le blog des fanas de livres

20 mars 2019

la saga de Grimr, de Jérémie Moreau

la saga de grimr

grimr interieur

18ème siècle - Grimr est un jeune garçon qui vit avec ses parents en Islande sur les flancs d'un volcan. Quand celui-ci se réveille, Grimr se retrouve seul, perdu.

Après quelques mésaventures, le voici recueilli par Vigmar « le valeureux » (en réalité Vigmar le voleur). Vigmar va se servir de la force herculéenne de Grimr pour construire une maison dans une anse et monter une petite entreprise de traversée de la baie.

Grimr n'est le fils de personne, dans ce pays ou l'on se défini pas ses ancêtres. Au delà de sa force, Grimr possède un coeur en or et le sens de la justice et de la loyauté. Or cette force et la rousseur de ses cheveux vont plutôt l'enfermer dans un rôle de géant maléfique.

Les dessins dans les tons ocres et doux, rendent bien l'apreté et la beauté des paysages de la campagne islandaise.

Le personnage est brut et peut bavard mais on ressent à travers ses traits et ses actes toute la tendresse et l'amour qui le traverse. 

bddelasemaine

Une belle BD initiatique.

Vous pouvez retrouver toutes les BD de la semaine chez Stéphanie.

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15 mars 2019

Il n'est si longue nuit, de Béatrice Nicodème

il n'est si longue nuit

Berlin, entre juillet 1940 à août 41. Nous allons suivre la vie de six jeunes gens : Otto rêve d'intégrer les SS tandis que Jonas et Hugo rejoignent la résistance pour falsifier des documents ou distribuer des tracts. Frantz, lui, pianiste, reste en dehors des évènements mais ne soutient pas le Reich. Il y a aussi Magda, juive non pratiquante, amoureuse légère et perdue et enfin Sophie, qui doit se sauver elle-même avant de pouvoir aider les autres.

Un livre chorale où ces jeunes vont devoir choisir leur camps eux qui ont été étouffés par la propagande de ce nouvel empire qui veut dominer le monde et prendre sa revanche sur 1918. Les chapitres sont courts et les personnages se croisent de temps en temps (et on retient son souffle !).

Il y a les risques, les arrestations, les déportations, les sauvetages, le rationnement, les bombardements, la torture physique et morale, la sur-puissance de la gestapo, les lebensborns, l'eugenisme et le suicide mais aussi les rencontres, l'amour, l'amitié, la solidarité et l'envie de croire que l'on peut rebâtir sur les ruines du nazisme une nouvelle Allemagne.

C'est âpre et bouleversant, plein de suspense. Les personnages sont complexes et attachants et il est intéressant de suivre la vie et l'avis des allemands sur une année. 

Un très bon livre pour adolescent (à partir de la troisième) et adulte.

09 mars 2019

Madame, vous allez m'émouvoir, de Lucie Tesnière

Madame

L'auteure trouve les lettres que son arrière-grand-père et ses frères ont envoyé à leur mère pendant la première guerre mondiale. Celle-ci les a scrupuleusement recopiées dans un cahier. Intriguée et rapidement passionnée par leurs histoires, elle décide de prendre quelques mois de congés sabbatiques pour effectuer des recherches et écrire quelques lignes qu'elle souhaite transmettre à sa famille. Mais petit à petit toutes ces découvertes lui donnent envie d'écrire un livre en y mêlant l'histoire et ses recherches.

On va ainsi suivre la vie de cette famille du début de la guerre 14-18 jusqu'à la libération de la France en 1945 : vie dans les tranchées, engagement, douleur d'un fils et frère tué, rencontre, amour, carrière puis résistance , déportation et parfois aussi collaboration.

L'écriture est fluide. On suit pas à pas les avancées des recherches, les désillusions ou les trouvailles des archives, les témoignages mais aussi les hésitations de l'auteure. Allié à des photos d'archive, cela rend le texte très vivant et on a hâte de suivre une carrière ou de découvrir le portrait d'un des oncles.

Il y a beaucoup d'humanité dans ce texte, que ce soit avec les morts ou les vivants. C'est un beau travail de mémoire sur un famille qui a traversé le vingtième siècle. Une étude richement documentée mais qui se lit comme un roman, et avec avidité.

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06 mars 2019

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, adapté et illustré par Fred Fordham

ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

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Un roman que j'ai lu il y a très longtemps et qui m'avait marqué (du coup je viens de le ressortir de la bibliothèque pour les enfants !) et qui est sorti en roman graphique.

Dans une petite ville de l'Alabama dans les années 30, Atticus Finch, avocat, élève seul son fils et sa fille depuis la mort de sa femme. Il accepte de défendre un homme noir accusé du viol d'une jeune fille blanche. Ses deux enfants, Jem et Scout vont alors prendre conscience du racisme environnant. Ils vont passer de l'innocence des jeux et des peurs enfantines à la réalité du monde adulte.

Cette adaptation graphique est très fidèle au livre de Harper Lee. On y retrouve le courage de Scout et son côté garçon manqué, la droiture de Jem, la fantaisie de leur ami Dill mais surtout la bienveillance discrète de leur père, Atticus.

On y retrouve aussi toutes cette ambiance de racisme, d'intolérence et de dégoût entre la population noire et la population blanche mais aussi la pauvreté des paysans et le peu d'ouverture culturelle de la population.

Les couleurs sont douces et les détails de la décoration, de l'architecture ou des habits nous replongent dans l'atmosphère du sud des États-Unis en pleine ségrégation. 

bddelasemaineUne très beau roman graphique qui m'a permis de me remémorer ce superbe roman intense et émouvant.

A découvrir.

 

Vous retrouverez toutes les BD du mercredi chez Moka.

 

 

 

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03 mars 2019

Le dernier fleuve, de Hélène Frappat

Le dernier fleuve

Mo et son petit frère Jo arrivent après un périple que l'on imagine long, en bordure d'un fleuve. Pourquoi sont-ils seuls ? D'où viennent-ils ? Cela reste mystérieux.

Ils s'installent dans une étable abandonnée et petit à petit apprivoise le fleuve. Ils rencontrent les habitants qui vivent au bord des rives, mère gorgone entourée de ses enfants, femme institutrice dans sa maison sur pilotis, sorcière sur son île, peuple vivant dans des grottes, travaillant dans des rizières. Ils sont libres, ils jouent, se baignent, apprennent à pêcher avec une petite fille sans nom qui habite dans sa barque. Ils essayent de suivre le fleuve.

Un voyage onirique, une nature à la fois hospitalière et dangereuse, des personnages secondaires très bien campés, un univers bienveillant mais une tension qui monte, car on sait que les enfants ne pourront pas vivre ainsi éternellement.

Un livre où plusieurs fois on retient son souffle, et malgré quelques longueurs, une belle lecture (doublée d'une belle écriture).

Extrait : "L'eau qui n'appartient à personne possédait tout : sa lumière traversait les murs ; ses profondeurs invisibles terrifiaient les coeurs ; son lit accueillait les vivants et les morts ; ses poissons nourrissaient les ventres ; ses courants s'infiltraient loin des berges incertaines dont les crues reculaient les frontières. Au contact du fleuve, la terre entière devenait liquide, et eux, son peuple, ses habitants, appartenaient désormais au fleuve qui n'appartient à personne."

"Le fleuve comprend la douleur des humains qui nagent pour oublier leurs tourments. Et leur chagrin, où croyez-vous qu'il va ? Quand le nageur rejoint la rive, corps épuisé, la tête vide, le coeur calme, son chagrin s'est dissous dans l'eau. C'est le fleuve, le fleuve encore, qui recueille son agitation, sa fatigue, et les garde[...]. Alors le fleuve bouillonne, il déborde, il se fâche. Trop de mémoire, de souvenirs - il se révolte. Trop de secrets qui empoisonnent, de chagrins plus lourds que la vase, trop de pensées, de prières, trop de mots. Mais c'est le fleuve. Il commande. Et ceux qui croient l'arrêter, le posséder (elle défia l'armée des troncs nus au loin), ils souffriront."

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01 mars 2019

Le restaurant de l’amour retrouvé, de Ito Ogawa

le restaurant de l'amour retrouvé

Lu dans le cadre du Blogoclub repris par Florence et Amandine

Rinco, une jeune femme de vingt-cinq ans, rentre un soir chez elle pour découvrir que son ami l'a quitté en emportant tous leurs biens. Devenue muette suite à ce choc, elle décide alors de retourner dans le village de montagne de son enfance où sa mère tient un bar. Les relations mère-fille sont assez tendues et elles ne se sont pas vues depuis dix ans. La mère accepte de passer à sa fille une remise attenante au bar afin que celle-ci en face un restaurant. "Mon restaurant, je voulais en faire un endroit à part, comme un lieu déjà croisé mais jamais exploré. Comme une grotte secrète où les gens, rassérénés, renoueraient avec leur vrai moi." Une seule table, une rencontre avec les clients quelques jours avant pour connaître leurs souhaits, leurs passions, leurs envies, la composition de leur famille et leur budget. Le menu est établi par Rinco en fonction de ces informations.

En plus de ce restaurant, Rinco doit s'occuper du cochon apprivoisé de sa mère, gérer les relations conflictuelles avec cette dernière et surmonter son chagrin d'amour.

Un livre tout en finesse qui fait du bien. Une parenthèse de douceur un brin naïve. Rinco, devenue muette, s'exprime à travers sa cuisine et le soin qu'elle met à préparer les plats personnalisés de ses convives les rendent heureux. 

Tout n'est pas rose, loin de là, mais la tendresse, le partage et la simplicité de la vie de cette jeune femme ainsi que le florilège d'âromes (avec parfois quelques longueurs) me laissent un savoureux goût de douceur et de bienveillance.

A déguster. 

blogoclub 

Le blogoclub, c'est 4 lectures communes par an.

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28 février 2019

Moi par mois - février

Dernière portes ouvertes du collège dans ce vieux CDI, le nouveau se construit à quelques mètres- hâte / journée marathon portes ouvertes pour fille n°3 / une semaine avec des réunions-soirées tous les jours, allez, c'est la dernière semaine avant les vacances / spectacle de danse contemporaine Playlist, des très beaux tableaux / et c'est parti pour 15 jours de vacances / ma todolist compte 33 items ! Ouch / inscription à ParcoursSup pour fille n°3, maintenant elle doit faire ses lettres de motivation et s'entraîner aux entretiens / un air de printemps, flâner dans les parcs, lire au soleil, prendre son temps / 1er rdv chez un kiné pour des douleurs aux genoux depuis bientôt un an - la vieillerie ? / trois jours au bord de la mer, se ressourcer / commencer à chercher un appartement à acheter avant de vendre la maison - stress / fou-rire quotidien avec les délires sur WhatsApp des collègues. C'est vraiment sympa de travailler dans cette bonne ambiance / Spa suivi de 1h30 de massage corps et visage - bien-être, merci les soeurs pour ce beau cadeau de Noël / un week-end merveilleusement ensoleillé avant la rentrée, de quoi reprendre pleine d'énergie / un dîner indien entre copains / Intra Muros au théâtre, belle mise en scène

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12 février 2019

Quelques jours de repos

C'est les vacances !

Rien de prévu si ce n'est profiter, se reposer et rattraper tout mon retard

( sommeil, musardage sur les blogs, critiques de livres, paperasse, ...)

Alors petite parenthèse bloguesque.

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09 février 2019

Le sillon, de Valérie Manteau

 

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Un livre qui tourne dans mon groupe de lecture et qui a reçu le prix Renaudot... Pourquoi pas ?

La narratrice, française, vit depuis environ un an à Istambul où elle a rencontré son amoureux. Elle se balade, prend le poumon de la ville et du pays, essaye de se mettre au turc sans vraiment y arriver. C'est une jeune femme un peu perdue, désoeuvrée, qui a écrit un premier livre mais qui n'arrive pas à se concentrer sur le deuxième, du coup pourquoi pas plutôt une exposition ? ou une BD ? En tout cas elle a trouvé son sujet : Hrant Dink, journaliste d'origine arménienne qui est devenu le porte parole de la reconnaissance du génocide et qui a été assassiné en pleine rue en 2007. 

Elle va se renseigner sur ses minorités qui sont écrasées et abaissées dans ce pays qui navigue entre démocratie et dictature.

Autant j'ai été intéressée par les parties "documentaires", sur celle ville qu'un fleuve coupe en deux avec une parie européenne et une partie asiatique ; sur ces minorités exclues ; sur la jeunesse et ses espoirs ; sur la difficulté économique des stambouliotes ; sur l'emprisonnement de Asli Erdogan, écrivaine accusée de propagande terroriste pour ses chroniques ...

Autant je me suis perdue dans les atermoiements et tergiversations de la narratrice qui erre et qui nous perd dans son errance. J'ai eu aussi beaucoup de mal avec l'écriture assez alambiquée.  Plusieurs fois il a fallu que je relise des phrases pour en comprendre le sens.

Une lecture en demi-teinte.

Extrait : "Tu vas écrire sur Hrant alors ? Sur Hrant, sur Naji, sur toi. Soupir. Ce serait trop te demander de me laisser en dehors de ça ? Si tu veux mon avis (je fais non de la tête) tu n'as pas besoin de ce détour pour comprendre ce qui nous arrive, tu pourrais aussi bien le voir directement. Au lieu de quoi tu ajoutes des écrans de morts aux vivants pour te planquer, tu n'iras nulle part avec tous ces boulets à tes pieds. Mais précisément, je dis, je ne veux aller nulle part. Je reste ici."

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04 février 2019

Nos richesses de Kaouther Adimi

nos richesses

L'auteure revient sur la vie d'Edmond Charlot.

Né à Alger en 1915, Edmond Charlot devient libraire-éditeur en 1936 à vingt-et-un ans avec l'ouverture de sa petite librairie, « Les Vraies Richesses ».

A la fois librairie, bibliothèque de prêt, maison d’édition, galerie d’art (le premier peintre exposé est Bonnard),  cette « boutique » exiguë de la rue Charras devint vite l’un des principaux point de ralliement et foyer culturel des jeunes intellectuels et écrivains en herbe algérois.

Il va éditer Albert Camus, Jules Roy, Emmanuel Roblès et Gabriel Audisio, mais aussi Gide ou García Lorca.

Pendant la guerre, alors qu'Alger est devenue capitale de la France libre, son activité d'éditeur se développe mais il doit faire face à une pénurie de matières premières. Il se démène avec passion et imprime sur du papier de boucherie en utilisant de l'encre de pépins de raisin.

En 1945, il ouvre une "succursale" à Paris. Toujours aussi enthousiaste et dynamique il obtient , en trois ans, deux prix Renaudot et un Fémina. Mais les grands éditeurs parisiens lui font de l'ombre, cherche à récupérer les auteurs avec des contrats plus alléchants. En 1950, privé de papier d'imprimerie et criblé de dettes, Charlot jette l'éponge et repart pour Alger.

Un roman passionnant. J'ai aimé le rythme apporté par le mélange entre les extraits de journal intime et l'histoire contemporaine d'un étudiant ayant pour mission de vider la librairie. C'est très intéressant de suivre cet homme passionné par les livres avec en toile de fond l'histoire de l'Algérie. J'aurais juste aimé en savoir un peu plus sur la vie personnelle de Charlot, vie qu'il a mise de côté pour s'occuper de son entreprise.

Un récit intéressant et poignant.

Extrait : 

"3 Novembre 1938 :

Les Vraies Richesses fêtent leur anniversaire ! Nous avons survécu aux deux premières années, nous survivrons aux vingt prochaines ! Fierté en regardant mon fonds des éditions Charlot. Moins de fierté en faisant mes comptes. Ce travail m'oblige à délaisser Manon, ma famille, mes amis ... Mes journées sont consacrées à la lecture des manuscrits, à la comptabilité, aux nombreux déjeuners et dîners, aux passages dans les imprimeries, aux milliers d'obligations administratives. Tout cela m'épuise et me réjouit en même temps.

17 décembre 1938 :

Aujourd'hui encore, des clients intéressés uniquement par les derniers prix littéraires. J'ai essayé de leur faire découvrir de nouveaux auteurs, de les inciter à acheter L'Envers et l'Endroit de Camus, mais totale indifférence. Je parle littérature, ils répondent auteur à succès ! "

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