we prolongé
Une pause pendant ce we prolongé où je vais découvrir la "vraie" bretagne : presque-île de Crozon et Ouessant...
Bon bol d'air en perspective !

Le clan des poissards, de Sourdin Jeff
parution 03/2012 - 224 p
Nous sommes à Rennes et nous suivons, du temps des études à la trentaine, quatre copains de fac au parcours différents. Il y a Cid, qui a monté sa société d'informatique et ne vit que pour elle, Mitch, le tombeur de filles qui a du mal à se créer une vie stable, Sam, un romantique attiré par les étrangères, et enfin Léon dit "Trotsky", qui se qualifie lui même de poissard. Trotsky, qui cherche à fuir le monde du travail et qui refuse de se plier aux diktats de la société.
Malgré l'évolution de chacun, leur amitié reste indéflectible. Ils peuvent parler de leurs espoirs, leurs rêves perdus, leurs existences, les compromissions, leur intimité. On suit leurs portraits à travers la ville de Rennes (la ville que j'habite depuis 10 ans). Les idéaux font petit à petit place à la nécessité de gagner sa vie, d'avoir de l'argent, de se loger, de payer des impôts, bref, d'avancer.
Un livre très agréable à lire, une belle parenthèse d'amitié.
Merci à Midola pour le prêt.
Hunger Games, de Collins Suzanne
parution 10/2009 - 398 p - traduit de l'anglais -
Ma fille l'a demandé à son anniversaire, et devant son engouement, j'ai bien été obligée de m'y plonger !
Et bien j'ai été très agréablement surprise par ce premier tome, et j'ai hâte de me plonger dans le deuxième (il y en a trois en tout).
Nous sommes aux Etats-Unis dans un futur sombre. A la suite de plusieurs cataclysmes et d'une révolution, le pays a été divisé en 12 districts dirigés par le Capitole. Ce Capitole réclame chaque année deux adolescents à chaque district, un garçon et une fille. Ceux-ci vont devoir s'affronter jusqu'à la mort lors de jeux géants retransmis à la télévision.
La jeune Katniss Everdenn a 16 ans et vit avec sa mère et sa soeur dans le 12ème district, le plus pauvre. Elle va participer au Hunger Games.
On est tout de suite dans l'action, sans respiration. On tremble pour l'héroïne obligée de se battre pour sa survie. Il y a tout ce qui faut pour un livre ado : de l'action, du suspense et de l'amour.
Mais une discussion avec Midola m'a obligé à revoir mon enthousiasme. Elle aussi a été emportée par le livre et l'a lu d'une traite, mais elle a été "choquée" par le thème. On parle en effet de morts d'adolescents qui se battent gratuitement, le tout retransmis à la télévision....Du coup elle ne se sentait pas de le conseiller à des ados...
J'en ai parlé à mes collègues professeurs (ils sont trois à être en train de le lire, c'est la grande conversation de la salle des profs !). On est tombé d'accord pour dire que ce n'est pas "pire" que Harry Potter avec Voldemort ou Twilight....
Voici l'avis de Souki (14 ans) : j'ai adoré ! J'ai trouvé l'histoire très intéressante et ça démarre assez vite. On s'attache aux personnages et on se plonge dans la peau de Katniss en lisant ce livre comme si notre vie en dépendait. Difficile de le lâcher, certains moments sont vraiment haletants ! En plus c'est assez bien écrit.
Par contre, je viens de lire le tome 2 et 3 et j'ai été un peu déçue (au contraire de ma fille qui a continué à aimer). J'ai trouvé qu'il y avait trop de "redite'.
Maus, de Spiegelman Art
Bon, je le range dans la catégorie "bande dessinée", mais je pourrais le ranger aussi dans roman historique ou autobiographie.
Quelle claque cette BD ! un vrai coup de poing.
Cela faisait longtemps que j'en avais entendu parler comme de la seule BD qui a reçu le prix Pulitzer, traduit en 18 langues. Pour les 16 ans de mon fils, j'ai décidé de lui offrir l'intégrale qui vient d'être publiée pour les 25 ans de sa sortie.
Le père de l'auteur est un juif polonais rescapé d'Auschwitz. Sous la demande de son fils, il va raconter sa vie de 1930, rencontre avec sa femme, à 1944, moment ou il va la retrouver après des années de déportation.
Les juifs sont représentés sous forme de souris, les nazis sous forme de chats, les polonais sous les traits de cochons, les français en grenouilles ...
On alterne les moments de souvenirs et les moments actuels ou le fils interview le père. Même si on a beaucoup parlé du ghetto de Varsovie, des camps, de l'extermination ... c'est toujours très intéressant d'avoir un témoignage direct. Le format de BD permet de bien voir les anecdotes, les sentiments, les déchirures.
Chaque case est bouleversante, que ce soit les souvenirs du père en déportation, sa lutte etonnante pour sa survie et celle des siens, ou les moments de tension entre le père et le fils qui recueille ses paroles.
A lire.
Une année studieuse, Wiazemsky Anne
Anne Wiazemsky est la petite fille de Claude Mauriac. Elle nous raconte ici une année de sa vie, une année charnière où tout a basculé puisque de jeune fille venant de passer son bac, elle est passée à femme de Jean-Luc Godard.
C'est une année de doutes et de tiraillements entre sa famille et l'engagement que lui propose le cinéaste.
On retrouve beaucoup des atermoiements des adolescentes qui sont capables de changer d'avis de manière assez radicale du jour au lendemain. Une adolescente qui est sidérée de voir un cinéaste comme Godard l'aimer. On sent qu'elle a un grand besoin de reconnaissance, et cet amour très fort la réconforte.
Ce qu'elle aimerait, c'est pouvoir continuer à vivre avec sa famille tout en allant de temps en temps avec son amant. L'engagement lui fait peur (d'ailleurs, juste avant de se marier, elle dit à son futur mari qu'elle sait qu'il ne sera pas le seul homme de sa vie) mais à cette époque (1967) il n'est pas question d'union libre.
J'ai ressenti beaucoup d'empathie pour la mère d'Anne qui voit sa fille de 19 ans prendre comme amant un homme de 17 ans son aîné, divorcé, avec une réputation plutôt sulfureuse.
Très intéressant de voir l'évolution de cette jeune fille qui passe de chenille à papillon. Une bonne lecture qui ne me laissera pas cependant un souvenir impérissable.
Le dernier des Camondo, de Assouline Pierre
Lors d'un récent séjour à Paris, j'ai été visiter le musée Nissim de Camondo, qui est dans un hôtel particulier le long du parc Monceau. Dans cet hôtel particulier, le père de Nissim à collectionné les oeuvres du XVIIIè siècle, mobiliers et objets d'art.
Au-delà de la beauté de cette belle demeure bourgeoise, l'histoire de la famille m'avait intriguée. Nous sommes effectivement accueillis par une plaque commémorative nous rappelant que la famille Camondo n'existe plus, le dernier Camondo s'étend éteint en 1935.
Pierre Assouline a lui aussi été frappé par l'histoire de cette famille et à écrit ce livre, récit biographique. Le style est un peu "ampoulé", mais une fois sauté les 80 premières pages qui relatent de manière très précise et pièce par pièce le mobilier de la maison des Camondo, on entre dans l'histoire.
L'histoire des Camondo est lié à l'histoire des juifs en Europe et en Afrique du Nord. Une communauté juive assez importante vivait en relative bonne entente avec les musulmans qui dominaient l'Espagne au XVe siècle. L'arrivée des catholiques mis fin à cette harmonie. Les juifs furent chassés et se retrouvèrent en Italie et en Afrique du Nord. Une communauté se basa à Venise dans un ghetto, une autre en Orient.
Les Camondo s'installent à Constantinople et deviennent les banquiers des dignitaires de l'Empire.
A la fin du XIXe siècle, les deux fils de la famille décident de venir à Paris, là ou la communauté juive est la mieux implantée. Ils vont côtoyer les Rotschild, les Pereire ... C'est une période ou de nombreux juifs essayent de s'intégrer en cherchant à effacer leur judaïté. Ils se convertissent, change de prénom (Jacob en Jacques ..) et de nom. Ce n'est pas le cas des Camondo qui restent fidèle à leur religion malgré la montée d'un antisémitisme violent (confère l'affaire Dreyfus).
Et voilà le dernier des Camondo, Moïse. Né en 1860, le but de sa vie est de poursuivre la dynastie. Un mariage raté mais deux enfants, un fils et une fille, lui permette de croire que ce but pourra être atteint. Mais les guerres vont passer par là : celle de 14-18 qui lui prendra son fils, celle de 39-45 ou seront déportés le reste de sa famille.
Moïse avait aussi une passion pour le XVIIIe siècle : il va faire construire un hôtel particulier le long du parc Monceau dans l'optique d'en faire un écrin pour sa collection de mobilier et d'objets d'art de cette époque. Après la mort de son fils, il décide de léguer à sa propre mort son hôtel meublé à l'Etat. Ainsi il pourra laisser une trace de cette famille dont le nom s'éteindra avec lui.
Un livre très intéressant par son aspect historique reprenant l'exil de la communauté juive, de l'inquisition Espagnole au génocide nazi en passant par les palais de Constantinople et l'antisemitisme violent du début du XVIIe siècle. On y suit aussi la vie des Camondo et la tristesse de Moïse, dernier de la lignée.
Malheureusement, j'ai trouvé le style un peu "lourd". On sent que Pierre Assouline a effectué énormément de recherche et qu'il souhaite nous les faire partager. Du coup l'histoire de la famille est souvent perdue dans des anecdotes concernant d'autres familles, qui nous permettent de bien comprendre le milieu, mais qui sont assez répétitives et qui lassent. J'aurais aimé plus de détails sur la famille même, la façon dont Moïse a constitué sa collection, ses relations avec ses enfants ....
Enfin, si vous passez par Paris, je vous conseille la visite de cet hôtel particulier ou, selon les volontés testamentaires de Moïse, tout est resté en l'état.
L'île aux trente cercueils, de Leblanc Maurice

Livre lu dans le cadre du Blogoclub de Sylire et Lisa.Cette sélection me permet de lire des livres qui sortent de mon ordinaire. Ainsi, cette fois-ci, il fallait choisir un livre de Maurice Leblanc . Je pense que ma dernière lecture de cet auteur remonte à mon adolescence (donc il n'y a pas si longtemps ;_)) . (Oups, il semble que j'ai un mois d'avance, la lecture commune est pour le 1 er juin ...)
Dès le prologue, on n'a qu'une envie, tourner les pages, savoir .... on est plongé dans une atmosphère de mystères, de brume, d'intrigues et d'aventures. Une femme retrouve son fils au bout de 10 ans de mensonge, mais découvre un tueur ...
Et puis... ça devient plus long et cacophonique... le mystère s'épaissit avec des péripéties qui n'arrêtent pas et je me suis sentie un peu perdue. Ce roman est tout d'abord paru sous forme de feuilletons à partir de 1919. Cela explique peut-être le nombre de rebondissements, mais quand on lit tout à la suite, c'est un peu lourd !
L'écriture est aussi assez ancienne ce qui rajoute au sentiment de pesanteur "tout en priant, épuisée, harassée, dans un état de dépression nerveuse qui la rendait indifférente à tout, elle s'abandonna au sommeil".
Arrive enfin Arsène Lupin, que l'on n'attendait plus. Notre gentleman cambrioleur national arrive dans un sous marin de poche (!) et résout tous les mystères en un temps record !
Autant j'ai aimé le début de ce livre, me plongeant avec délice dans une intrigue palpitante, autant j'ai été de plus en plus déçue par la suite, l'arrivée d'un aspect fantastique n'arrangeant pas les affaires. Je préfère quand notre gentleman cambrioleur est plus dans la séduction et le cabotinage !
Ce livre, qui existe en film, vient de sortir en BD, et je sais que Joelle l'avait acheté lors du salon du livre de Rennes.
La liste de mes envies, de Delacourt Grégoire
Un livre qui se lit en une respiration.
Jocelyne mène une "petite" vie de mercière à Arras. Elle est mariée depuis plus de vingt ans, avec un homme dont elle est tombée enceinte lors de son premier rapport. Ce n'est pas la grande passion, mais ils ont réussi à surmonter les dangers de la vie en couple, et se retrouvent bien tous les deux ensemble. Il y a eu deux enfants qui sont nés, enfin, trois, mais la troisième, une petite fille, est morte à la naissance.
Jocelyne rêve d'une autre vie, de paroles d'amour, de devenir styliste, mais ses rêves se sont envolés.
S'ennuyant à la mercerie, elle ouvre un blog "dixdoigtsdor" sur ses réalisations, ses ouvrages. Ce blog a tout de suite beaucoup de succès. Un autre évènement va venir perturber sa vie, un évènement qui peut tout faire changer, qui peut lui permettre de réaliser ses envies. Mais le bonheur qu'elle a trouvé dans le calme de sa vie ne va-t-il pas être détruit ?
Un petit livre qui se lit vite, plein de pensées positives (peut-être faciles mais pleines de fraîcheur).
Un joli portrait d'une femme de classe moyenne, une "madame tout le monde" au quotidien, qui accepte sa situation même si elle en aimerait une autre, qui se contente de ce qu'elle a et y trouve son bonheur.
Un livre féminin écrit par un homme. J'ai adoré les deux premiers tiers, et ai été un tout petit peu déçue par la fin, donc pas de coup de coeur, mais un très bon moment de lecture.
Extrait : J'aimerais avoir la chance de décider de ma vie, je crois que c'est le plus grand cadeau qui puisse nous être fait.
Décider de sa vie"
Aproposdelivres à beaucoup aimé, tout comme Sandrine. Un beau portrait pour Leiloona. Un avis plus mitigé chez Canel.
Limonov, de Carrère Emmanuel
C'est un livre que j'ai reçu à Noël, mais j'attendais le bon moment pour le lire. Là, après la parenthèse Jane Eyre, c'était parfait !
Ce livre m'a permis de me plonger dans la vie et le formidable changement qu'à connu la Russie et les pays Baltes ces soixante dernières années. La vie de Limonov, un homme tour à tour voyou, clochard, écrivain branché, soldat pas très net et enfin homme politique nous permet de suivre la mort de Staline, la chute du communisme, l'arrivée d'une économie de marché avec ses nouveaux riches ... Au milieu, on retrouve des bribes de la vie d'Emmanuel Carrère, qui a lui aussi suivi ces évènements.
C'est une enquête que nous livre Emmanuel Carrère, le portrait d'un homme détestable et attirant, ridicule et sublime, orgueilleux et tout en retenue, violent et doux, héros ou salaud, mais un homme engagé qui va au bout de ses idées et de ses envies. Un jusqu'en-boutiste qui a décidé de devenir célèbre. Or pour être célèbre en Russie avant la perestroïka, il fallait être dissident.
Limonov va chercher à quitter ses parents et sa banlieue triste pour vivre avec une bande d'artistes et de poètes dits "décadents". Cela va lui ouvrir les portes d'une vie de bohème, de Moscou à New York puis Paris.
Il est socialement inadapté, égocentrique, sans pitié et retombe toujours sur ses pattes, son unique but étant toujours d'échapper à l'anonymat.
A un moment, Emmanuel Carrère le compare à tous ces "politiquement incorrects" qu'il a côtoyé à Paris : Jean Edern Halier, Jacques Verges ...
Jusqu'à Paris, j'ai bien réussi à suivre la vie de Limonov et à le cerner. J'ai eu beaucoup plus de mal quand il repart en Russie, se retrouve auprès des Serbes dans la guerre des Balkans, et fonde la Parti National Bolchévique.
Qu'on l'apprécie ou qu'on le déteste (ce qui peut être fait tour à tour en fonction des étapes de sa vie), Limonov est un homme qui ne laisse pas indifférent. Des passages sont assez crus, comme l'est sa vie. Il aura réussi son pari de ne pas finir dans l'anonymat.
Je me suis laissé emporter par cette vie sans concession.
Un ouvrage fascinant pour Sylire, qui a beaucoup apporté à Clara, et que Constance a bien aimé.
Jane Eyre, de Brontë Charlotte
publié pour la première fois en 1847
Ma fille de 14 ans devait choisir un livre dans un liste pour faire une fiche de lecture... et il y avait Jane Eyre .. alors je l'ai acheté .... et je l'ai lu .... et elle toujours pas !!!!!
Ca doit être ma troisième lecture de ce livre, et je ne m'en lasse pas.
Jeune orpheline, Jane est recueillie par sa tante, Mrs Reed, une femme froide et cruelle. Pour l'éloigner, Mrs Redd envoie Jane dans une école très dure ou celle-ci va faire son éducation et va devenir professeur. A l'âge de dix-huit ans, elle est engagée comme gouvernante au manoir de Thornfield. S'en suis une fabuleuse histoire d'amour troublée par le mystère du manoir.
Le roman est écrit à la première personne ce qui donne un certain dynamisme au récit et nous aide à nous attacher à l'héroïne. On aime suivre sa vie, ses réactions, son courage, son évolution. C'est une femme qui a du caractère et qui cherche à être maître de son destin dans la dignité, malgré toutes les embûches. Et bien sûr, il ya tout ce qu'il faut : la pauvre orpheline gentille, la méchante marâtre riche, l'amour impossible, les rencontres improbables ...
Un livre touchant, émouvant, doux et fort. Un classique tout a fait accessible que j'ai eu beaucoup de plaisir à relire.
Extrait : « Je savais à peine ce qu'était une pension. Bessie m'en avait parlé comme d'une maison où les jeunes filles étaient assises sur des bancs de bois, devant une grande table, et où l'on exigeait d'elles de la douceur et de l'exactitude. Si les détails que m'avait donnés Bessie, détails qui lui avaient été fournis par les jeunes filles d'une maison où elle avait servi avant de venir à Gateshead, étaient un peu effrayants, d'un autre côté, je trouvais bien de l'attrait dans les talents acquis par ces mêmes jeunes filles. Bessie me vantait les beaux paysages, les jolies fleurs exécutés par elles ; puis elles savaient chanter des romances, jouer des pièces, traduire des livres français. D'ailleurs, la pension amènerait un complet changement de vie, remplirait une longue journée, m'éloignerait des habitants du château, serait enfin le commencement d'une nouvelle existence.»






