le blog des fanas de livres

14 novembre 2017

L'art de perdre, de Alice Zeniter

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Naïma, jeune française trentenaire, est issue d'une famille mixte : mère française et père français d'origine algérienne. Son père Hamid, arrivé en France après les accords d'Evian en 1962 alors qu'il avait 8 ans, n'est jamais retourné en Algérie et n'a jamais parlé à ses filles de son enfance et du pourquoi de cette émigration.

Il faudra un voyage d'affaire en Algérie pour que Naïma se pose des questions sur le passé de sa famille, et notamment sur la vie de son grand-père et son engagement dans la guerre d'Algérie.

Ce n'est pas Naïma qui parle, mais un narrateur omniscient qui va non seulement nous raconter la démarche de Naïma et nous décrire sa vie de "troisième génération", mais aussi nous faire découvrir la vie d'Ali, ce grand-père né en Algérie, notable de son petit village kabyle perché dans les montagnes à l'Est d'Alger, propriétaire d'oliviers et médaillé de la seconde guerre mondiale. Un homme qui se retrouve harki presque malgré lui, obligé de quitter son pays, parqué avec sa famille dans des camps dans le sud de la France avant d'être envoyé dans une usine en Normandie. Un homme français dans l'âme mais qui ne parle pas la langue, qui est prêt à mettre sa vie de côté pour la réussite de ses enfants.

Trois parcours, celui d'Ali, d'Hamid et de Naïma, trois destins de 1930 à nos jours. Une saga familiale, des silences, des non-dits, une construction identitaire compliquée.

L'écriture est fluide et oscille entre roman et documentaire. Il faut prendre le temps de le lire parce que les informations sont denses mais c'est un très bon livre.

Extraits : "La vie de mon grand-père, par exemple, si on pouvait la regarder écrite, bien étalée sur des pages, et peut-être que c'est possible, ma grand-mère me dirait que, oui, sûrement, dans la prunelle de Dieu, si on pouvait la regarder au travers de ses paroles et bien on distinguerait deux silences qui correspondent aux deux guerres qu'il a traversées. La première, celle de 39-45, il en est ressorti en héros et alors son silence n'a fait que souligner sa bravoure et l'ampleur de ce qu'il avait eu à supporter. On pouvait parler de son silence avec respect, comme d'une pudeur de guerrier. Mais la seconde, celle d'Algérie, il en est ressorti traître et du coup son silence n'a fait que souligner sa bassesse et on a eu l'impression que la honte l'avait privé de mots. Quand quelqu'un se tait, les autres inventent toujours et presque chaque fois ils se trompent, alors je ne sais pas, peut-être que les écrivains dont vous parlez se sont dit qu'il valait mieux tout expliquer tout le temps à tout le monde plutôt que de les laisser projeter sur le silence."

"Elle perdrait l'absence de l'Algérie peut-être, une absence autour de laquelle s'est construite sa famille depuis 1962. Il faudrait remplacer un pays perdu par un pays réel. C'est un bouleversement qui lui paraît énorme."

 

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11 novembre 2017

Un funambule sur le sable, de Gilles Marchand

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Reçu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire de Price Minister #MRL17

Un garçon surnommé Stradi est né avec un handicap : il a un violon dans la tête. De sa naissance à sa vie de jeune adulte nous allons suivre sa vie, : sa difficulté pour s'intégrer, les rejets des uns et des autres, les regards, la difficulté de trouver sa place dans la société ... mais il y a aussi l'amitié avec Max, un jeune garçon handicapé lui aussi, et surtout son amour pour Lélie, qui voit en lui au-delà de son handicap toute la poésie et l'imaginaire que ce violon apporte.

Ce n'est pas du tout plombant ou triste même si les difficultés dans la vie de Stradi sont bien réels. Mais c'est dit avec beaucoup de tendresse, de douceur et de poésie.

J'ai beaucoup aimé le début du roman qui porte sur l'enfance de Stradi : la surprotection de ses parents, son envie de faire comme les autres, ce violon qu'il essaye d'apprivoiser, ses conversations avec les oiseaux, sa rencontre avec Max.

Et puis l'adolescence arrive, une période délicate où les moqueries et les rejets ce font plus difficiles à accepter. C'est aussi la rencontre avec Lélie, une jeune fille énigmatique. Et commence une écriture plus abstraite, où le père cherche dans les secrets de la  grammaire les pourquoi du violon, où des injections très douloureuses permettent d'humidifier les cordes de l'instrument pour ne pas qu'elles cassent, où Max se réfugie dans un morceau de musique. On garde le fil conducteur du handicap et de l'exclusion, mais les choses se font plus surréalistes. 

Dans la dernière partie du roman, qui correspond à l'arrivée à l'âge adulte de Stradi, le surréalisme est très présent (j'avais parfois l'impression de me retrouver dans "l'écume des jours" de Boris Vian). Lélie travaille dans un entreprise qui garde les idées, Stradi travaille auprès d'un lord pour trier des papiers cadeaux, il a adopté un demi-chien, Max est perdu dans sa musique, les parents partent en voyage en Grammaire centrale ... Et pourtant tout se tient et les questions d'adultes sur la possibilité d'une paternité, la peur de transmettre un handicap, la société qui n'accepte que la normalité, la solitude des personnes âgées ... nous renvoient à l'isolation et l'acceptation de soi et du handicap.

Un très bon livre sur l'adversité et l'intégration. Pas de coup de coeur tout de fois à cause d'une certaine longueur dans la deuxième partie, mais une belle lecture qui me restera en mémoire.

Extraits :

1 - "Nous n'utilisions jamais le mot handicapé. Ni pour les autres ni pour nous. Ce n'était pas tant la définition qui nous rebutait, mais plutôt la lourdeur du mot. Le mot "différent" n'était pas tellement mieux, mais s'il nous excluait de la case de la normalité, il ne nous plaçait pas d'office dans une autre. Nous nous sentions ailleurs."

2 - "Max et moi avions de nouveaux copains. Des copains mais pas d'amis. C'était l'époque des boums du samedi après-midi. La musique avait remplacé les déguisements, les danses les parties de cache-cache, les chips les bonbons. Tout avait changé sauf une chose : nous n'y étions pas conviés. On nous avait giflés à l'école, on nous en recollait une au collège. On se battait pour faire oublier que nous étions différents mais on nous gommait purement et simplement dès que notre présence n'était plus obligatoire. On nous acceptait, on nous tolérait, mais il ne fallait pas en demander d'avantage."

3 - "Or nous n'avions rien demandé. Nous n'avions jamais revendiqué l'exemplarité. Nous ne voulions pas de traitement de faveur. Simplement être considérés comme tout le monde avec le droit inaliénable à l'échec. "

4 - "En mettant un peur d'ordre dans le département des idées préconçues, elle avait remarqué que près de la moitié des dossiers portaient le tampon : "mon enfant est un génie". "Alors nous allons l'aimer, nous allons l'élever pour ce qu'il sera et essayer de le rendre heureux. Le reste, on s'en moque, non ?"

Elle avait résumé en deux phrases ce qui était ma vie, ce qu'était celle de Max : la tentative du bonheur, quelles que soient les cartes que nous avions en mains."

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08 novembre 2017

Astérix et la Transitalique, de Ferri et Conrad

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Je n'était pas spécialement décidée à acheter ce dernier volume, mais un passage chez un libraire avec deux ados de 16 ans m'y a obligé ... et une fois acheté, il faut bien le lire !

Et bien moi je me laisse toujours emporter par ces irréductibles gaulois qui malmènent ce pauvre César !

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Bon, c'est vrai que je préfère quand ça se passe dans le village avec tous les caractères différents des habitants et quand le scénario est un peu plus original ... mais ... j'ai rigolé aux différents jeux de mots, j'ai admiré le trait du dessinateur et le fourmillement des détails, j'ai retrouvé le caractère colérique et compétiteur de nos deux héros ainsi que leur fair-play.

Astérix et Obélix (et bien sur Idéfix) vont participer à une grande course de chars ouverte à tous les peuples et traversant l'Italie de Monza à Naples, afin de montrer au monde l'excellence des voies romaines. Bien sûr il y aura des triches, des embûches, des satires et un bon rythme.

Je ne suis pas une spécialiste d'Astérix, mais j'ai retrouvé la bonne humeur et les clins d'oeil que j'aime dan cette BD. Le scénario aurait pu être un peu plus dense (notamment le personnage du romain masqué). Mais ça reste un bon moment de lecture (j'ai vu les deux ados de 16 ans qui m'ont fait acheter cette BD rire à sa lecture).

Toutes les BD de la semaine sont chez Noukette.

 

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05 novembre 2017

Le courage qu'il faut aux rivières, de Emmanuelle Favier

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Nous sommes dans les Balkans. Trois personnages vont évoluer au gré de rencontres, de voyages ou de déchirements. Ce sont trois femmes qui ont eu des vies contraintes. Elles ont dû renoncer à ce qu'elles sont pour répondre aux exigences de la société ou aux volontés de leurs parents. Alors comment se créer sa propre identité à partir de ces contraintes ? Quel courage faut-il pour suivre son propre chemin en fuyant les regards et le poids des traditions de la société ?

L'écriture est ciselée, le vocabulaire recherché. Cela donne des belles descriptions de paysages montagneux âpres et froids. Cela apporte aussi une finesse dans les caractères et une sensualité dans les rencontres.

Ces femmes ont une force qui cache une extrême fragilité, et leurs renoncements leurs ont donné une intensité que l'on retrouve dans leurs émotions et leurs réactions affectives.

Un livre d'une grande originalité, tout en finesse et qui soulève des questionnements sur les traditions, la place des femmes et la construction identitaire.

A lire.

 Extrait : "Le soleil s'immiscant dans les ramées animait les reflets sur la paroi rocheuse et parfois l'écho d'un coup de fusil abîmait le silence liquide. Adrian se perdit un moment dans le courant de l'eau qui emportait brindilles, herbes lasses, taches mousseuses ou insectes graciles. Il nettoyait ses propres pensées dans la trajectoire inéluctable du flux. Soudain, un mouvement dans les feuilles lui fit tourner la tête.

Un éclair roux passa devant ses yeux. L'air était trouble, dilué dans les ombres vertes et mobiles. Puis entre les lignes d'écorce gelées, le flouté de l'atmosphère se dissipa, des contours se précisèrent et l'image apparut : le lynx regardait Adrian. Seule trace d'affolement dans sa fixité, les oreilles de la bête bougeaient, captant à haute vitesse des signaux qui échappaient à l'homme. Les fines flèches noires à l'extrémité de leurs triangles veloutés étaient deux antennes à la précision meurtrière. Une patte moussue en suspension au-dessus de la roche, les muscles prêts à onduler dans une détente nette, le lynx évaluait le danger, l'opportunité d'attaquer ou de fuir.

Adrian regardait le lynx, et la scène de sa propre mise à mort lui apparut clairement. Les lynx sautait, les pattes puissantes le jetaient au sol, les canines délicates traversaient sa gorge, l'animal dévorait ses membres et traînait sa dépouille dans l'anfractuosité d'un rocher où jamais on ne le retrouverait et où ne resterait bientôt plus que ses os, parfaitement nettoyés.

D'un coup, les pupilles se rétractèrent, au point qu'elle ne perçaient plus qu'à peine les flaque bronze, et attrapèrent Adrian tout entier.

Alors Adrian regardant le lynx vit tout autre chose. Dans la robe tachetée où jouaient les ombres, dans les yeux soulignés de blanc, dans la collerette de barbe douce et féminine il vit un salut, une promesse, une exhortation même, qui était aussi un avertissement. Il vit une image de sa solitude et la possibilité d'en faire une liberté."

 

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31 octobre 2017

Moi par mois, octobre

Un mercredi de très beau temps : lecture au soleil et thé dehors avec une copine. Ça donne la pêche / lancer les prix littéraires et défis pour les collégiens  / faire partie du comité de lecture d'un prix pour les troisième-seconde et recevoir 23 livres ... des bonnes lectures en perspective / belle balade lors d'une journée de soleil le long de la Rance / commencer ses vacances avec quelques jours à Paris : voir sa nouvelle petite nièce toute mignonne ; dîner trois soirs de suite avec sa fille parisienne ; aller voir "Edmond" au théâtre : une super pièce ; admirer la collection Christian Dior au Palais de la découverte puis, dans un tout autre style, la collection Ordrupgaard d'impressionistes au musée Jacquemart André et finir par des petites courses entre filles /  se faire des virées cinéma et voir cinq films tout à fait différents mais tout aussi intéressants : "blade runner", "les grands esprits" "l'école buissonnière" "le sens de la fête" et "au revoir là-haut" / faire un petit tour au bord de la mer pour prendre l'air marin / apprendre qu'un neveu a fait une connerie au volant de la voiture de sa mère, plus de peur que de mal - espérer que ça lui serve de leçon  / retrouver fille n°2 pour une semaine de vacances / écouter un concert de piano et flûte traversière dans un château du XIXeme à la décoration Art Déco - de quoi égayer une journée de pluie

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20 octobre 2017

Petit break

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Un petit break pendant les vacances histoire de : 

- prendre du temps en famille

- aller au théâtre

- voir des expositions

- dormir

- lire

 

A bientôt

 

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18 octobre 2017

La guerre de Catherine, de Julia Billet et Claire Fauvel

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Seconde guerre mondiale : les parents de Rachel l'ont envoyé à la Maison de Sèvres pour la cacher des rafles juives.

Elle va découvrir une institution avec de nombreux enfants et des adultes qui leur donnent un enseignement original où les cours et les activités extra-scolaires sont gérées de façon autonome par les élèves. Elle va ainsi se découvrir une passion pour la photographie.

Mais les rafles se font de plus en plus proches, il faut changer d'identité puis, sous le nom de Catherine Colin, fuir de famille en orphelinat. Les enfants sont pris en charge par les réseaux de résistants qui fournissent faux papiers et refuge.

A la libération, Catherine part à la recherche de sa famille et de ses amis disparus.

Une histoire qui se base sur des faits réels et qui revient sur tous ces résistants et justes qui ont aidé les enfants juifs à se cacher pendant la guerre. La passion de la photographie permet de suivre la guerre à travers l'objectif de Catherine.

J'ai aimé le trait assez enfantin qui va bien avec l'histoire des enfants. J'ai par contre trouvé que l'histoire était un peu trop édulcorée de tout le côté déportation et camps. C'est un peu tout beau tout gentil, même si certaines personnes disparaissent ou doivent fuir.

Une bande dessinée historique intéressante mais sur le même période, en bande dessinée jeunesse, j'ai préféré "l'envoléee sauvage".

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15 octobre 2017

Diabolic, protéger ou mourir, de S.J. Kincaid

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Une Diabolic est un être humanoïde conçu pour s'attacher à un humain afin de le protéger jusqu'à la mort.  Némésis a été fabriquée pour s'attacher à Sidonia, une jeune fille dont les parents sont opposés à la cour impériale, à l'empereur et à une religion omnisciente qui interdit d'étudier les sciences. Pour casser cette opposition, l'empereur exige que Sidonia quitte sa famille et sa station spatiale pour aller à la cour impériale en tant qu'otage. Or c'est Némésis qui va prendre sa place.

Némésis va découvrir un univers d'intrigues politiques avec un despote à sa tête, une station où les complots et les meurtres se font en série et où les humains dégénérés ne pensent qu'à leurs apparences. 

Tout au long des multiples rebondissements, Némésis va évoluer, et s'apercevoir qu'elle est capable de ressentir des sentiments et des émotions. Du coup beaucoup de questions vont se poser : doit-on forcément suivre son destin ? Peut-on être accepté malgré sa différence ? Quel est le poids du regard des autres ?  Des questionnements aussi sur la religion, les sciences, l'avenir de l'univers, la résistance ...

Beaucoup de rythme dans cette histoire et surtout tant de trahison que l'on ne sait plus qui est sincère et qui est simulateur. Jusqu'au bout on hésite, on est happé.

Un livre très travaillé et riche. On navigue dans cet univers galactique complexe et détaillé avec beaucoup de plaisir et d'angoisse.

Bayard - parution 04/2017 - 584 p.

13 octobre 2017

Mémé, de Philippe Torreton

Un livre glané lors d'une brocante et qui m'attendait sagement sur ma PAL.

PAL

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Philippe Torreton écrit sur sa grand-mère avec beaucoup d'amour et de délicatesse.

"Mémé" était une femme de la campagne, passée de la ferme à l'usine pour élever ses trois filles. Ne demandant rien pour elle, se contentant de ce qu'elle avait, on sent derrière la description du quotidien toute la fierté d'un petit-fils pour sa grand-mère.

Cette "mémé" économe, adepte du raccommodage, est aussi un moyen pour l'auteur de faire un point sur la société de consommation et ses dérives. Car entre un berceau de poupée fait dans une vieille caisse en bois avec des draps brodés main, et un jeu en plastique vite obsolète, qu'est ce qui va faire le plus plaisir ?

Un très bon moment passé en compagnie de cette famille.

Merci, Monsieur Torreton, de nous faire partager cette émotion, cette tendresse et cette fierté.

Et en plus, j'ai rempli mon objectif PAL pour le mois d'octobre.

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10 octobre 2017

L'animal et son biographe, de Stéphanie Hochet

l'animal et son biographe

Une romancière est invitée un été à une tournée littéraire dans les campings du côté de Cahors. A la suite d'une soirée un peu arrosée avec le maire d'un petit village, elle se retrouve dans une maison isolée tenue par un couple peu communicatif et sans connexion avec l'exterieur. Emprisonnée, oubliée ou juste en pause ? Et que lui veut exactement ce maire, sorte de gourou qui veut marquer son époque ?

Le problème que j'ai eu avec ce livre, c'est que je n'ai pas apprécié le personnage de la romancière. On ne la sent pas impliquée dans ce festival littéraire, n'y allant que pour gagner un peu d'argent en voyageant, critiquant les personnes allant en vacances au camping avec un dédain très désagréable.

Elle boit trop à chaque soirée, se révolte très mollement et se fait facilement manipuler par son désir de reconnaissance.

Plus travaillé est le personnage du maire, manipulateur, sorte de dictateur aimé et craint de ses administrés. Un homme machiavélique qui sait s'imposer, contrairement à l'auteure. 

J'ai trouvé par contre très intéressant l'histoire en elle-même, cette recherche qui s'approche de l'eugenisme animal, cette tension qui monte au fil des pages avec les parties de chasse, les secrets et l'étrangeté du  projet porté par le maire, la population et une mystérieuse société secrète. J'ai aussi beaucoup apprécié le côté fable / mythe avec le  parallèle entre l'aurochs et le minotaure. La romancière est prise dans le filet de manière très subtile, à l'image d'un labyrinthe où elle s'est fait piéger.

Une lecture en mi-teinte, une belle écriture et une interrogation de la morale très intéressante mais un personnage principal qui ne m'a pas ému.

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