le blog des fanas de livres

16 juin 2018

Un pause familiale

Mes trois loulous sont à la maison,

je profite, je profite,

mais du coup j'abandonne un peu la blogosphère ! 

Alors je me mets en pause.

A bientôt

Word Art

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12 juin 2018

Les passagères du 221, de Catherine Béchaux

Les passagères du bus 221

Une amie de mon groupe littéraire est bénévole à l'accueil des familles de détenus d'un centre pénitentiaire, et elle a acheté ce livre, écrit lui-aussi par une bénévole de Fresnes.

Tout se passe sur une heure, dans un huis-clos représenté par le bus qui amène les familles aux parloirs. Quand on parle de famille, il s'agit surtout de femmes qui viennent voir leur mari, copain, fils ou petit-fils. On suit leurs espoirs, leurs doutes, leurs envies et parfois leurs colères. Elles transportent toutes un énorme sac de linge propre et repartiront avec un sac aussi lourd pleine des affaires sales. Ce parloir est pour elle une parenthèse dans la douleur de l'enfermement de leur proche.

Et il y a Paul, le conducteur, qui a force de faire la ligne reconnaît ces femmes, leur adresse un signe de tête et fait tout pour que le bus ne soit pas en retard à la maison d'arrêt.

Beaucoup d'empathie pour toutes ces femmes qui ont un rapport direct ou indirect avec le drame mais qui restent dignes et droites.

Un court roman plein de sincérité qui fait réfléchir et donne une belle voix à celles que l'on n'entend jamais.

Extrait : "A chaque fois, c'est pareil, Mireille a du mal à quitter l'espace réservé aux familles pour se rendre dans la salle d'accès au parloir qui lui rappelle les vestiaires des gymnases d'avant-guerre. Murs lépreux, bancs écaillés, empilements de casiers de consigne, toilettes douteuses, et les surveillants à l'abri derrière leurs vitres coulissantes, comme des postiers à leur guichet. L'antichambre de la désespérance. La foule morne des visiteurs. Chacun figé à l'appel de son nom, agrippé à sa carte d'identité après s'être dépouillé de toutes ses affaires personnelles. Rassemblement du troupeau. Ordres brefs des gardiens. Marche forcée dans le boyau criblé de néons cinglants qui s'enfonce dans les entrailles de la prison. Impression glaçante de bétail conduit à l'abattoir. Images fulgurantes de colonnes humaines apeurées et dociles, camps de la mort ... qu'elle s'en veut immédiatement d'avoir osées."

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09 juin 2018

Valse hésitation, de Angela Huth

valse hesitation

J'avais envie d'un roman "facile" et celui-ci me tendait la main à la bibliothèque.

Clare est une jeune femme qui s'est mariée une première fois toute jeune à un homme plus âgé avec qui elle a divorcé, et une deuxième fois avec Jonathan, un jeune homme très amoureux mais aussi très (trop) classique et méticuleux. Arrivant de plus en plus difficilement à supporter ses manies de vieux garçon, elle a décidé d'une pause de six mois dans leur couple avant de prendre une décision.

Pendant cette période, elle va rencontrer Mrs Fox, une vieille dame excentrique et Joshua, un jeune homme désinvolte, l'exact opposé de son mari actuel.

Comme l'indique le titre, Clare est confrontée à une valse hésitation et se pose pas mal de questions sur sa relation avec les hommes. En faisant des choix diamétralement différents à chaque rencontre, elle retombe cependant dans les mêmes erreurs et est finalement prête à tout accepter pour ne pas rester seule. Tous ces flottements finissent par rendre la lecture un peu lassante.

Il s'agit pourtant  d'une réflexion intéressante sur le couple, ce qui le nourrit ou le désunit. Mais finalement ce que j'ai préféré dans le livre c'est l'excentricité de Mrs Fox, qui met un peu de dynamisme dans ce livre un peu plan-plan ! 

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06 juin 2018

Bleu Amer de Sylvère Denné et Sophie Ladame

bleu amer    COEUR 3

D'abord un grand merci aux bulleurs de la BD de la semaine qui m'ont fait noter cette BD et m'ont permis de découvrir ce coup de coeur. Je l'ai emprunté à la bibliothèque, mais je vais aller me l'acheter pour pouvoir le feuilleter souvent.

bleuamer2

Nous sommes sur les iles Chausey en 1944. L'archipel est comme une parenthèse loin de la guerre. Mis à part un navire allemand qui passe toutes les semaines surveiller et ravitailler Grande-Île, les jours s'écoulent librement, au grès des marées. Pêcheur de homard avec ses casiers, Pierre n'est pas heureux, il se sent pris dans une nasse sur cette île qu'il n'a jamais quitté. Sa femme, Suzanne, l'attend toute la journée. Elle aime son île et la pêche à pieds mais son couple bat de l'aile. Pierre boit beaucoup, ne la satisfait pas.

Un jour, Pierre trouve un parachutiste américain piégé sur un îlot. Des choix devront alors être fait : le cacher ou le livrer ?

Un album tout d'abord magnifique par ses dessins. Au crayon noir sur du papier kraft, avec juste des touches de couleurs très lumineuses pour rappeler le blanc d'une voile ou d'un oiseau, le bleu de la mer et du ciel. Je suis restée scotchée devant certaines reproductions dignes d'un tableau.

bleuamer02

 

 

L'histoire n'est pas en reste, avec le solitaire Pierre qui rêve d'une autre vie sans chercher à en changer. Qui aimerait être un autre.

Va-t-il rester "droit dans ses bottes" ou va-t-il trahir, non seulement l'américain mais aussi lui-même ?

Un album épuré où tous les sentiments se lisent sur les dessins et entre les lignes.

J'ai adoré.

 

Retrouvez toutes les BD de la semaine chez Moka.

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03 juin 2018

Couleurs de l'incendie, de Pierre Lemaitre

couleurs de l'incendie

J'avais beaucoup aimé "Au revoir là haut", en roman puis en BD et enfin en film. Et c'est donc avec plaisir que je me suis lancée dans la lecture de cette "suite".

On retrouve Madeleine Péricourt au moment de l'enterrement de son père, sept ans après la fin du dernier roman. Un évènement va alors perturber la cérémonie, et ce chaos n'est que le début d'un renversement de situation qui va entraîner ce qui reste de la famille Péricourt dans des abîmes. Mais c'est sans compter sur la volonté de Madeleine face à l'adversité.

L'auteur arrive, dès le premier chapitre, à nous plonger dans une série de rebondissements sans temps mort. Les personnages secondaires (Vladi, Robert, Dupré, Solange) sont très bien campés et apportent une gouaille vivante et une impertinence qui prend le contre-pied de la bourgeoisie et du monde de la banque et de l'industrie. On retrouve aussi avec plaisir le côté historique avec la politique des années 30, la montée du fascisme et du nazisme, l'importance de l'armement, le rapprochement avec l'URSS.

Une atmosphère à la fois sombre et pleine d'humour, des portraits incisifs, un style fluide, une intrigue bien mené. J'ai passé un très bon moment de lecture et si je ne mets pas de coup de coeur c'est que quelques points m'ont paru trop "gros".

Extraits : "La conversation suivait un parcours immuable. La politique d'abord, puis l'économie, l'industrie, on terminait toujours par les femmes. Le facteur commun à tous ces sujets était l'argent. La politique disait s'il serait possible d'en gagner, l'économie, combien on pourrait en gagner, l'industrie, de quelle manière on pourrait le faire, et les femmes, de quelle façon on pourrait le dépenser."

"- C'est de la politique, Gustave, rien d'autre ! Personne ne veut d'une nouvelle guerre, Hitler fait monter les enchères pour devenir chancelier, il hausse le ton, mais il cherchera une voie pacifique. Les conflits coûtent trop cher.

- Chacun jugera ... Et l'histoire dira."

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01 juin 2018

Testament à l’anglaise, de Jonathan Coe

testament à l'anglaise

Livre lu dans le cadre du Blogloclub organisé par Amandine et Florence.

La famille aristocratique de Winshaw régit non seulement un manoir le "Winshaw Towers", mais aussi la vie politique, économique et artistique de l'Angleterre des années Thatcher.  Mais voilà que Tabitha, la soeur aînée, considérée comme folle et enfermée depuis de longues années dans un asile, commande à un jeune écrivain, Michael Owen, un livre sur l'histoire de sa famille. On découvre ainsi, de personnage en personnage, leurs vraies personnalités, avec trafic en tout genre, manque de moralité, malhonnêteté, manipulation et autres fourberies. C'est comme un puzzle qui se met en place avec l'implication des uns et des autres.

Quand j'ai commencé ce livre, je m'y suis plongée avec délectation, contente de trouver enfin un livre que j'avais hâte de retrouver. Il y avait de l'intrigue, des histoires de famille, de la folie, un secret ... plein d'ingrédients servis par une belle écriture.

Mais au fil des pages, j'ai trouvé que les longueurs prenaient le pas sur l'intérêt de l'histoire. La construction m'a gênée : on passe d'un personnage à l'autre et cette situation très riche m'a perdue. J'ai retrouvé dans le dernier quart du roman mon intérêt du début et j'ai renoué alors avec le plaisir de la lecture.

Une critique sociale de l'Angleterre des années 80 façon Cluedo, des portraits de cette dynastie véreuse très bien peints, une belle écriture, une fin époustouflante, et cependant une lecture en mi-teinte avec une intrigue qui monte en puissance lentement et trop de longueurs sur la vie politique des protagonistes.

Extrait : "Ils ont tous du sang sur les mains. Il n'y a pas de limite aux morts qu'a provoquées l'immonde commerce de Mark. Dorothy a participé au meurtre de mon père, en le nourrissant de saletés ; et Thomas l'a poignardé dans le dos, en emportant l'argent de sa retraite. Roddy et Hilary se sont certainement mis de la partie. Si l'imagination est notre sang et la pensée notre oxygène, alors le travail de Roddy est de nous couper les veines et celui de Hilary est de s'assurer qu'il n'y a plus de vie dans notre crâne. Pendant ce temps, ils restent chez-eux à s'engraisser tranquillement, et nous nous sommes ici. Nos affaires s'effondrent, nos emplois disparaissent, notre campagne étouffe, nos hôpitaux se délabrent, nos maisons sont confisquées, nos coeurs empoisonnés, nos cervelles se bloquent, tout l'esprit de ce fichu pays est broyé et suffoque. Je hais les Winshaw, Fiona."

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31 mai 2018

Moi par mois, mai

19 jours de vacances, 23 choses à faire sur ma to-do-list mais le temps de les faire à mon rythme et de lire en plus - trop bien /  passer du maillot de bain-soleil au plaid-feu de cheminée, bah normal que ma sinusite reprenne / énorme surprise avec le retour de fils n°1 parti en Nouvelle-Zélande il y a 8 mois et qui a fait une retour inattendu avec une semaine d'avance - joie, émotion, calins / et hop, on quitte les vacances pour un we prolongé, retrouver la maison de la belle-famillle, profiter du soleil, faire une belle balade le long de la côte /  "la commission de l'emploi n'a pas trouvé de solution pour votre mutation", assez dégoutée même si mon emploi actuel est très agréable / 

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27 mai 2018

Pour un oeil de poupée, de Marina Cohen

pour un oeil de poupée

Hadley est de mauvaise humeur. Sa mère vient de se remarier avec Ed et elle doit quitter son appartement, son collège et sa vie de fille unique pour une grande maison qu'elle partagera avec une demi-frère de 6 ans. Mais cette maison s'avère pleine de mystères, notamment une maison de poupée, réplique exacte de la demeure dans laquelle elle vient d'aménager, des poupées très fidèles à la réalité et un œil de poupée qui roule vers elle.

Ouch, une atmosphère à se faire dresser les cheveux sur la tête, mais comme c'est de la littérature jeunesse, c'est de mon niveau de frayeur !  N'empêche que ce livre est plein de frissons avec une tension qui monte doucement mais sûrement ! 

Un roman fantastique où le suspense nous tient jusqu’au dénouement. Des chapitres en italique reviennent au temps des premiers propriétaires et permettent de comprendre les événements du présent. C'est très bien fait.

Une belle atmosphère angoissante. Un très bon livre pour les ados de collège qui aiment se faire peur.

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23 mai 2018

L'écorce des choses, de Cécile Bidault

l'écorce des choses

Une bande dessinée que j'avais noté à la suite de vos posts sur les blogs.

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Nous sommes dans les années 70. La petite fille de cet album est sourde-muette. Elle vit dans son monde avec ses parents qui décident de déménager à la campagne. Petit à petit elle va explorer les environs, se lier d'amitié avec un garçon de son âge, épier la voisine qu'elle prend pour une sorcière, voir ses parents se disputer, explorer le grenier ... Mais à part en dessinant sur un cahier, l'échange avec les autres est difficile. Jusqu'à ce qu'elle tombe sur un livre de plongée pour apprendre à communiquer sous l'eau. 

Un graphisme simple et doux avec des couleurs pastels.

Des planches muettes qui retranscrivent la vie de cette enfant. La distinction entre la réalité et la partie onirique de cette petite fille est parfois floue, et j'avoue ne pas tout à fait avoir compris la fin du récit. Il m'a fallu un temps de réflexion (du coup je ne suis pas sûre de  la proposer en lecture jeunesse), mais l'ensemble reste une belle lecture pleine d'émotion.

Vous pouvez voir tous les rendez-vous de "la BD de la semaine" chez Mo.

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19 mai 2018

Lettre à D, de André Gorz

lettre à D

PAL

Après deux lectures difficiles, j'ai eu besoin de faire une pause plus légère ! J'ai cherché dans ma PAL et j'ai retrouvé ce texte que j'avais acheté lors d'une braderie.

André Gorz revient sur l'amour qu'il voue à sa femme depuis plus de cinquante ans. Il l'a rencontré quand il avait vingt-cinq ans et depuis ils ne se sont plus quittés. Période de vaches maigres quand il n'avait pas de travail, humeur massacrante quand il n'arrivait pas à finir son écrit ou que celui-ci était refusé ... sa femme a tout traversé en le réconfortant, en étant là, patiente et amoureuse.

A plus de quatre-vingt ans, il se rend compte qu'il n'a jamais vraiment transmis dans ses écrits l'importance de la place de sa femme à ses côtés. Il décide donc de rétablir la vérité dans cette lettre ouverte.

L'auteur parle aussi beaucoup de lui-même, de son oeuvre et de son processus d'écriture. C'est sur cet aspect que j'ai moins accroché, trouvant un peu d'égocentrisme au milieu de cette lettre d'amour.

Un texte court, un hommage plein d'humanité, d'autant plus fort quand on sait que le couple s'est suicidé en septembre 2007.

Extrait : " Nous aimerions chacun ne pas survivre à la mort de l'autre. Nous nous sommes dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble. "

 Cette lecture fait partie de mon objectif PAL de mai.

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