le blog des fanas de livres

15 janvier 2019

La Fontaine une école buissonnière, de Erik Orsenna

la fontaine

PAL

Allez, je vais au moins tenir le premier mois de l'année ma bonne résolution de sortir un livre par mois de ma PAL ! Voilà un récit qui y était depuis plus d'un an et que j'ai eu plaisir à découvrir.

Erik Orsenna revient sur la vie assez tumultueuse de Jean de La Fontaine. On y retrouve la cour du Roi Soleil avec ses faveurs et ses malveillances, le poids des religieux, la pauvreté du poète (très intéressant point sur les droits d'auteurs) et sa liberté.

Un style assez désinvolte où l'auteur interpelle le lecteur "Je vous connais. Sans oser le dire, vous réclamez encore un conte." Des phrases courtes et enlevées qui vont bien avec la vie de saltimbanque de La Fontaine.

J'y ai passé un bon moment, ai aimé redécouvrir des fables oubliées et des contes libertins plein d'humour. J'ai aimé aussi me plonger dans cette époque et retrouver les contemporains de La Fontaine : Racine, Boileau, Molière .. Je ne le garderai pas forcément en mémoire, mais cette "vulgarisation érudite" m'a fait passer un bon moment.

"Tout parle en mon ouvrage, et même les poissons ;

Ce qu'ils disent s'adresse à tous tant que nous sommes ;

Je me sers d'animaux pour instruire les hommes."

 

 

 

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12 janvier 2019

Rituels, de Ellison Cooper

 

Rituels

Un tueur en série qui enferme des jeunes filles dans des cages et les droguent pour faire des expériences est activement recherché par le FBI. L'agent spécial Sayer Altair est en charge de l'enquête. Elle devra surpasser les traumatismes de son passé, faire bloc avec son équipe et combattre sa colère pour arriver à comprendre l'esprit diabolique du meurtrier.

Un polar haletant qui nous prend aux tripes du début à la fin. Beaucoup de rebondissements, le temps qui défile, une pointe de neurosciences, des agents attachants mais bourrus, … la mécanique ben huilée d'un thriller mais on se laisse embarquer et on suit avec angoisse l'avancée des recherches, espérant pouvoir sauver les jeunes victimes.

Un point positif sur les personnages secondaires (grand-mère, voisin) qui sont particulièrement séduisants.

Le style est assez simple, avec quelques redites et beaucoup de dialogues qui rythment l'histoire.

Un bon thriller captivant.

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09 janvier 2019

Kililana song, de Benjamin Flao

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Naïm a 11 ans et préfère arpenter les rues de Lamu et gagner quelques pièces en livrant du qat à un vieil homme handicapé plutôt qu'aller à l'école coranique où son maître le bat. Son frère lui court après toute la journée pour le ramener à la madrass, il est donc obligé de se cacher. Profitant d'un voyage en bateau, il va se retrouver à Kililana où un vieil homme, dépositaire de la mémoire de Liongo Fumo, un chef guerrier swahili, l'embarque dans son exil.

On croise aussi dans ce coin du Kenya des touristes crédules, des expat' qui construisent des villas, complexes hôteliers et terminal pétrolier sans prendre en compte la nature, une tantine pleine d'amour, des prostituées et des trafiquants de qat et et de drogue. On y parle aussi croyance et djinn.

On s'attache à ce jeune garçon épris de liberté, à ce vieillard gardien de la mémoire des ancêtres, à cette tantine pleine d'amour et même à ces jeunes femmes qui gagnent leurs vies avec leurs corps. 

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Mais au-delà du conte et de l'histoire, apparaît une réflexion sur l’irruption destructrice des promoteurs, des blancs et de la modernité.

Les dessins à l'aquarelle sont superbes. Les traits qui se rapprochent d'un carnet de voyage rendent bien la chaleur des ruelles, la beauté des paysages et l'humanité des personnages.

En deux tomes (je n'ai pour l'instant que le premier), cette bande dessinée est mon premier coup de coeur de la rentrée.

Authentique et dépaysant.

Vous pouvez retrouver toutes les BD de la semaine chez Noukette.

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05 janvier 2019

Suzanne, de Frédéric Pommier

 

Suzanne

Suzanne a quatre-vingt quinze ans. Femme élégante et indépendante, elle a été mariée à un avocat avec qui elle a travaillé, a eu cinq enfants, a traversé le siècle, a connu des deuils et des bonheurs. Mais depuis quelques temps elle a tendance à perdre l'équilibre et il n'est plus possible de la maintenir à domicile. Elle accepte alors d'entrer dans une résidence pour seniors puis dans un Ephad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes).

Et l'histoire commence, avec des chapitres chronologiques qui débutent à la naissance de Suzanne en 1922, entrecoupés de paragraphes titrés en italique qui reprennent des anecdotes et éléments de sa vie actuelle en Ephad.

Car ce n'est pas qu'un livre sur la fin de vie et les infantilisations humiliantes, le manque de personnel au bord du burn-out, les soins faits à la va-vite, la douche une fois par semaine … c'est aussi l'histoire d'une femme au caractère bien trempé qui est née à la fin de la première guerre mondiale, a suivi ses parents selon les commerces de ceux-ci, a été mariée et mère pendant la seconde guerre puis s'est installée dans une existence de petite bourgeoisie de province : bridge, tennis, théâtre, réception …

C'est une femme à laquelle on s'attache très rapidement, une femme digne et droite qui a connu, malgré une existence plutôt facile, des épreuves et des pertes.

Une femme qui a toujours souhaité finir sa vie chez elle mais que son grand âge oblige à intégrer un Ephad.

Une femme qui souffre tout en essayant de garder la tête haute, parce qu'il n'y a pas assez de personnel pour prendre le temps de l'écouter, pour prendre soin d'elle, pour vivre tout simplement.

L'écrit est à la troisième personne du singulier, avec un lecteur omniscient, jusqu'à ce qu'un « je » vienne s'immiscer dans le texte. L'auteur prend alors sa place dans la vie de Suzanne.

Énormément de tendresse, d'amour et d'(in)humanité dans ce livre hommage.

Il m'a aussi sans doute touché parce qu'il m'a fait penser à ma grand-mère paternelle qui a eu la chance d'éviter l'Ephad en finissant sa vie dans une résidence pour senior, à ma grand-mère maternelle qui a connu cette fin de vie et à ma belle mère qui, à quatre-vingt onze ans, vit toujours seule chez elle malgré une lourde déficience visuelle. Trois femmes de caractère, énergiques et belles.

Extrait : "Quand "l'établissement" dort, qu'elle est seule dans sa chambre, Suzanne pense à la mort. Elle n'est pas pressée. Chaque chose en son temps. Elle espère simplement qu'elle ne souffrera pas et s'efforce de croire aux retrouvailles des âmes. [...] Suzanne ne veut pas mourir. Ça ne l'intéresse pas. Pas maintenant, c'est trop tôt. Il reste encore tant de livres à lire et de choses qu'elle ne sait pas. Depuis des années, elle s'est fixée une règle de vie : ne jamais se coucher le soir sans avoir appris quelque chose de nouveau. Au moins une chose, n'importe quoi : le nom latin d'une fleur, celui de la capitale d'un pays d'Asie, la recette du dessert favori d'un roi, le prix de vente d'un tableau de Picasso, la bonne prononciation d'un nom en italien, le fonctionnement d'un organe, le prénom de la femme d'un homme politique, le lieu de naissance d'un acteur, l'âge d'un écrivain... Suzanne a quatre-vingt quinze ans, mais prétend n'en avoir que quarante dans sa tête. Ce n'est pas toujours vrai. Parfois, elle en a dix."

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02 janvier 2019

Petit bilan 2018

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J'aime bien ce bilan qui me permet de revenir sur mes posts et de revoir tout ce que j'ai commenté. Cette année : une cinquantaine de romans, une quinzaine de BD, six documentaires et très peu de junior alors que j'en lis beaucoup de par mon métier de professeur documentaliste en collège, mais je ne fais pas souvent de critiques sur mon blog (par manque de temps principalement)

Et voilà mes 8 coups de coeur de l'année (même nombre que l'année dernière). Je suis toujours aussi avare sur les coups de coeur, il faut vraiment que le livre m'ait transporté et que je garde l'histoire longtemps en mémoire. 

C'est parti pour 2019 ! 

Là où les chiens aboient par la queue,  de Estelle-Sarah Bulle

Et les colosses tomberont, de Laurent Gaudé

La salle de bal, de Anna Hope

La petite fille sur la banquise, de Adelaïde Bon (coup de poing)

Les quatre gars, de Claire Renaud (12-15 ans)

Maria, de Angélique Villeneuve

Avoir un corps, de Brigitte Giraud

Le camp des autres, de Thomas Vinau

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01 janvier 2019

Année 2019

A vous qui passez par ici, 

je vous souhaite tout ce que vous avez envie,

de la douceur c'est important, 

quelques nouveautés pour des moments iridescents,

des voeux réalisés,

et plus que tout une belle santé.

Belle année 2019 à vous tous.

 

happy new year

 

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31 décembre 2018

Moi par mois, décembre

Essayer de perdre quelques kilos ancrés / belle soirée avec un très bon film drôle et émouvant "Lola et ses frères" suivi d'un dîner au resto avec les copines / avoir des bonnes nouvelles de fille n°2 qui arpente Cuba / "réparer les vivants" au théâtre, avec un homme seul en scène, vibrant et impressionnant. Une soirée émouvante et humaine / apero dinatoire familial fort sympathique / essayer des lentilles progressives et avoir mal au coeur ... en esperant que ça ne va pas durer trop longtemps / fille n°2 maintenant en Colombie, faut suivre ! / une pièce de théâtre plus légère avec fille n°3 : un ciné concert "les triplettes de belleville" détendant / dîner de fin d'année avec les collègues et échange de cadeaux / repos familial au bord de la mer pour fêter Noël / lecture, thé et feu de cheminée ... prendre son temps en cette fin d'année avant de se mesurer aux changements annoncés en 2019.

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22 décembre 2018

En vacances de Noël

Quelques jours passés en famille :

Profiter de tous,

voir les yeux des petites nièces briller devant les décorations et les cadeaux laissés par le père-noël,

aller se promener au bord de la mer,

respirer à plein poumon l'air marin,

manger, boire, rire, échanger, partager,

se ressourcer.

Je vous laisse en compagnie des lutins.

Joyeux Noël

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19 décembre 2018

Bilan de la BD de la semaine

BD

C'est le dernier mercredi de l'année 2018 pour les bulleurs, et donc l'heure du bilan.

Pas de premier, deuxième ... mais une sélection de 6 BD / album qui m'ont marqué dans l'année et dont je garde un très bon souvenir.

Vous trouverez les liens ci-dessous : 

Bleu Amer de Sylvère Denné et Sophie Ladame

Les petites victoires, de Yvon Roy

Goupil ou face, de Lubie Lou

Abélard de Renaud Dilliès et Régis Hautière

Feuille, de Daishu Ma

La guerre des Lulus, de Hautière Régis et Hardoc

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En tout cas je voulais remercier celles qui organisent ce rendez-vous de la BD de la semaine. Même si je ne suis pas toujours présente, ce rendez-vous m'a permis de faire de très belles découvertes et m'a aussi permis d'élargir mon horizon.

Ce mercredi, vous retrouverez tous les bilans chez Moka.

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16 décembre 2018

Dieu n'habite pas La Havane, de Yasmina Khadra

 

Dieu n'habitej'aime beaucoup cet auteur et son écriture assez percutante, et ma fille étant actuellement en voyage à Cuba, cela me faisait deux bonnes raisons de lire ce roman.

Juan del Monte Jonava, dit Don Fuego "le souffle incendiaire des Caraïbes", est un homme d'une soixantaine d'année qui vit pour la scène. Chanteur de rumba dans un hôtel de la Havane, il met le feu tous les soirs, se fait reconnaître par les touristes et est heureux de cette vie. Amoureux de sa voix, il est assez égoïste et sa femme s'est séparée de lui il y a quelques années. Il vit depuis chez sa soeur avec son fils de 18 ans avec qui il a très peu de relation. Tout s'écroule quand l'hôtel où il travaille est vendu par l'Etat à une femme de Miami, dans le cadre de la privatisation décidée par le Parti. 

Le voilà errant dans les rues, obligé de rabaisser ses prétentions. Mais une rencontre va changer son parcours.

J'ai été un peu déçue par ce livre parce que je n'y ai pas retrouvé le côté piquant et la profondeur des écrits de l'auteur, même si, à travers la vie de Don Fuego, on suit les aléas de la vie à Cuba entre révolution et ouverture à la consommation, délation et liberté. Mais l'intrigue / histoire d'amour que j'ai trouvé décevante prend une grande place et le côté narcissique de Don Fuego m'a rendu le personnage assez détestable, tout du moins au début.

A côté de ça, c'est toujours aussi bien écrit et c'est un plaisir de se plonger dans des phrases que l'on relit rien que pour la beauté de la formulation.

Une lecture en demi-teinte donc.

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