le blog des fanas de livres

28 janvier 2012

Tous nos petits morceaux, de Urien Emmanuelle

tous nos petits morceaux

C'est un livre que Clara m'a prête, son commentaire élogieux m'avait entraîné.

Ce sont des nouvelles, mais elles ont toutes le même thème, du coup, on est presque dans un roman. Le fil conducteur, c'est le miroir, celui qui reflète notre vie, notre visage.

Dans ces nouvelles, le miroir à la parole, et il en voit, des choses ! Entre le petit miroir de poche du médecin qui sert à vérifier que pas une once de souffle ne passe dans les poumons du mort, au grand miroir présent depuis des siècles dans une maison et qui voit défiler des générations de femmes. Tous ces miroirs sont témoins des atermoiements, des bassesses et des plaisirs de leurs propriétaires. Et parfois, ils se vengent !

J'ai été emportée au départ, puis, petit à petit, j'ai ressenti un peu de lassitude. En fait, il faudrait lire un livre à côté et piocher une nouvelle de temps en temps (mais ça, lire deux livres en même temps, je ne sais pas faire !).

Merci pour le prêt et la découverte.

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25 janvier 2012

L'absente, de Mazard Claire

 

parution 06/2003 - 115 p

C'est une auteure jeunesse que j'apprécie beaucoup. Ma fille ne savait pas quoi lire, je lui ai apporté ce livre, pris dans le CDI. Elle l'a dévorée et m'a tannée (bon, il n'en faut pas trop !) pour que je le lise. C'est chose faite, et je ne regrette pas cet instant de lecture.

Matilde a soixante ans. Professeur de français en lycée professionnel, elle s'apprete à partir à la retraite. Le soir, sur des cahiers, elle écrit à sa fille, qu'elle nomme Nina. Une enfant qu'elle a eu à 17 ans et qu'elle a abandonné en accouchant sous X. Depuis, elle a refait sa vie, mais ce manque, cette douleur est présente au quotidien et l'entraine vers la dépression.

Anne a une quarantaine d'année. Adoptée à la naissance, elle a eu des parents aimants qui l'ont aidé à se construire. Un vide reste néanmoins présent : pourquoi sa mère l'a t-elle abandonnée ? Qui est elle ?

On suit tour à tour les pensées de ces deux femmes qui se cherchent sans le savoir. Des phrases courtes, une écriture fluide. L'empathie est immense pour les deux et on espère une rencontre, un dénouement heureux.

Très beau livre sur l'adoption et l'accouchement sous X. Touchant et bouleversant.

Avis de Souki : Très bien écrit, on est vite emporté par le sentiment de manque qu'éprouvent les deux femmes. Une soixantaine de pages qui se lisent très vite.

23 janvier 2012

festival rue des livres de Rennes

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J'invite tous les bloggeurs et bloggeuses de Bretagne, de France et de Navarre

à se retrouver au festival "rue des livres" de Rennes !

 

 On se retrouve au salon en fin de matinée samedi ou dimanche (le temps que tout le monde arrive), petit tour dans les allées, déjeuner convivial, retour au salon pour les derniers achats et dédicaces avant de repartir vers ses appartements ...

 

Qui en est ? Il y a déjà Constance, Géraldine (dimanche), Enna, Sylire (dimanche), Canel, Yv, Joelle et Florian, Yvon (tu ne seras plus le seul homme !!), Gwenaelle, Sandrine, Midola,

 

 

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22 janvier 2012

La gifle, de Tsiolkas Christos

La gifle parution 01/2011 - 466 p, traduit de l'anglais (Australie)

C'est un roman que j'avais noté sur ma LAL depuis fort longtemps, et comme j'essaye de la faire baisser un peu...

Barbecue amical dans une banlieue de Melbourne. S'y retrouve la famille grecque d'Hector, le mari; la famille indienne de Aisha, la mère, les collègues de bureau et les amis. L'ambiance est bonne même si des petites remarques blessantes sont parfois envoyées à droite à gauche. Mais la fête va être gâchée par une gifle retentissante assénée par Harry, le cousin d'Hector, à un enfant de 4 ans assez insupportable. 

Après cet incident, on va suivre la vie des différents invités, leurs avis, leurs humeurs, leurs grands et petits bonheurs, grandes et petites tristesses.

Soit je deviens vieille, soit je suis guindée ... mais j'ai eu beaucoup de mal avec l'écriture de ce roman. On ne fait pas l'amour, on "baise" ou "on se fait sauter"... et tout est à l'avenant. Je vous relève des bribes de phrases prises au hasard "on ne blaire pas les pédés", "Ouais, un peu que je bosse", "que dalle", "enfoiré de menteur" .... Dès qu'il y a une soirée, il faut prendre de l'ectasy, un valium ou des champignons et bien sûr tout le monde fini bourré... 

Un roman pessimiste et vulgaire, qui n'apporte rien. Qui n'en veut ??????

Détonnant et décapant pour Leiloona, Sandrine et Clara ont abandonné ! Mais qui donc avait fait une critique assez positive pour que je le note sur ma LAL ? 

Posté par Gambadou à 05:15 - - Commentaires [16] - Rétroliens [0]
20 janvier 2012

rencontre avec Yasmina Khadra

khadraUne librairie de Rennes et les bibliothèques municipales se sont associées pour inviter Yasmina Khadra à Rennes pour la sortie de son nouveau livre "l'équation Africaine".

Nous étions une petite centaine pour écouter cette homme petit, drôle, et sincère. Géraldine, qui était présente aussi, a posé pas mal de questions, et je suis sûre qu'elle va faire un compte rendu très complet....

Pour ma part, j'ai juste noté deux points :

-1-la raison de l'écriture de ce roman 

"D'abord, j'ai voulu raconter mon époque, le 21 siècle. Je m'interesse aux joies, aux bonheurs et douleurs de notre vie. 

Sinon, l'idée m'est venu parce que j'ai été choqué, blessé par la série de suicides qu'il y a eu à France Télécom. Je n'arrive pas à accepter le suicide. Ma soeur s'est battue contre la mort. Nous n'avons pas la même représentation de la mort en Occident et en Afrique. Dans ce continent, j'ai vu des gens dans la misère la plus démoralisante et pourtant ils s'accrochaient à la vie. Il y a une philosophie de la vie dans ce continent que je n'ai pas retrouvé en Occident et dans mes personnages.

On ne peut pas traverser notre vie sans faire attention à l'histoire. Mon personnage s'enferme dans une bulle, et pense que le reste ne l'interesse pas. 

En Afrique, les hommes aimeraient avoir un petit boulot, rentrer le soir dans leurs familles mais il n'y a que la criminalité, des charniers ....

 

-2- certaines petites phrase qui coulent naturellement de son discours :

En parlant des poètes Africains qui ne sont pas écoutés : "le poète n'est qu'un rossignol qui chante dans le silence"

En parlant des bourreaux : "Il devient un grain de sable dans une tempête de sable"

"Ce que nous sommes aujourd'hui est dû à la synthèse qui a été construit par l'homme avant nous. Donc, il n'y a pas de choc de civilisation, juste un choc de culture."

"Quand j'écris, je me dilue dans le texte"

 

Une belle rencontre que j'ai failli "zapper" compte tenu de l'horaire ! 18h00 un mercredi, ce n'est pas très facile, que l'on travaille ou que l'on soit mère au foyer ! mais je ne regrette pas d'avoir vaincu ma flemmardise de maman ayant couru toute la journée...

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18 janvier 2012

Les oreilles de Buster, de Ernestam Maria

buster_parution 09/2011 - 409 p - traduit du suédois

C'est un livre que j'avais noté suite à des critiques positives lues dans mon magazine littéraire et chez Joelle.

Pour ses cinquante-six ans, Eva reçoit de la part de sa petite fille un journal intime. Lors de ses nombreuses insomnies, elle va commencer à le remplir, en partant d'une phrase toute simple ""j'avais sept ans quand j'ai décidé de tuer ma mère".

Elle va ainsi évoquer son enfance, entre une mère belle mais égoïste, méprisante, dure avec sa fille, sans aucun amour, et un père qui laisse faire.

Comment grandir et se développer dans ce manque cruel d'affection ? 

Ses moments de souvenirs nocturnes alternent avec sa vie quotidienne, son amour des rosiers, ses amies d'enfance... On ressent un fêlure. Sous une vie banale, se trouve cachés des secrets inavouables.

Des moments de douceurs et de candeurs qui sont perturbés par des instants de grande tyrannie. 

On ressent beaucoup d'empathie pour Eva. Plus le livre avance, plus la tension est palpable, jusqu'au dénouement final.

Très bon roman original et bien construit.

Posté par Gambadou à 04:10 - - Commentaires [13] - Rétroliens [0]
15 janvier 2012

Gaston et Gustave, de Frébourg Olivier

 Gaston et Gustaveparution sept 2011

Un cadeau du Père Noël. Le livre vient de remporter le prix décembre 2011 (ex aequo). A cette occasion, j'avais lu des critiques sur "le livre le plus poignant de l'automne, le plus fort et un des mieux écrits"

C'est une autobiographie ou l'auteur fait un parallèle entre la naissance prématurée de ses jumeaux et la vie de Flaubert, son idole littéraire.

Il y a cinq ans, juste après le festival Etonnants Voyageurs de Saint Malo ou l'auteur avait emmené sa petite famille, sa femme, enceinte de six mois et demi, va accoucher prématurément. Sur les deux jumeaux, seul Gaston va survivre.

Olivier Frébourg mêle l'écriture de sa vie entre les hôpitaux (la maternité de Dieppe ou sa femme se remet, et l'hôpital de Rouen ou Gaspard lutte pour sa survie), et une sorte de biographie de Gustave Flaubert. Ce retour sur la vie de Flaubert, qui a vécu comme l'auteur en Normandie, est un moyen d'oublier sa douleur et son sentiment de culpabilité.

Autant j'ai apprécié les passages sur les épisodes douloureux de la vie de l'auteur, ses peurs, ses regrets, sa solitude face à la mort d'un des jumeaux, son combat, autant j'ai trouvé les moments sur Gustave Flaubert sans aucun lien avec le sujet ! C'est long et ennuyeux !

Du coup j'ai terminé en lisant entre les lignes. 

Ma première belle déception de l'année !!!

Posté par Gambadou à 04:38 - - Commentaires [13] - Rétroliens [0]
11 janvier 2012

Sanctuaire du coeur, de Thu Huong Duong

Sanctuaire du coeurparution 09/2011 - 749 p, traduit du vietnamien

C'est un gros pavé qui me tentait, ayant beaucoup apprécié "Terre des oublis" du même auteur.

Tout commence avec la fugue de Thanh, jeune homme de 16 ans vivant dans une petite ville proche de Hanoi. Fils de professeurs respectés, choyé, élève brillant promis a un bel avenir rien ne laissait prévoir cette fugue. 

Quand on le retrouve une quinzaine d'années plus tard (en 1999,le temps du livre), il est devenu gigolo, entretenu par une femme qui l'a rencontré quand il était prostitué !

Tout au long du récit, Thanh va revenir sur son enfance, sa vie actuelle, et on va comprendre petit à petit les raisons de son départ précipité.

C'est un portrait du Vietnman très complet, qui passe par la tradition des ancêtres, l'occupation française et la révolution avec son lot de délation, suivi par une société actuelle déstabilisée qui ne sait plus ou sont ses valeurs. Une société ou domine le sexe, le pouvoir et l'argent.

Dans cette société perdue, Thanh a du mal à trouver sa voie, écartelé entre la vie traditionnelle qu'il a connu avec des valeurs de respect et de soumission, et la vie "réelle" beaucoup plus violente et corrompue.

L'écriture de Duong Thu Huong sait à merveille retranscrire les odeurs, les goûts, les paysages et l'atmosphère de ce pays. 

Une belle fresque qu'il faut prendre le temps de lire. Il n'y a pas de construction chronologique, et pour comprendre un moment de la vie de Thanh, les souvenirs remontent parfois longtemps en arrière. Du coup ce n'est pas toujours évident de suivre le fil ! Mais même si il y a quelques longueurs, j'ai toujours retrouvé mon livre avec plaisir.

 

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08 janvier 2012

Idylles, mensonges et compagnie, de Niedercorn Agnès

Idylles, mensonges et compagnie - Prix nouveau talent 2010: Fondation Bouygues Telecom - En partenariat avec Métroparution 04/2010 - 270 p

C'est l'auteure qui m'a gentiment envoyé son ouvrage.

J'étais intriguée par l'écriture de ce livre. Effectivement, Agnès Niedercorn a gagné en 2010 le prix "Nouveau Talent". Le Prix Nouveau Talent distingue un premier roman avec une particularité originale : placer au cœur de l’intrigue les nouvelles manières de communiquer, orales ou écrites, liées aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. 

Dans ce roman, l'auteure a donc intégré de nombreux SMS, avec des écritures bien particulières...

Rentrée des classes de seconde dans un lycée parisien. Il y a les anciens qui se retrouvent (Joséphine, Chloé, Medhi, Agathe, Noam et Silia), le nouveau (Bohémond), et les profs.

Des relations plus ou moins solides vont se nouer entre les ados. Les SMS leur servent à communiquer, mais peuvent être aussi une source de malentendus et gardent parfois des secrets. Jalousie, amour, amitié se tissent et se dénouent.

L'auteure nous dépeint de manière actuelle les rapports entre ados, les premiers émois, la recherche d'indépendance. 

J'ai retrouvé le langage de mes enfants "M'sieur, ça s'fait trop pas !", "J'ai trop l'sum" (j"ai eu besoin de la traduction des enfants : bah maman, ça veut dire j'ai trop le bad quoi !!!) mais ce qui m'a agréablement surpris, c'est que l'ensemble est bien écrit, les relations entre lycéens très bien vues et analysées.

J'avais peur de me retrouver devant un roman au langage parlé difficile à déchiffrer, et ce n'est absolument pas le cas. C'est au contraire très intéressant et dynamique d'avoir le "parlé" ado et SMS lors des dialogues.

Les contraintes du concours "Nouveau Talent" ont donc été parfaitement intégrées. Bravo !

Posté par Gambadou à 02:48 - - Commentaires [7] - Rétroliens [0]
05 janvier 2012

Antonio ou la résistance, de Goby Valentine et Badel Ronan

couverture parution 08/2011 - 79 pages illustrées

C'est un album documentaire jeunesse que j'ai reçu grâce à Babelio. 

La collection "Français d'ailleurs" de Autrement Jeunesse est destinée aux enfants de 9 à 13 ans (mais je la trouve très intéressante pour les ados et les adultes aussi !). Elle reprend des histoires de l'immigration en France afin de créer un dialogue inter-culturel loin des clichés.

Chaque titre aborde une période précise de l'histoire de France, à travers l'histoire d'un enfant et de sa famille. En fin de livre, un cahier documentaire permet d'approfondir ses connaissances. Chaque ouvrage est relu par un historien, spécialiste de la période.

J'ai donc lu l'histoire d'Antonio, 12 ans, qui a fui l'Espagne de Franco en 1939. Son père s'est engagé dans la milice républicaine en 1936. Après la défaite, il s'est retrouvé interné en France au camps d'Argelès. Avec sa mère et sa soeur, Antonio a traversé les Pyrénées pour retrouver son père et un semblant de liberté en France. Mais ce ne fut pas si simple. Les hommes n'étaient libérés que quand ils avaient trouvés du travail. La guerre contre l'Allemagne a vidé les campagnes de France, offrant à ces hommes des emplois dans les fermes et une possibilité de s'engager dans le résistance.

C'est un album aux faux airs de cahier d'enfant, avec des pages à petits carreaux et les très beaux dessins de Ronan Badel. Le texte est juste et simple.

Un ouvrage riche en émotion et en information historique.

Je trouve que la lecture dès 9 ans est un peu jeune. C'est pour cela que je l'ai plutôt catalogué "pré-ado, de 12 à 15 ans".

 

Extrait : "Devant nous, des barbelés. Derrière les barbelés, du sable à perte de vue soulevé en nuées cinglantes. Après le sable, la mer, furieuse sous le soleil. Sur la plage, des baraques, des cabanes, des centaines de tentes. On est en juin 1939, ce sont mes premières images du camp. 
Au fond de ma poche, un papier plié en quatre. Un dessin de mon père, interné depuis février dans le camp des hommes, ici, à Argelès-sur-Mer. Il a peu écrit mais les crayonnés qu'il a envoyés ont parlé pour lui. On y voit des silhouettes d'hommes maigres à faire peur, affamés, malades, ou les deux, parfois ils sont enterrés dans le sable pour se protéger du froid et des rafales, sous un ciel noir qui fait mal à regarder. Ces hommes, on dirait des prisonniers, mais ce sont des soldats, les miliciens vaincus de la République espagnole. Des héros. Je me tourne vers ma mère. Elle tient la main de Marina, ma petite soeur, qui se serre contre sa cuisse. Le gendarme la pousse doucement, «allez, allez». Ma mère avance. Elle vient retrouver son mari. Elle a tout fait pour ça."