le blog des fanas de livres

07 juillet 2021

Carnet de bord, du 30 juin au 06 juillet 2021

cb nov1-page-001 (8)

Posté par Gambadou à 06:03 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

Ce matin-là de Gaëlle Josse

ce matin là

Comme souvent quand je me plonge dans un livre, je ne savais rien de l'histoire. J'aime l'écriture de cette auteure et dès les premières pages j'ai été happée. En quelques mots, Gaëlle Josse nous transmet une ambiance mais aussi, sans le décrire, le caractère des personnages : "Il est tard, la chaleur s'attarde dans le jardin, on a laissé les portes-fenêtres ouvertes, les roses ont déjà offert une nouvelle floraison. La mère est debout, elle s'affaire, tourne, range, nettoie, brique, lustre. Le plateau de la table basse brille de nouveau, la télécommande posée à angle droit sur les journaux de la semaine, coussins des fauteuils retapés, regonflés, vierges de la moindre trace de corps."

Clara est prise dans le tourbillon d'un boulot qui participe à la surconsommation, lorsqu'un grain de sable dans les rouages va entraîner un burn-out. La wonder woman si dynamique devient une loque larmoyante. Une amitié d'enfance va lui permettre de remonter la pente et de revenir à la vie qu'elle souhaitait.

Un petit livre dans lequel je me suis sentie bien, tout simplement. Alors oui, ça commence par une dépression, la plongée en abîme d'un burn-out, des larmes, de la solitude et des idées sombres. Mais plus que ça, c'est l'histoire d'une renaissance, d'un choix de vie, d'un espoir, d'une reconquête de sa vie. 

Ce que j'ai aimé aussi, c'est que ces vies, celle de Clara, de ses parents, de son amie Cécile, sont des histoires simples, de celles que l'on peut croiser.

Un beau livre très bien écrit et plein d'émotions.

Extrait : "Je ne demande rien, maman, j'essaie simplement d’arrêter de me brutaliser, je fais ce que je peux. Elle voudrait ajouter que la vie court vite, qu’elle court sur les corps et les visages, qu’elle laboure les cœurs et les âmes, que le temps nous met des gifles jour après jour et que les larmes et les souvenirs creusent d’invisibles rivières, qu’il faut courir vers son désir sans regret et sourire à ce qui nous porte et nous réjouit. Elle n'arrive pas à dire tout ça, elle se contente de poser sa main sur le bras de sa mère. Je vais bien, maman. Les vaguelettes vont et viennent d’une tempe à l’autre. Les lèvres commencent à articuler quelque chose, puis renoncent. "

 

Posté par Gambadou à 06:02 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

Comme si j'étais née de toi, de Susan Newham-Blake

Comme-si-j-etais-nee-de-toi

Ana est psychologue et intervient une fois par semaine dans un collège de Johannesburg. C'est dans ce cadre qu'elle va rencontrer Zuri, une jeune fille noire qui se scarifie. Elle va aussi recevoir Helen, la mère adoptive (blanche) de Zuri.

Au-delà de l'histoire de cette adoption et du mystère qui l'entoure, on va suivre aussi la vie d'Ana, jeune femme célibataire et alcoolique. Elle aussi a tout un cheminement à faire sur elle-même pour évoluer et accepter un traumatisme d'enfance qui la poursuit.

Le dernier "personnage" de l'histoire, c'est Johannesburg, avec ses barrages policiers incessants, son insécurité et son inégalité entre les noirs et les blancs.

Je me suis rapidement attachée à Ana et à Zuri et à leurs difficultés et c'est intéressant de voir les problèmes raciaux et sociaux qui perdurent en Afrique du Sud. L'analyse des traumatismes d'enfance est vue de manière juste et sensible.

Par contre j'ai trouvé que l'issue était trop rapide. Tout se dénoue, et pour Zuri, et pour Ana, sur les quarante dernières pages.

Ça a été un bon moment de lecture, mais c'est un livre qui ne me restera sans doute pas longtemps en mémoire.

Extrait : 

"- Les adoptions mixtes ne sont pas si rares, de nos jours. Une famille blanche sur deux adopte un enfant noir.

Je repense à l'anniversaire du fils d'une amie. Surexcités, il sautait sur un château gonflable, criant en fonçant sur les autres enfants. Une femme âgée l'avait toisé, puis l'avait tancé d'un ton sec : "Arrête ça !" Choquée, je lui avais adressé le regard noir que je réserve aux racistes. Pourquoi n'avait-elle pas grondé les enfants blancs, tout aussi excités et turbulents que ce petit garçon noir ? Elle avait sursauté, puis s'était éloignée avec un haussement d'épaules. J'avais compris mon erreur plus tard : l'enfant était son petit-fils."

Posté par Gambadou à 06:01 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
30 juin 2021

Carnet de bord du 23 au 29 juin 2021

cb nov1-page-001 (7)

Posté par Gambadou à 14:38 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

L'étoile du sud de Jules Verne

20210627_110836

Quand j'étais jeune ado, j'ai dévoré les Jules Verne. Alors quand j'ai vu que dans le cadre de "les classiques c'est fantastique" il y avait un mois Jules Verne, je me suis dit que c'était l'occasion de m'y replonger.

J'ai donc pioché dans ma bibliothèque et décidé de relire "l'étoile du sud" parce que j'avais l'impression de ne plus m'en souvenir. Et petit à petit tout est revenu alors que cela fait une quarantaine d'années que je ne l'avais pas lu !

Cyprien Méré est un ingénieur français envoyé en Afrique du sud pour analyser les gisements diamantifères. Il est logé dans une des cases d'un riche exploitant, John Watkins, père d'une jeune fille, Alice, dont Cyprien s'éprend. Mais John Watkins souhaite donner la main de sa fille à un homme riche. Cyrpien va alors laisser ses études pour tenter de trouver un diamant digne d'Alice, ou, pourquoi pas, d'en créer artificiellement un avec ses notions de chimie.

Un diamant magnifique apparaît, puis disparaît ...

S'ensuit une traversée épique des terres de l'Afrique australe à la poursuite d'un hypothétique voleur.

J'ai retrouvé avec plaisir cet esprit d'aventure qui me plaisait tant, avec en plus un côté hyper documenté qui nous permet de découvrir un pays, des métiers, une façon de vivre...

Dans ce roman, Jules Verne nous montre la dure réalité des mineurs de diamant face aux propriétaires terriens qui s'enrichissent. Les valeurs morales de la considération d'autrui quelque soit son origine, de l'amitié et de l'amour sont aussi très présents ce qui donne à ce livre un côté bienveillant qui fait du bien. Il montre aussi que les apparences sont parfois trompeuses et fini sur un repentir / pardon qui donne du baume au coeur.

Évidemment il faut se remettre dans le contexte de l'époque pour accepter la chasse aux éléphants et autres bêtes de la savane.

Une belle lecture épique portée par une écriture soutenue mais fluide. Et j'ai retrouvé aussi avec plaisir les dessins de Benett qui parsèment le livre et permettent une respiration agréable.

J'adore ! 

Extrait : "Renoncer à tant de grâce, faute d'un peu d'argent ! se disait-il. Abandonner la partie au premier obstacle ! Est-ce bien aussi courageux que je l'imagine ? Ne vaudrait-il pas mieux sacrifier quelques préjugés et tenter de me rendre digne d'elle ?... Tant de gens font fortune, en quelques mois, à chercher des diamants ! Pourquoi ne ferais-je pas de même ? Qui m'empêche, moi aussi, de déterrer une pierre de cent carats, comme c'est arrivé à d'autres ; ou mieux, de découvrir un gisement nouveau ? J'ai sûrement plus de connaissances théoriques et pratiques que la plupart de tous ces hommes ! Pourquoi la science ne me donnerait-elle pas ce que le travail, aidé d'un peu de chance, leur a donné ?... Après tout, je ne risque pas grand chose à essayer !... Même au point de vue de ma mission, il peut ne pas m'être inutile de mettre la main à la pioche et de tâter du métier de mineur!... Et, si je réussis, si je deviens riche par ce moyen primitif, qui sait si John Watkins ne se laisserait pas fléchir et ne reviendrait pas sur sa décision première ? Le prix vaut bien que l'on tente l'aventure !..."

 

 

 

Posté par Gambadou à 14:38 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

Le camping de la mort de Thibault Vermot

le camping de la mort

Ce n'est pas mon genre littéraire de prédilection, mais il faut savoir sortir des sentiers battus, et les élèves adorent avoir peur !  Alors je me suis inscrite pour ce livre au Masse Critique Babelio et j'ai eu la chance de le recevoir.

Quatre copains d'enfance (3 garçons et 1 fille), décident, avec l'accord de leurs parents, de fêter le début des grandes vacances en allant camper une nuit dans la forêt attenante au village. La seule contrainte, emmener Aymeric, le petit frère de la fille, qui, avec ses 10 ans et ses dessins bizarres, est loin de leurs 13 ans et leurs esprits d'aventure.

Les voilà lancés, vélos et marche à pieds, pour se retrouver au coeur de la forêt. Deux tentes montées, un feu, un dîner improvisé, tout semble se passer au mieux. Mais au milieu de la nuit, un cri déchire l'air. Juliette, tétanisée, en sang, a été attaquée par un monstre sorti des abîmes et Tom a disparu. Et si le Gobemouche qu'Aymeric avait dessiné avait pris vie ?

Frissons garantis dans ce court roman où l'on retrouve des phénomènes étranges, une traque la nuit, une forêt hantée, une pie borgne ...

L'intrigue est bien menée, l'angoisse et  la tension vont en s'intensifiant petit à petit.

Une fin ouverte qui peut en frustrer certains mais qui tombe fort à propos, et qui relance toute l'histoire. Mon seul bémol est que l'on a aucune explication aux phénomènes qui se passent.

Je sens que ça va plaire aux sixièmes ! 

Extrait : "Je ne pouvais plus bouger, et un murmure affolé souffla dans mon crâne que ça valait mieux, parce qu'il ne fallait pas bouger. Je fixai l'oiseau, qui sautilla sur la branche pour se rapprocher. Il y avait du blanc sur l'oiseau. Un pie, souffla le murmure. C'est une pie. Et tu peux rien voir parce que c'est la nuit, mais on parie combien que cette pie n'a qu'un œil, qu'elle a l'aile cassée... ?"

Posté par Gambadou à 14:37 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Croke park de Sylvain Gâche et Richard Guérineau

croke park

21 novembre 1920 - dimanche sanglant à Dublin

croke park dimanche

De la guerre d'Irlande, je connais le bloody sunday chanté par U2, et j'ai lu des romans ayant pour thème cette guerre (Retour à Killybegs et Mon traître de Sorj Chalandon, les cendres d'Angela de Franck McCourt ...) mais je ne connaissais pas du tout cet épisode sanglante de novembre 1920.

Dans cette bande dessinée, deux histoires en parallèlle : 

- celle du match de football gaélique Tipperary-Dublin en novembre 1920 à Croke Park

- celle du match de rugby Angleterre-Irlande en février 2007 à Croke Park.

En novembre 1920, les membre du Sinn Féin (partie nationaliste puis républicain Irlandais) décident de frapper un grand coup et d'assassiner un maximum d'agents britanniques infiltrés à Dublin. 18 adresses où logent une trentaine d'agents britanniques sont ainsi ciblées. Le Sinn Féin décide d'agir le dimanche 21 novembre, jour où un match de football gaélique pour une oeuvre de bienfaisance

Croke Park- dimanche sanglant Dublin_0

a lieu au stade Croke park. Ils pensent alors que grâce à la foule présente il sera plus facile de se disperser. L'opération n'a pas la réussite voulue, mais, aux aurores, 14 officiers sont tués.

La riposte à cette matinée sanglante s'organise au château de Dublin, siège des autorités britanniques dans le pays. Les anglais pensent que le match a été créé pour couvrir les crimes et que les assassins se cachent dans le public. Ils décident donc d'encercler le stade et de procéder à une fouille à la sortie. Mais rien ne va se passer comme prévu. En arrivant pour cerner le stade des coups de feu sont tirés, un mouvement de foule crée le chaos, 14 civils, de 10 à 57 ans sont tués et 62 sont blessés.

En février 2007, c'est la première fois que des "étrangers" vont jouer sur le Croke Park qui est normalement réservé au sport gaélique. Entendre le "God Save the Queen" dans ce stade fait grincer de nombreuses dents.

Cette BD très bien documentée m'a permis de connaître cette journée sanglante dont je n'avais jamais entendu parler. Ce qui est intéressant c'est qu'il n'y a pas une présentation manichéenne des bons et des méchants mais une présentation des évènements et de leurs enchaînements qui ont entraîné cette tuerie.

Le fait de faire un parallèle entre deux époques, deux matchs et un seul stade est très intéressant. On voit toute l'animosité qui reste présente entre Irlandais et Anglais, mais avec l'idée que le sport peut être une passerelle de paix.

Les illustrations sont assez réalistes et précises avec des traits de personnages suffisamment différents pour éviter des confusions.

J'ai juste regretté qu'il n'y ait pas un des personnages qui sortent du lot, auquel on pourrait plus s'attacher. Et la couverture avec un personnage qui fait penser à Hitler et qui peut prêter à confusion.

Un bel et bon album.

 

Posté par Gambadou à 14:37 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , ,
23 juin 2021

Carnet de bord, du 16 au 22 juin 2021

cb nov1-page-001 (7)

Posté par Gambadou à 14:17 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

Les patients du docteur Garcia, de Almudena Grandes

les patients du docteur garcia

Tout débute dans les années 20, en Espagne, par la rencontre de deux hommes, qui, chacun avec leurs moyens, se battent dans le camp des républicains pendant la guerre d'Espagne. Guillermo Garcia Medina est médecin et opère les nombreux militaires ou civils touchés par la guerre. Manolo Benitez est diplomate. Touché par un tir, il va être soigné et sauvé par Guillermo. Une amitié inconditionnelle va les unir. 

Tous deux vont continuer à soutenir leurs valeurs après la victoire de Franco. Devenus des hommes de l'ombre, ils ont tous deux changé de noms et vivent dans la clandestinité. 

Pour faire tomber le régime de Franco, ils décident, aidés par la CIA, de démontrer que le régime est complice d'évasion d'anciens nazis, recherchés à l'international mais cachés en Espagne où ils reçoivent faux papiers et argent pour partir en Amérique du Sud. Manolo va infiltrer l'organisation et va être envoyé en Argentine. Guillermo reste en Espagne.

Mais l'Amérique change de camp, l'ennemi n'est plus l'Allemagne et les anciens nazis mais l'Union Soviétique. Et les deux hommes qui restent ancrés dans leurs idéaux se retrouvent bien seuls.

J'ai beaucoup aimé la première moitié du roman : la guerre d'Espagne, le combat entre le mouvement national et les républicains, la vie quotidienne en Espagne (couplé à une belle histoire d'amour) puis la victoire de Franco, les exactions contre les républicains, l'obligation de fuir ou de se cacher.

Toujours très intéressant, vient le choix de son camp : les franquistes qui continuent le combat en s'engageant auprès des allemands pendant la seconde guerre mondiale (moments assez durs avec les massacres de juifs perpétrés en Pologne) ou le combat pour repérer les nazis qui fuient et se réfugient en Espagne.

Et à partir de là j'ai été perdue ! Déjà j'avais dû me faire une fiche pour repérer qui était qui. Mais il y a une telle pléthore de personnages ... qui en plus ont des noms d'emprunts... Ma lecture a traîné en longueur et j'ai eu beaucoup de mal à finir les 668 pages de ce pavé. Je me suis rendue compte qu'il y avait 12 pages de récapitulatif des différents personnages - à raison d'une dizaine de noms par page, je vous laisse faire le calcul !

Dommage parce que c'est très intéressant d'un point de vue historique et j'ai appris plein de choses sur cette guerre d'Espagne que l'on étudie si peu en France.

Une saga qui nous emmène des années 20 jusqu'aux années 80 en passant par l'Espagne, l'Allemagne, l'Argentine mais aussi la Suisse, la France, la Pologne ou les Etats-Unis.

Extrait :

"Le monde a changé, répéta Goodwin.

- Et pas qu'un peu. Aujourd'hui vous choyez vos ennemis, investissez des millions de dollars en Italie, Allemagne, Autriche, que vous avez transformés en pays démocratiques, auxquels vous avez rendu indépendance, dignité et orgueil. Mais nous, les Espagnols, ne méritons pas ça, nous ne méritons rien, même si nous avons été les seuls à nous battre contre le fascisme. Ce fut peut-être précisément cela notre péché ? Avoir osé être antifasciste sans compter sur vous, sans demander votre permission, sans implorer votre aide providentielle, ces putains de débarquements qui n'auraient servi à rien du tout si Staline n'avait pas avancé sur le front de l'Est. Comme nous avons eu l'audace de ne pas vous être redevables, l'ami de vos ennemis est à présent votre ami, et les ennemis de Franco sont les vôtres. C'est à vomir.

[...]

- Le fasciste qui triomphe grâce à l'aide de l'Axe écrase de sa botte un pays entier, jonché de cadavres, et vous, contre toute logique, vous le bénissez, le soutenez, n'avez pas l'intention de le déranger, ni lui, ni les criminels qu'il protège. Et nous, les Espagnols, continuons d'être tellement cons, tellement naïfs, que nous risquons notre vie tous les jours, en attendant que vous vous rendiez compte que nous existons. Mais non, car pour nous le monde n'a pas changé et ne changera pas. Le monde ne change pas quand on vit sous une dictature."

16 juin 2021

Carnet de bord, du 9 au 15 juin 2021

cb nov1-page-001 (6)

Posté par Gambadou à 06:06 - - Commentaires [2] - Permalien [#]