le blog des fanas de livres

21 juin 2017

une petite pause bloggesque

Un petit coup de mou dans mon investissement dans la blogosphère.

Rien de grave, juste un manque d'envie et plein de choses à faire à côté.

Je continue à lire, mais pas à faire mes posts ....

A bientôt !

 

Mafalda

 

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18 juin 2017

14 juillet, de Eric Vuillard

14 juillet

Livre acheté à la suite d'une rencontre avec l'auteur lors du festival "rue des livres" de Rennes. Un super orateur qui parlait avec passion de cette journée du 14 juillet 1789, titre de son livre.

Au lieu de raconter la prise de la Bastille telle qu'on l'a apprise dans les livres d'histoire avec quelques noms célèbres, Eric Vuillard le fait du point de vue des acteurs de cette journée, celui des "petites gens" qui se sont soulevés et ont risqué leurs vies pour la révolution.

Ce roman est uniquement narratif, il n'y a aucun dialogue et,  souvent, l'auteur énumère le nom des protagonistes et leurs métiers de manière assez répétitive. Il y a pourtant des passages très intéressants, riches historiquement et  très dynamiques, mais aussi des longs passages où les noms se succèdent. J'avoue ne pas avoir retrouvé l'enthousiasme de la rencontre avec l'auteur dans ce roman. Dommage.

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15 juin 2017

Le jour avant le bonheur, de Erri de Luca

le jour avant le bonheur

Nous sommes à Naples après la guerre. Un jeune orphelin est élevé par le concierge de son immeuble. Un vieil homme et un enfant qui forment une famille de coeur. Le concierge va lui apprendre le bricolage, les jeux de carte mais aussi l'amour et la solidarité. On suit le jeune garçon dans cet apprentissage de la vie plein de bon sens entre discussions, lectures et souvenirs. Ça se lit comme un conte.

Une écriture ciselée qui m'a donné envie de mettre des post-it partout, une histoire d'amour et d'amitié, un roman d'initiation fort.

Extraits :

"On écrivait avec une plume et de l'encre versé dans un trou de notre pupitre. Écrire était une peinture, on trempait sa plume, on faisait tomber les gouttes jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'une avec laquelle on arrivait à écrire la moitié d'un mot. Puis on la trempait à nouveau. Nous de la pauvreté, nous séchions notre feuille à la chaleur de notre respiration. Sous notre souffle, le bleu de l'encre tremblait en changeant de couleur. Les autres l'essuyaient avec un buvard. Le vent que nous faisions sur la feuille à plat était le plus beau. Les autres écrasaient les mots sous leur petit carton blanc."

"En haut de l'échelle, les pieds dans le vide, ma tête apprenait à puiser la lumière dans les livres. Un fois tous lus, j'en voulais encore."

"De ma petite fenêtre, les jours de soleil, j'arrivais à remonter vers elle à travers un ricochet de vitres."

"Les hommes ont besoin de moments spéciaux pour montrer leur valeur. Les femmes sont plus vaillantes dans la normalité."

parution avril 2010, Gallimard, 137 p.

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12 juin 2017

No Home, de Yaa Gyasi

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Tout commence par Maame, au milieu du 18ème siècle. Cette jeune femme de la Côte-de-l'Or (actuel Ghana) va donner naissance à deux filles avec deux pères différents, dans deux villages rivaux. L'un subit l'esclavage quand l'autre travaille avec les anglais et livre les noirs capturés. Sur ses deux filles, l'une va devenir esclave et va être envoyée aux États-Unis, l'autre va être mariée à un anglais esclavagiste.

Deux destins qui vont avoir des répercussions sur toutes leurs descendances jusqu'aux années 2000.

Chaque chapitre présente un des descendants. Rarement l'enfance mais plutôt la vie, la prise de conscience du racisme, les inégalités, les rencontres, les combats. Comme il y a un arbre généalogique très simple en début du roman, on ne se perd pas du tout bien que l'on suive sept générations dans chacune des deux branches (donc 14 portraits).

A travers ces hommes et ces femmes, on suit la colonisation de l'Afrique, les guerres tribales, les esclaves dans les plantations américaines, l'abolition de l'esclavage remplacé par la ségrégation, l'indépendance du Ghana, les violences policières, le ghetto de Harlem, le poids de la sorcellerie, la couleur de la peau, les ravages de la drogue.

Couleur de peau, esclavage et racisme sont les fils conducteurs de ce superbe roman qui fait comprendre le long chemin vers la liberté des africains et afro-américains et le poids de l'héritage familial.

Une construction extrêmement bien maîtrisée, un roman historique très intéressant, une narration fluide et en plus une belle couverture. Pour un premier roman, c'est une très belle réussite.

 

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09 juin 2017

L'enfant qui, de Jeanne Bennameur

L'enfant qui

Quand un livre de cette auteure parait, je me précipite ! Mais là je n'ai pas réussi à me laisser transporter.

Un enfant, un père, une grand-mère, et une femme / mère absente. Il y a l'enfant qui cherche des réponses à la disparition de sa mère, qui retrouve dans la forêt les traces de son absence et les souvenirs de leur complicité. Le mari et père, silencieux et renfermé, qui a aimé cette femme étrangère sans vraiment la comprendre et qui n'arrive plus à aimer. Et enfin la grand-mère qui observe et a peur que son petit-fils mutique n'ait hérité de la liberté de sa mère.

Un livre sur l'absence, le manque mais aussi la liberté. Un style épuré que j'ai retrouvé avec plaisir. Malheureusement je n'ai pas réussi à m'attacher à ce livre, il m'a manqué une profondeur que je n'ai pas su voir. Du coup ce livre ne m'est pas resté en mémoire. Néanmoins j'essayerai de le relire dans quelques mois.

Parution 05/2017 - 119 p.  - Actes Sud

Extrait : "« Quand il avait rencontré ta mère, elle qui marchait si fière et silencieuse, c'était comme si elle ne venait pas de la lignée de ceux qui avaient d'abord regardé la terre. Elle était droite et toute la souplesse de ses hanches disait qu'elle ne faisait aucun effort pour ça. Son regard allait loin devant elle. Elle portait haut les yeux. Elle semblait étrangère à tous ceux qu'il connaissait et c'est cela qu'il avait aimé. Elle, il ne l'avait jamais imaginée ployée vers la terre. C'était impossible. Et avec elle, il n'y aurait aucun risque de retourner à la vie courbée. Elle le tenait dans son regard.
Ce pouvoir là, il était aussi fort que celui de son corps nu contre le sien chaque nuit. Peut être même plus.
Mais on ne peut pas confier ses os à quelqu'un.
C'est trop. Il lui en avait voulu de cela même qu'il désirait au plus profond de lui. Confier à quelqu'un d'autre le pouvoir de se tenir debout, c'était trop, oui, beaucoup trop. Alors la rage de dépendre et de ne même pas comprendre de quoi on dépend l'avait peu à peu envahi. Il avait cru que son désir d'elle, c'était le désir tout simple qui fait vibrer les corps et rend puissant le temps d'une nuit mais aujourd'hui il mesure que son désir était bien plus vaste. Infini. Que ce désir touchait à des choses qui dépassent de loin ce qu'on nomme amour ou peut être l'amour n'est-il que cela ? Il ne sait plus rien.
Elle a disparu. Il était trop lourd à porter ?
On pouvait bien raconter tout ce qu'on voulait sur sa disparition. Lui, il sait bien qu'elle ne t'aurait jamais abandonné pour aller sur les routes. Elle t'aurait emporté avec elle. A son étrange façon. Elle qui ne savait pas donner la main comme le font les mères d'ici. Elle qui n'avait pas dans les bras le poids des enfants qu'on tient contre sa poitrine pour les bercer. Elle t'emportait dans son regard et tu la suivais. Tu étais du même sang qu'elle. Tous les deux vous étiez libres. Pas lui. »

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06 juin 2017

le coeur à l'aiguille, de Claire Gondor

presentation le coeur à l'aiguille

Leïla est fiancée à Dan. Celui-ci est parti au loin, et dans l'attente de son retour, ils s'envoient des courriers. Lui sur des carrés format post-it, juste quelques phrases d'amour, elle en lui en brodant des motifs sur des carrés de coton.

Chaque lettre relue lui fait penser à une période de leur vie : leur rencontre, le silence de Dan, leur différence physique, leur amour. Rapidement, on comprend que Leïla coud chacune de ses lettres entre elles pour former une robe.

Je n'en dirais pas plus ( et ne lisez pas la quatrième de couverture ni le résumé de Babelio). 

C'est un premier roman avec une très belle idée, une écriture fluide et douce et de l'émotion au fil de l'aiguille.

Merci à Babelio et son opération "Masse Critique" pour cette belle découverte.

Buchet.Chastel - 04/2017 - 95 p.

Extrait : "C'était toujours le même rituel : elle s'imprégnait d'abord de la lettre de Dan, la lisait lentement une fois, puis une autre fois encore. Chaque mot comptait, chaque signe ; elle fermait les yeux, se laissait emporter par le rythme des phrases , tantôt heurté et tantôt lisse, par leurs sonorités, leur apparente rudesse - tous ces sons qui en bouche avaient la rondeur d'un cocon rassurant, un abri tout chaud, ces mots qui chuchotés luisaient dans la douceur même des premières confidences devenaient aux confins de la rêverie des façades hérissées de herses, des territoires étranges, inconnus, voire hostiles, un pays merveilleux où dans les grottes se tapissent des dragons édentés et des chevaliers stupides. Tout cela tourbillonnait un moment de sa tête, c'était un ballet de mots et de sons, de syllabes qui finissaient par s'entrechoquer et s'amalgamer sans logique. Le sens n'importait plus. "

 

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03 juin 2017

Je dansais de Carole Zalberg

je dansais

Un titre noté suite au coup de coeur d'Antigone. Merci pour cette découverte. Et comme j'avais déjà eu un coup de coeur pour "feu pour feu", ça m'en fait un deuxième pour cette auteure.

Un livre sur l'enfermement, la captivité, l'horreur faite aux femmes traitées comme des objets et victimes de la violence des hommes.

Il y a Marie, enlevée à 13 ans et séquestrée par Edouard, un homme défiguré qui a vu en elle son avenir et qui est persuadé qu'un jour elle va l'aimer. On a tour à tour les points de vue du bourreau et de la victime dans une écriture ciselée et magnifique qui transcende l'horreur de la situation. Car Marie veut vivre malgré tout et trouve dans le silence, dans l'inertie et dans les livres le pouvoir et la force de continuer à espérer une liberté et un avenir en dehors de cette vie de recluse. 

Il y a les voix (qui m'ont émues aux larmes) de la mère et du père qui rêvent de revoir leurs filles et tremblent de ce qu'elle subit. 

Et puis il y a ces passages courts et transperçants comme une lame sur toutes ces femmes de part le monde kidnappées pour devenir des jouets, des prostituées, des ventres portant un futur combattant. 

Une écriture poétique, épurée et forte qui porte la voix des femmes violentées. C'est intense, dur et magnifique à la fois.

L'auteur une fois de plus, m'a happé dans une lecture sans interruption, lecture vibrante et à la limite du soutenable émotionnellement.

Bravo ! 

Extrait : " Et toi qui parlait tant, et vite, et fort, à étourdir tes parents et tes amis, tu ne parles plus, ou pour hurler, me salir, et moi qui ne parlait plus depuis l'exlosion, je ne cesse de le faire. Je dois couvrir ton silence ou tes cris. Je dois sans faillir te dire ce que tu fais enfermée là, avec moi. Mais les phrases se tordent en franchissant ma bouche déchirée, et tu n'entends que ça, la déformation des mots, ma voix de monstre. Tu grimaces, tu plaques tes mains sur tes oreilles. Tu me tortures. Je ne suis pas ces pauvres éructations !  Ce que je pense est beau et pur. Je suis digne de toi, ma splendeur, ma princesse. Écoute. Écoute loin, comme tu m'as vu. Je deviens fou. Je dis tiens, tiens, mon coeur, mon souffle, ma vie ! A toi seule, mon âme !  Écoute !"

"Nous sommes braves, nous résistons ou si nous nous immolons, ce n'est pas seulement parce que plus rien en nous n'est intact et dans ce désert, où puiser ?  Ce n'est pas seulement pour échapper à nos bourreaux. Nous brûlons : leur forfait, pensons-nous, est dévoilé. Mais quand l'une ici se soustrait, l'autre ailleurs est prise et nous ne nous relevons jamais toutes.

Nous sommes Marie dont Edouard s'est arrogé la grâce."

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01 juin 2017

Zoë et les sardines, d'Isabelle Autissier

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Un conte éducatif en livre et  CD audio (et QR code pour lecture sur smartphone ou tablette). 

Zoë est une petite fille qui part avec ses parents et son frère en voyage au Sénégal. Dans un village de pêcheur, elle va faire la connaissance de Thiam, un petit garçon de son âge. Le père de Thiam propose à la famille de les amener à la pêche à la sardine. 

Un conte marin qui permet de voir comment se passe la pêche artisanale au Sénégal et la vie quotidienne des pêcheurs.

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Le graphisme du livre est sobre, la voix du CD (celle d'Isabelle Autissier) est agréable et accompagnée d'une légère musique.

Idéal pour des enfants à partir de trois ans. Une ouverture à la lecture autonome.

 

 

Editions 2 pies tant mieux

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31 mai 2017

moi par mois, mai

un 1er mai pluvieux mais le jardin revit après une période de sécheresse et l'interdiction d'arroser / une formation qui me permet de retrouver mes copines du CAPES / revoir ma petite nièce de 18 mois, trop mignonne / beaucoup de temps à chercher des hébergements et un circuit pour des vacances en Croatie cet été avec mes deux louloutes, il y a pire comme activité / fils n°1 et fille n°2 ont fini leur année ... quelques semaines à grappiller avec tous les enfants à la maison - chouette / entretien pour un poste en lycée, je croise les doigts / le jardin resplendit de couleurs et d'odeurs / opération de la myopie pour fils n°1 - moins douloureux que prévu, très sensible à la lumière pendant quelques jours mais cela semble une belle réussite  / 4 h de shopping avec fille n°3, ouch le porte-monnaie (et il faut que je fasse la même chose avec fille n°2 !) / un we de l'Ascension ensoleillé au bord de la mer /

mai

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27 mai 2017

Les disparus du phare, de May Peter

presentationles disparus

Je n'ai pas l'habitude de lire des romans noirs, mais celui-ci tourne dans mon groupe de lecture avec de très bons avis, alors ...

Un homme se reveille échoué sur une plage écossaise balayée par le vent. Amnésique. Que fait-il sur cette île ? Pourquoi n'y a t-il rien dans sa maison qui parle de lui (pas de photos, de carte d'identité, un ordinateur vide) ? Quel est son métier ? Tout ce qu'il apprend vient des voisins, d'un loueur de bateau... et quel est son lien avec les îles Flannan où il se rendait régulièrement : une petite chaîne d’îlots marquée par la disparition jamais élucidée, un siècle plus tôt, des trois gardiens de phare ?

J'ai aimé l'ambiance de cette île balayée par les vents et les embruns, les paysages désolés et magnifiques. J'ai aussi été amusée et touchée par les personnages, de la voisine revêche au flic désabusé. Le début est plein de suspens et j'ai plongé dans l'intrigue la tête la première ! J'ai moins aimé la toute fin du livre que j'ai trouvé un peut trop convenue et moins crédible.

Un bon moment de lecture qui m'a fait voyager et m'a tenu en haleine une bonne partie du livre.

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