le blog des fanas de livres

25 mars 2017

Dans la paix des saisons, de Signol Christian

Audio saisons

 

Après une opération à la suite d'une tumeur au poumon, Mathieu, la quarantaine, décide de quitter quelques jours sa femme et Paris pour retrouver ses grands parents dans le Quercy et s'y reposer.  
Ceux-ci, Paul et Louise, l'ont élevé pendant quelques années quand il était petit, jusqu'en août 1968, mais il n'est pas retourné les voir depuis.
Il va retrouver toutes les sensations de son enfance : la douceur de l'air du soir, l'odeur de l'herbe coupée, la fraîcheur de la rivière, le vif argent des poissons, l'humus de la forêt, le goût sucré et acide des mûres, la nature . Retrouver l'insouciance de l'enfance, loin de la douleur et de la maladie. Une halte salvatrice où les trésors de l'enfancen, la paix de la campagne et l'amour inconditionnel de ses grands-parents vont lui permettre de faire un point sur sa vie.
Un livre qui ne m'aurait pas du tout attiré en format "livre" mais qui est très agréable en audio. C'est un livre qui fait du bien, avec plein de sensibilité et de bon sens.
Une parenthèse apaisante.

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22 mars 2017

Gai-Luron sent que tout lui échappe, de Pixel Vengeur et Fabcaro d'après Gotlib

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Une éternité que je n'avais pas lu Gai-Luron, alors quand je l'ai vu dans les nouveautés à la bibliothèque, je m'en suis emparée. C'est seulement en le lisant que j'ai vu que c'était une "reprise" d'après Gotlib.

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J'ai retrouvé les gags, les personnages de Belle-Lurette, Jujube et la souris "faire-valoir surexcitée" !

Même si ça fait très longtemps que je n'avais pas lu de Gai Luron, j'ai trouvé que c'était tout à fait dans l'esprit de la série. Situations absurdes et délirantes avec Gai Luron qui ne sait comment déclarer sa flamme à Belle-Lurette et qui dort une grande partie de la journée.

Un humour qui me fait rire.

C’était donc ma BD de la semaine et vous pourrez trouver toutes les participations de cette semaine chez Mo.

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19 mars 2017

Salon "rue des livres"

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Et voilà encore une belle journée d'échanges avec les bloggeurs et chroniqueurs de l'ouest qui avaient pu se déplacer.

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Il y avait Antigone, Canel, Diablotin0, Fransoaz, Géraldine, Hervé, Iris29, Kitty la mouetteSandrine, Sylire et moi-même. Une belle brochette de lecteurs !

Canel nous avait concocté des badges pour que l'on ne s'appelle pas que par nos pseudos et que l'on intègre rapidement les "nouveaux" (car comme nous l'a rappelé Géraldine, cela fait huit ans que l'on se retrouve à ce salon, il y a donc pas mal "d'anciens").

Un petit tour de salon, un déjeuner dans une pizzeria du coin, des échanges, des achats, des blablas.

J'ai été écouter Eric Vuillard parler de son dernier livre "14 juillet". Un discours fluide, un homme passionné ... et son livre dédicacé dans mon sac !

J'ai beaucoup déambulé et j'ai aussi craqué pour les deux premiers volumes de la BD "Abélard", chaudement recommandée par Sylire et Fransoaz.

J'ai discuté avec deux libraires, retrouvé un collègue qui sort son premier roman, deux bloggueuses bénévoles et pris des informations sur les possibilités d'offrir de la lecture aux élèves "dys".

Une journée bien remplie et très agréable.

J'ai enchaîné avec les 50 ans d'un copain, soirée déguisée sur le thème "Moyen-Âge", je suis un peu à plat ! 

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17 mars 2017

Mon bel oranger, de Mauro de Vasconcelos José

Il est dans ma PAL pour relecture depuis longtemps. Fille n° 3 l'a lu, a pleuré ... et m'a donné envie de le sortir de ma PAL !  première parution 1971

pal oranger

José, dit Zézé, est un petit garçon de cinq ans dont le corps malicieux contient un cœur d'or. Il vit avec sa famille au Brésil, à Bangu.
Intelligent, plein d'imagination et d'entrain, il raconte son quotidien : son père au chômage, la pauvreté de sa famille, les aînés (3 soeurs et 1 frère) qui s'occupent de lui et de Luis, le petit dernier.

mon bel oranger film

Garçon des rues, il va cependant à l'école même si il n'a pas encore six ans, parce qu'il a appris à lire tout seul. Précoce, hypersensible, José est un ange à l'école et un diable à la maison où il devient le souffre douleur de sa famille.
Lors du déménagement dans une nouvelle maison, il s'attache à un pied d'orangers douces qu'il prénomme Minguinho et à qui il raconte sa vie; Il rencontre aussi un homme surnommé "Portuga", qui, ému par la détresse de Zézé, va nouer avec lui une belle amitié.
Un très beau livre sur l'amitié, l'enfance et la maltraitance, qui m'avait marqué quand je l'avais lu adolescente, et qui m'a encore marqué aujourd'hui.
Bien envie de découvrir "Allons réveiller le soleil" qui raconte l'adolescence de Zézé. Quelqu'un l'a lu ?

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14 mars 2017

L'âme du monde, de Lenoir Frédéric

présentation ame du monde

Un petit conte philosophique et initiatique qui fait du bien.

Huit sages venus de tous les coins de la planète et représentant les principaux courants spirituels du monde, se retrouvent dans un monastère du Tibet. Ils ont tous été "appelés" par une force supérieure.
Ensemble,  et ils vont mettre en commun les principes fondamentaux de la sagesse en mettant de côté dogmes et rituels. Les 7 clés définies seront enseignées à des adolescents avant la fin du monde pressentie.
Voici les 7 piliers (très) résumés : 
1- l'homme doit quitter la logique de l'avoir pour passer à celle de l'être . Découvrir que le bonheur et le malheur sont à l'intérieur de nous et non dans les choses ou les évènements extérieurs.  
2-l'esprit, composé de l'intelligence et du cœur, doit maîtriser le corps physique et le corps psychique en leur donnant une direction et une signification. 
3-le début de la libération passe par la connaissance de soi. La servitude peut venir de nos pulsions, de nos émotions, de nos attachements aux objets, de notre réaction au regard d'autrui, au critique, de notre besoin de reconnaissance, de notre conditionnement. C'est par un travail intérieur que l'on peut se libérer. 
4-l'amour nous fait comprendre que nous ne pouvons être heureux sans les autres. 
5-cultivez l'effort, l'émerveillement, la douceur, l'humour, la confiance en la vie, la générosité, la bienveillance, la souplesse, la justice, l'humilité et la gratitude, la patience, le pardon et la tolérance.
6- être attentif dans l'instant présent à ce que nous faisons, à ce que nous ressentons, avec qui nous sommes. 
7-accepter le réel, nous accepter tels que nous sommes, accepter les évènements. Apprendre à ne rien refuser de la vie.
  
Rien de nouveau me direz-vous, mais ça fait du bien de temps en temps de reprendre les préceptes de base et de s'en servir comme pistes de réflexion. 
  
Alors même si c'est un brin moralisateur et simpliste, et que cela surfe sur la "mode" actuelle du mieux vivre, de la méditation et de la pleine conscience, c'est un petit livre qui fait du bien, et rien que pour ça, il est intéressant de le lire.
Extrait :  ""Oui, reprit Ma Ananda, chaque religion possède une manière originale et singulière de concevoir la Vérité universelle. " Elle leva les yeux vers les sommets environnants : "C'est comme ces montagnes. Chacune est un sommet qu'on peut gravir. Mais à quoi sert de les comparer ? Chaque sommet est beau et chaque chemin est riche d'enseignements. Chaque sentier est fait d'obstacles à surmonter et laisse découvrir des paysages magnifiques. Ce qui compte, ce n'est pas de gravir cette montagne, ou bien celle-ci, ou encore celle-là, mais de parcourir le chemin. Et de le faire avec attention et persévérance, avec le coeur ouvert et l'esprit vigilant. Ce n'est pas le nom du sommet que nous avons gravi qui nous transforme, mais la présence et l'amour que nous avons mis dans la marche. Le monde est beau par la variété de ses paysages. La vie spirituelle est belle par le foisonnement de ses chemins."
 

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11 mars 2017

L'archipel d'une autre vie, de Makine Andreï

présentation l'archipel

Russie

C'est le récit d'une poursuite, d'une chasse à l'homme dans la taïga, à l'Est de la Russie, près de la mer d'Okhotsk. Nous sommes en 1952, en pleine période stalinienne. Cinq militaires ont pour charge d'arrêter un criminel qui s'est enfui d'un camp. Lors de cette marche forcée sur les traces de ce fuyard qui semble insaisissable, les caractères de chacun vont se dévoiler. Il y a les chefs qui cherchent à gagner une nouvelle étoile ou une nouvelle barrette sur leurs vestes, et puis les subalternes, qui suivent et commencent à avoir une certaine sympathie pour ce fugitif qui les nargue.

A travers cette histoire, on ressent non seulement l'apreteté de la vie dans ces contrées au climat rude, mais aussi la peur du régime qui créer un climat de délation et d'égoïsme. La volonté de voir en chacun un ennemi du peuple a développé la méfiance et l'agressivité. Et ce n'est que quand les actes ou les pensées vont trop loin qu'ils se rendent compte qu'il n'y a plus d'humanité en eux. 

Cette prise de conscience vient adoucir le récit. On part d'un univers bestial ou l'hostilité et la peur sont omniprésentes pour arriver vers des émotions, des sentiments et tout simplement la sagesse.

L'écriture d'Andreï Makine est riche et fluide, un vrai bonheur de lecture.

Un très, très bon livre que j'ai dévoré. Je ne mets pas de coup de coeur parce que j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire, mais je me garde la possibilité de changer d'avis d'ici quelques temps, quand il ne me restera en mémoire que les bons moments ! 

Extrait : 

"Il m'a fallu de longues années pour comprendre : non, c'est notre vie à nous qui était démente : Déformée par une haine inusable et la violence devenue un art de vivre, embourbée dans les mensonges pieux et l'obscène vérité des guerres. Je me souviens d'en avoir parlé, un jour, à une amie américaine, pacifiste convaincue. Elle rétorqua en plaidant la nécessité des "bombardements humanitaires" ... J'ai oublié s'il s'agissait, alors, de Belgrade ou de Bagdad. Curieusement, cela me rappela le sujet de la thèse qu'écrivait jadis Pavel Gartsev, oui, la "légitimité de la violence révolutionnaire".

Ce n'étaient pas les deux fugitifs mais l'humanité elle-même qui s'égarait dans une évasion suicidaire."

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08 mars 2017

Les promeneurs sous la lune, de Zidrou et Mai Egurza

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De manière assez étonnante et répétitive, Napoléon Cavallo se retrouve la nuit dans le lit de Linh Yu Berlier. Porte et fenêtre sont fermées, et Napoléon n'a aucune idée du pourquoi et du comment. La seule explication plausible est qu'il est devenu somnambule. La jeune fille accepte de ne pas porter plainte à condition que Napoléon se fasse soigner. Leur relation ne fait que commencer.

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Une histoire originale, un univers loufoque, des dessins charmants tout en rondeur. Une sorte de conte plein d'humour et de sensibilité. Belle parenthèse pour la BD de la semaine (liens chez Noukette)

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04 mars 2017

Article 353 du code pénal, de Viel Tanguy

Un ami de passage à la maison, un beau cadeau. Merci JMC !

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Le premier chapitre commence par un meurtre, un homme jeté à la mer au large de Brest, et le meurtrier qui le regarde s'enfoncer, qui ne répond pas à ses appels de détresse.

Nous voilà très rapidement dans le bureau du juge. Un juge qui veut comprendre pourquoi Martial Kermeur, un homme plutôt réservé, qui n'a jamais posé de problème, qui élève seul son fils dans une maison un peu en retrait, qui travaille comme régisseur d'un château en ruine, pourquoi cet homme a tué.

Et Martial va expliquer, la rencontre, la dérive, la perversion, le sentiment d'isolement et d'abandon, la honte et la lente déchéance qui l'ont amené à ce geste mortel.

Ce qui est prenant dans ce livre, c'est la force du discours de Martial, la tension qui augmente petit à petit, l'ineluctable qui se profile. Sans être voyeur, on est à l'écoute, on comprend.

Une histoire pleine d'humanité. A lire.

Extrait : "Vous avez bien entendu, j'ai dit au juge, il m'a embrassé. Vous étiez dans le Sud avant. Vous avez dû en voir, des types qui embrassent tout le monde avec un poignard dans l'autre main. Nous, bien sûr, ce sont des histoires qu'on préfère voir dans le Sud que chez nous. Mais on a beau le savoir, on a beau l'avoir imprimé noir sur blanc dans le fond de son crâne, qu'un type qui vous embrasse si chaleureusement, ça n'a rien de rassurant, oui, on a beau le savoir, quand ça vous tombe dessus, ça fait pas pareil."

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01 mars 2017

D'autres vies que la mienne, de Carrère Emmanuel

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Livre lu en 2009, et que j'ai repris pour le blogoclub de Sylire et Lisa.

Deux décès sont à l'origine de ce livre : une petite fille de 5 ans lors du Tsunami de 2004 et la belle-soeur de l'auteur emportée par un cancer à 35 ans.

Après avoir décrit de manière assez factuel les moments douloureux, Emmanuel Carrère s'attache beaucoup plus à une autre vie : celle d'un juge qui travaillait avec sa belle-soeur. Sous prétexte de la connaître mieux, il va aller plusieurs fois interviewer cet homme, et c'est alors des pages sur le choix de vie, la justice face au surendettement, mais aussi la maladie puisque ce juge a eu un cancer étant jeune. Il y a des pages que j'ai trouvé très profondes sur l'arrivée de la maladie lié à une détresse face à la vie, une faille profonde qui entaille la personnalité et qui va ressortir sous forme de maladie.

Dans l'interview ensuite du veuf ou des parents de la jeune femme, on sent plus de distance même si là aussi il y a un quotidien très émouvant, surtout dans les dernières semaines. 

Des destins croisés, racontés dans des pages sobres et dignes.

Extrait : "Une question de langage me tournait dans la tête. Je déteste qu'on emploie le mot "maman" autrement qu'au vocatif et dans un cadre privé : que même à soixante ans on s'adresse ainsi à sa mère, très bien, mais que passé l'école maternelle on dise "la maman d'Untel" ou, comme Ségolène Royal, "les mamans", cela me répugne, et je devine dans cette répugnance autre chose que le réflexe de classe qui me fait tiquer quand quelqu'un dit devant moi "sur Paris" ou, à tout bout de champ, "pas de soucis". Pourtant, même pour moi, celle qui allait mourir ce n'était pas la mère d'Amélie, de Clara et de Diane, mais leur maman, et ce mot que je n'aime pas, ce mot qui depuis si longtemps me rend triste, je ne dirais pas qu'il ne me rendait pas triste mais j'avais envie de le prononcer. J'avais envie de dire, à voix basse : maman, et de pleurer et d'être, pas consolé, non, mais bercé, et de m'endormir ainsi."

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28 février 2017

Moi par mois, février

beau projet pour mon lieu de travail : la construction d'un nouveau bâtiment et d'un nouveau CDI accueillant. En attendant, j'ai encore au moins 18 mois dans mon ancien préfabriqué avec coupures de courant, chauffage souvent en rade, papier qui s'effrite et courants d'air à gogo. Mais je m'y sens quand même bien, et vu l'affluence, ça à l'air d'être le cas des élèves aussi ! / visite de l'école d'architecture de Rennes pour fille n°3, et conseil d'un professeur : "l'important c'est l'ouverture culturelle. La chose à faire, c'est lire 10mn de Proust par jour !" On a filé chez le libraire à la sortie pour acheter notre premier Proust ! (et aussi un carnet de croquis chacune) / pas d'internet pendant trois jours - c'est fou comme on est dépendant / "Le Cid" au Théâtre avec fille n°3, une belle mise en scène et une série de tirades cultes / apprendre que je vais être inspectée, plutôt une bonne nouvelle malgré le stress que cela implique / une semaine avec les trois enfants à la maison, c'est vivant, ça bouge et ça rigole. Un régal, et ça rempli ma boite à petits bonheurs / trois jours à Lisbonne avec fils n°1 et fille n°3. Découverte d'une ville où il fait bon se perdre dans les ruelles avec les immeubles couverts d'azulejos et le Tage au loin / une journée à Paris, musée d'Orsay et soirée théâtre en famille :  "la garçonnière" - beaux fous-rires / et c'est reparti ! 

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