le blog des fanas de livres

30 novembre 2022

Carnet de bord du 23 au 29 novembre 2022

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Des souris et des hommes, de John Steinbeck

des souris et des hommes

J'avais gardé un mauvais souvenir de cet auteur parce que je n'avais pas aimé du tout ma lecture, à l'adolescence, de son roman "la perle". Ce sont mes enfants qui, après avoir lu ce titre, m'ont dit que je devais mettre mes préjugés de côté pour le lire. Et ils ont bien fait.

Nous sommes aux Etats-Unis dans les années 30. George et Lennie sont amis d'enfance et vont de ferme en ferme pour louer leur bras en tant qu'ouvrier agricole.

George est rusé, frêle, et mêne le duo. Quant à Lennie, simple d'esprit et robuste, il aime caresser les choses douces mais n'arrive pas toujours à maîtriser sa force.

Tous les deux rêvent de mettre assez d'argent de côté pour acheter une petite ferme avec des animaux et être autonomes. 

Dans ce quasi huis-clos du ranch, le drame rode.

Un roman social percutant, où l'innocence,  l'amour et la loyauté ont une belle place. La scène finale m'a scotchée. Il me restera longtemps en mémoire.

Bien envie de voir le film avec John Malkovich. Et j'ai vue qu'il y avait aussi une adaptation en BD.

Extraits :

"J'aime caresser les jolies choses. Un jour, à la foire, j'ai vu de ces lapins à longs poils. Et ils étaient jolis, pour sûr. Des fois même, j'caresse des souris, mais c'est quand j'peux rien trouver de mieux."

"Dis-moi tout ce qu'on aura dans le jardin, et les lapins dans les cages, et la pluie en hiver, et le poêle, et la crème sur le lait qui sera si épaisse qu'on pourra à peine la couper. Raconte-moi tout ça, George."

 

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Louca 10, l'histoire de Nathan, de Bruno Dequier

louca 10

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Louca est un jeune garçon mal dans sa peau, gauche, paresseux.  Il est tyrannisé par son père qui le voudrait bon en sport et en classe, ce qui n'est pas le cas. Sa vie change quand il rencontre le fantôme de Nathan, jeune lycéen, bon footballeur, beau gosse, dynamique et plein d'humour qui a été renversé par une voiture de manière assez mystérieuse, quelques temps auparavant. Louca est le seul à pouvoir le voir.

Entre Louca, l'ado maladroit apprenti footballeur qui cherche à séduire Julie, la fille de ses rêves, et Nathan, son coach-fantôme qui cherche à savoir comment il est mort, va se nouer une solide amitié.

L'univers est très agréable (même pour moi qui ne suis pas une fan du ballon rond) et les personnages sont attachants. C'est dynamique et plein d'humour. On est aussi tenu en haleine par l'enquête sur la "mort" de Nathan. Les indices nous sont donnés au compte goutte à chaque tome.

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Dans ce dixième tome, on met au clair la vie de Nathan, son accident, le pourquoi du comment. Tout ce que l'on a appris lors des 9 premiers tomes se met en place (donc, ne surtout pas commencer par le tome 10 qui spoile les 9 autres). 

Un tome assez intense et très bien fait, avec des sortes de flash backs reprenant des informations et des situations découvertes lors des précédents tomes. Une parenthèse dans cette série qui porte normalement plus sur Louca. 

Emotion, rire, dynamisme, solidarité et suspense, le tout porté par un dessin au trait agréable et énergique. Une belle série.

Mes élèves de collège adorent (j'ai réussi à le lire avant qu'il ne soit en rayon, sinon je n'avais aucune chance), or j'ai vu sur le site de l'éditeur Dupuis que les 4 premières BD étaient à 3 euros... de quoi faire un beau cadeau sous le sapin.

 

Retrouvez toutes les BD de la semaine chez Moka.

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23 novembre 2022

Carnet de bord du 16 au 22 novembre 2022

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Bel abîme de Yamen Manai

Bel abime

Ce petit livre a gagné le prix 2022 de l'Algue d'Or qui met en avant des romans francophones.

Un adolescent tunisien d'une quinzaine d'années est en attente de jugement en prison. Il va rencontrer tour à tour son avocat puis un psychiatre, et va leur dévoiler les raisons de son enfermement.

Enfant mal aimé dans sa famille, maltraité à l'école, lui qui aime tellement les livres, à l'avenir bouché par un contexte politique et économique déplorable, sa colère grandit avec lui jusqu'à ce qu'il rencontre Bella. Elle est vulnérable, il est là pour la protéger. Entre eux va naître un amour inconditionnel. C'est elle qui lui donnera le courage de se dépasser, jusqu'à ce que ...

L'auteur nous offre un court texte fort et bouleversant. Dans un style direct et dépouillé , il revient sur l'après Printemps Arabe qui a finalement changé peu de choses à la violence ambiante et au patriarcat.

Un monologue plein de rage et d'amertume qui fait mouche.

A découvrir

Extraits : "Comment m’est venue cette passion pour les livres ? On en avait à la maison, alors j’ai fini par mettre le nez dedans. Ne pensez pas que c’est mon père qui m’y incitait, de ce point de vue-là, il ne s’est jamais intéressé à moi, il ne m’a jamais rien appris. Ne pensez pas non plus qu’il a lu l’intégralité de sa bibliothèque ! S’il y avait des livres à gogo et de tout horizon, c’était pour impressionner la galerie, pour s’acheter auprès de ses collègues docteurs une réputation d’intellectuel. Oh, vous avez dans votre bibliothèque des écrivains russes ? Oh, vous avez dans votre bibliothèque des poètes sud-américains ? Oh, vous avez dans votre bibliothèque des philosophes allemands ? Mais en vérité, mon père ne lisait pas les livres qu’il achetait à bon prix ou qu’il récupérait grâce à son statut d’universitaire. Il lisait les torchons de la presse, comme le reste de la populace, et pensait qu’il pouvait avec ça se faire une opinion sur l’état profond du monde, et l’ouvrir à tout va sur tout et sur rien."

"Mon avenir était déjà condamné bien avant tout ça. Pourquoi ? Parce que je suis né ici, dans ce pays, parmi ces gens, parmi vous. Comment expliquer alors que trente jeunes du quartier se sont jetés dans la mer s’ils avaient un avenir ici ?"

"Mes potes du quartier et moi, nous n'étions pas les seuls à nous prendre cette déferlante de violence. J'ai l'impression que c'est une folie contagieuse. Celui qui l'attrape, il la refile promptement aux échelons inférieurs de la hiérarchie sociale. C'est une avalanche qui naît dans les sommets, qui déboule, qui s'abat sans retenue, et la vague finit tôt ou tard par vous atteindre. Personne ne s'interpose, ne fait barrage, n'est digue. Et plus vous êtes en bas, plus la vague est grosse, plus vous morflez. Au plus bas de l'échelle, il y a nous, les enfants du peuple. Et même les enfants n'étaient pas le terminus de la cruauté. Ils réussissaient à trouver plus faible qu'eux pour déverser ce qui les dévastait. Enfants plus petits, animaux, insectes."

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Sémi, de Aki Shimazaki

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Testuso et Fujiko vivent en maison de retraite. Mariés depuis plus de quarante ans, ils ont eu trois enfants et quatre petits enfants. Mais Fujiko est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Un matin, elle ne reconnait plus son mari et le prend pour son fiancé. Pour ne pas la heurter, on demande à son mari et sa famille de jouer le jeu. 

En revenant sur sa vie de jeune femme et en occultant sa vie maritale, Fujiko va révéler des secrets de famille qui vont déstabiliser Testuso. Les quarante années de mariage semble tout à coup être des années de mensonge, ou l'amour était falsifié.

J'ai trouvé ça triste et en même temps plein d'amour. Un amour enfoui pendant des années qu'une alteration va permettre d'éclore. métaphore des cigales (Sémi) qui ont une vie éphémère. 

Une écriture lente et poétique qui permet aux émotions de s'épanouir avec beaucoup de pudeur.

C'est le deuxième roman d'un cycle. Je n'ai pas lu le premier (Suzuran) mais ils peuvent se lire independamment. 

Extrait :

"Ma femme me demande :
— Vivre, qu’est-ce que c’est pour vous ?
Son expression est grave. Un instant, j’oublie qu’elle est atteinte d’alzheimer.
— Fujiko-san, c’est une grande question philosophique. Trop vaste pour y répondre en quel­­ques mots. Qu’en pensez-vous ?
— Pour moi, c’est aimer et être aimé. Si nous nous marions, je veux que nous nous aimions toute la vie."

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16 novembre 2022

Carnet de bord du 9 au 15 novembre 2022

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On était des loups de Sandrine Collette

on était des loups

Liam a décidé de vivre loin de la ville, des hommes et de son père qui l'a maltraité, dans des forêts montagneuses encore sauvages. Sa femme, Ava, l'a suivi dans son ermitage et Aru est né. Liam s'absente souvent puisqu'il vit de la vente des peaux des animaux qu'il a chassé. 

Quand il se retrouve soudain seul avec Aru, cinq ans, il est perdu. Il n'a pas noué de relations particulières avec cet enfant, laissant sa femme le gérer, et ne voit que les contraintes que cela va engendrer. 

Il décide de se séparer de son fils. Va alors commencer un road trip à cheval où nous suivons les pensées de cet homme taiseux. Cela donne des phrases souvent hachées, sans virgule, parfois assez frustres avec des réactions primitives. 

Sous son air bourru et revêche qui peut aller jusqu'à la violence et qui se rapproche de la force de la nature et du monde animal, se cache un coeur pur. On va suivre la prise de conscience de ce père, son désarroi, sa peur, son amour et on va voir peu à peu les liens se nouer entre père et fils.

Même s'il y a des passages assez durs et anxiogènes, je trouve qu'il y a beaucoup de luminosité dans ce livre. 

Un très beau récit initiatique.

Extrait : " [...] toute cette vie devant nous c'est trop grand. Quand Ava était là la question ne se posait pas. C'est le jour où elle est morte que j'ai compris que le monde sans quelqu'un pour qui on donnerait tout c'est l'enfer, et pour moi l'enfer c'est quand il n'y a plus de sens, où que tu ailles ça sonne creux. Quand c'est creux c'est vide ce n'est pas compliqué tu tends la main il n'y a rien ni personne. C'est comme ça que je voyais la vie et je n'avais pas remarqué qu'il y avait aussi le môme et que c'était important. Peut-être qu'il était trop petit pour que je le prenne en compte ou alors c'est mes yeux. Ou parce qu'un enfant c'est une tâche immense, ça signifie s'occuper de quelqu'un d'autre que soi et je ne suis pas sûr qu'on en soit tous capable. C'est étrange que je n'aie jamais eu peur de rien, la nuit, l'avenir, les bagarres ou les bêtes sauvages, alors qu'un gosse ça ne passe pas. Je ne sais pas comment lui parler, comment le nourrir, où mettre les mains pour le porter. Maintenant je regarde ces années d'Ava j'aurais pu en profiter pour apprendre mais non. Puisqu'elle le faisait moi je n'avais pas besoin. Il y a plein de choses c'est quand tu n'as plus le choix que tu t'y mets et pourtant ça ne veut pas dire que tu ne vas pas les aimer. Tout ça je n'arrive pas à l'expliquer à Aru, j'ai l'impression de chercher des excuses et des excuses je n'en n'ai pas."

 

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Céleste "bien sûr, Monsieur Proust" de Chloé Cruchaudet

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Printemps 1913. Céleste est une jeune mariée arrivée de sa Lozère natale et perdue à Paris. Odilon son mari, chauffeur de taxi, lui trouve un petit emploi de courrière auprès d'un de ses clients : Marcel Proust. De fil en aiguille, elle va finir par remplacer le majordome de l'écrivain, mobilisé à la guerre.

La voici au service de cet homme fantasque, qui passe une grande partie de sa vie dans son lit, refuse que l'on bouge la poussière, se dope à l'essence de café, demande qu'on aille lui chercher une sole au Ritz en fin de soirée et consume les jeunes secrétaires, bref, un homme pas du tout autonome, bourré de manies et qui veut que l'on soit à ses pieds.

Céleste, dont le mari à lui aussi été mobilisé, se retrouve seule avec l'écrivain et va lui consacrer toutes les heures de ses jours et ses nuits. Elle est corvéable à merci mais on ne peut pas dire non plus qu'elle se sacrifie puisque ce travail lui permet, non seulement de gagner un salaire, mais aussi de s'émanciper. Elle lui voue un amour platonique sans faille (extrait d'une de ses interviews : « Je l'étais vraiment prisonnière, j'étais prisonnière volontaire, c'est entendu, je ne sortais pas. Je ne faisais que rester à ses ordres et à ses appels. Alors toute la nuit il écrivait, ou il me demandait [...] J'ai vécu avec cet homme avec une intensité de plaisir, de joie, de son charme, de sa conversation, de l'homme extraordinaire qu'il était ; et il a rempli ma vie". 

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Au-delà du travail d'une simple gouvernante, elle va devenir indispensable, autant dans le quotidien que dans le travail de l'écrivain, triant sa multitude de correction ou gérant ses rendez-vous.

Les dessins sont doux, dans des tons pastels. L'auteure se joue des cases. Cette inventivité graphique permet de suivre la cyclothymie de Marcel Proust, entre les méandres de ses pensées et ses lubies. Parfois les pages sont muettes, tant le graphisme suggère habilement les émotions. 

En plus des traits des protagonistes, les décors de Paris au début de la guerre, du Ritz ou de Cabourg sont très bien observés.

Une très belle bande dessinée qui me donne envie de continuer ma lecture de Proust, entamé il y a quelques mois. À l'ombre des jeunes filles en fleurs m'attend ! 

Retrouvez toutes les BD de la semaine chez Stephie.

 

 

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09 novembre 2022

Carnet de bord du 2 au 8 novembre 2022

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