec des parents communistes qui l'oblige à donner ses jouets et à ne rien garder pour elle. Un oncle en prison, des réunions clandestines, le risque quotidien, et puis cette vie en France. La honte de ses parents qui parlent mal le français, la honte d'habiter dans une pièce minuscule, la difficulté de s'enraciner à un endroit quand on a deux cultures.

L'auteure revient sur tous ces souvenirs avec une écriture poétique et riche. De la tendresse, de l'humour, beaucoup de sensibilité dans ce texte ou Maryam arrive à se réconcilier avec elle-même. La construction n'est pas chronologique, l'auteure alternant différentes périodes de sa vie, mais ça reste fluide.

Une belle leçon sur l'exil et contre les préjugés de la double culture.

Extrait : "Je voudrais passer ma vie à récolter des histoires. De belles histoires. Dans un sac, je les mettrais et je les emporterais avec moi. Et puis au moment propice les offrir à une oreille attentive pour voir la magie naître dans le regard. Je voudrais semer des histoires dans les oreilles de tous les êtres. Je veux que ça fleurisse, qu'il en sorte des fleurs embaumantes à la place de toutes les fleurs manquantes, absentes, de toutes les Golé Maryam qui auraient dû être offertes et qui n'ont pas pu l'être."

 "Tu sais ce que ça fait d'être nulle part chez soi ? En France, on me dit que je suis iranienne. En Iran, on me dit que je suis française. Tu la veux ma double culture ? Je te la donne, va vivre avec et tu viendras me dire si c'est une "belle richesse" ou pas.

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