le blog des fanas de livres

06 juillet 2022

Carnet de bord, du 29 juin au 5 juillet 2021

cb nov1

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Nos espérances de Anna Hope

nos esperances

J'avais beaucoup aimé "la salle de bal" de la même auteure, et sans être un coup de coeur, j'ai aussi beaucoup aimé celui-là.

Nous sommes dans les années 2000. Hannah, Cate et Lise sont trois amies insouciantes qui vivent en colocation dans une vieille maison victorienne en bordure du London Fields Park. Elles ont la trentaine et toute la vie devant elles. 

Il y aura des flashbacks avec leurs rencontres, des incursions dans l'avenir, chacune d'elles ayant pris un chemin différent. Leur vie familiale et professionnelle est parfois loin de ce qu'elles pensaient. Leur amitié va être mise à rude épreuve entre jalousie, maternité, amour ou tromperie.

On se laisse prendre dans ces parcours de vie, on ressent beaucoup d'empathie pour ces jeunes femmes. Certains thèmes abordés comme les relations mère-enfant ou la difficulté d'être mère sont plus profonds qu'il n'y paraît.

Un beau roman écrit avec beaucoup de finesse, de délicatesse et de réalisme.

Extrait : "Elles s'inquiètent de l'été, qui chaque année arrive un peu plus tôt, finit un peu plus tard - une inquiétude qui entache leur plaisir de ce bel après-midi de mai, telle une goutte d'encre noire mélangée dans l'eau claire. Avant tout, elles s’inquiètent de l’avenir, de leurs enfants, du monde dont ils vont hériter, un monde qui paraît si divisé, si rapide et toujours plus fragmenté. Elles s’inquiètent de la manière dont leur génération sera jugée par les suivantes, et si ce jugement sera sévère, elles s’inquiètent de savoir s’il reste encore du temps pour rectifier le tir, parce que, de plus en plus en ce moment, elles aimeraient que les générations suivantes regardent la leur avec fierté."

 

 

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La fille parfaite, de Nathalie Azoulai

la fille parfaite

Emprunté à mon groupe de lecture après un commentaire élogieux d'une amie... et bien je suis passée à côté ! 

Le livre s'ouvre sur le suicide d'Adèle. Pendue. C'est Rachel, son amie d'enfance, sa presque soeur qui est prévenue par la police. Adèle n'avait que quarante-six ans et semblait comblée avec un mari aimant, un garçon adoré et un métier de passion en recherche  mathématiques. La fille parfaite.

Pour tenter de comprendre, Rachel revient sur son amie, son caractère et leur amitié. Mais surtout sur cette différence majeure qui les éloignait et les reliait : Adèle, poussée par son père, était une enfant prodige en mathématiques et en a fait son métier. Tout tournait autour de cette matière : sa façon de voir la vie, son environnement. Rachel, au contraire, a grandi dans une famille de littéraire et s'est tournée vers le métier d'écrivain.

Et tout le livre tourne autour de cette dualité et de la jalousie qui en découle. Quel est le mieux, math ou littérature ?

J'ai trouvé que l'on tournait en rond à coup de "t'es ma copine, t'es plus ma copine". Cette rivalité entre les deux est malsaine et cela a rendu ma lecture plombante 

Une déception donc.

Extraits :

"Quand on est jeune, on prend tout pour soi, qui plus est quand on se sent un ver de terre à côté d'une étoile. Si Adèle m'avait évincée, c'est qu'elle se rendait enfin compte que je n'avais pour elle aucun intérêt et qu'avec moi, elle perdait son temps."

 "Sa mort me laisse donc la possibilité de ne plus me comparer, de me réjouir de l'avoir connue elle et, grâce à elle, d'avoir fait entrer tous ces affluents du savoir dans ma bulle d'écriture à l'instar de Flaubert qui voulait faire aussi bien que le scalpel de son père... "

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29 juin 2022

Carnet de bord du 22 au 28 juin 2022

cb nov

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La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr

la plus secrère mémoire des hommes

Une amie de mon groupe littéraire l'avait reçu à Noël mais n'avait pas envie de le lire. Curieuse de nature j'avais envie de tenter, elle me l'a donc prêté.

Diégane, jeune auteur d'origine sénégalaise, étudiant en France, est à la recherche de son style, sa singularité. Un soir d'août 2018, il rencontre une autre auteure sénégalais, Siga D, qui va lui faire découvrir un roman mythique, "le Labyrinthe de l'inhumain" d'un certain T.C. Elimane. 

Ce roman, paru en 1938, a tout d'abord été encensé par la critique, qualifiant son auteur de « Rimbaud nègre », avant d'être descendu pour des accusations de plagiat. Retiré des ventes, sa petite maison d'édition va devoir fermer, et son mystérieux auteur d'origine sénégalaise, T.C. Elimane va disparaître.

Intrigué autant que fasciné, Diégane va commencer des recherches. 

Il va tout d'abord interroger Siga D, en possession de cet ouvrage rarissime car faisant partie de la famille de l'auteur. Mais il va aussi relire une enquête réalisée en 1948 par une journaliste, Brigitte Bollème. Celle-ci avait pu retrouver et interviewer une des éditrices de l'auteur.

Cette quête est en fait un support pour parler du pouvoir des livres, de la littérature et de tout ce qui gravite autour : écrivains, éditeurs, critiques ou même lecteurs.

J'ai aimé l'idée de l'intrigue, la poursuite de cet écrivain maudit et la reconstruction de son histoire et de celle de sa famille. J'ai aimé y voir des réflexions sur la littérature mais aussi sur la colonisation, les migrants, les cultures ...

Par contre, j'ai été perdue dans la construction du roman, multipliant les points de vue, passant d'un narrateur à l'autre, d'une époque à une autre, suivant le schéma labyrinthique des divagations de l'esprit. 

Dans la première partie, ça va encore, mais ensuite, les personnages et les thèmes se multiplient. Alors j'ai commencé à me perdre et à m'ennuyer. J'avais envie de savoir, mais j'ai trouvé ça très long.

J'ai en plus été déçue par la fin qui ne donne pas des réponses à toutes les questions posées (il faut dire qu'il y en a eu beaucoup !)

Une lecture en mi-teinte donc. Un beau sujet et des passages intéressants mais une lecture qui a été souvent laborieuse et qui ne me restera pas longtemps en mémoire.

Extraits : 

"Il était un avertissement qu’on n’a pas su entendre. Cet avertissement disait, à nous écrivains africains : inventez votre propre tradition, fondez votre histoire littéraire, découvrez vos propres formes, éprouvez-les dans vos espaces, fécondez votre imaginaire profond, ayez une terre à vous, car il n’y a que là que vous existerez pour vous, mais aussi pour les autres."

"N’essaie jamais de dire de quoi parle un grand livre. Ou, si tu le fais, voici la seule réponse possible : rien. Un grand livre ne parle jamais que de rien, et pourtant, tout y est. Ne retombe plus jamais dans le piège de vouloir dire de quoi parle un livre dont tu sens qu’il est grand. Ce piège est celui que l’opinion te tend. Les gens veulent qu’un livre parle nécessairement de quelque chose. La vérité, Diégane, c’est que seul un livre médiocre ou mauvais ou banal parle de quelque chose. Un grand livre n’a pas de sujet et ne parle de rien, il cherche seulement à dire ou découvrir quelque chose, mais ce seulement est déjà tout, et ce quelque chose aussi est déjà tout."

 

 

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Aya de Yopougon de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie

Aya

C'est une relecture pour moi, et toujours avec le même plaisir.

aya2

Dans les années 80, un quartier d'Abidjan avec ses tantines et tontons, ses filles qui cherchent à bien se marier ou à partir en France, ses rencontres amoureuses... et Aya, qui veut devenir médecin et représente la sagesse.

Cette série en 6 volumes peut paraître assez puérile au début avec ces histoires de filles insouciantes, la débrouille quotidienne ... mais plus que cela ces BD abordent aussi les questions de la place des femmes, des traditions, de l'éducation et de la vision du "blanc" ou de la vie en France.

Le ton est réaliste et humain, les échanges souvent drôles dans un dialecte qui nous transporte en Afrique, avec aussi une pointe de causticité.

Le trait est simple, faussement naïf, et les couleurs joyeuses. Cela donne le ton de cette BD, à la fois légère et piquante.

Une belle galerie de personnages

Un très bonne bande dessinée ou l'on retrouve le langage parlé et les préoccupations de ce morceau d'Afrique en évolution, entre tradition et modernisme.

Retrouvez toutes les BD de la semaine chez Moka.

 

 

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22 juin 2022

Carnet de bord du 15 au 21 juin 2022

cb nov1

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Au poil de Sophie Adriansen

Au poil

Livre reçu lors de l'opération masse critique de Babelio. Je l'avais repéré chez Noukette et Jérôme dans leurs pépites jeunesse et chez Antigone, et j'étais ravie de le recevoir.

Salomé, en troisième, est un peu inquiète quand sa mère prend rendez-vous pour elle chez l'esthéticienne pour une épilation. Il faut dire que jusqu'à maintenant ses poils ne l'ont jamais gêné. Sa meilleure copine, Mafalda, qui est déjà une pro de l'épilation l'encourage à y aller.

Ce rendez-vous est un pensum pour Salomé qui va passer un mauvais moment douloureux. Juste après cet épisode, elle part en voyage scolaire en Allemagne où elle va découvrir, sidérée, que les poils ne sont pas un problème pour les allemandes. Que ce soit sous les aisselles ou aux jambes, l'épilation n'est pas un diktat comme en France.

Bien décidée à garder ses poils, elle va devoir faire face aux réflexions et moqueries des collégiens. 

Ce qui est intéressant dans ce petit ouvrage, c'est que la réflexion de Salomé se fait petit à petit, au fil de ses expériences, rencontres ou recherches. Ce n'est pas un manifeste contre l'épilation puisqu'on entend aussi la voix de Mafalda, la copine de Salomé, rigoureusement contre les poils. Il y a quelques pages sur l'histoire de l'épilation et de nombreux échanges avec sa mère et ses ami(e)s.

Un sujet actuel peu présent dans la littérature jeunesse, un point de vue relaté avec humour. J'ai juste regretté une certaine froideur dans l'écriture qui est assez factuel et du coup je suis restée un peu en dehors du livre. J'ai eu du mal à m'attacher à Salomé.

A mettre dans les CDI.

Extrait : "Aimer quelqu'un en lui demandant de s'enlever les poils, de perdre des kilos ou de se refaire le nez, ce n'est pas l'aimer vraiment. L'amour ne doit pas être conditionné."

 

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Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson

sur les chemins noirs

Après son accident, Sylvain Tesson est resté un certain temps coincé dans un corset sur un lit d'hôpital. Et il s'est promis, s'il remarchait, de traverser la France à pied. Un an après, le 24 août 2015, le voilà parti  du Mercantour pour rejoindre le Cotentin en traversant la Provence et le Massif Central. Sac au dos, il a décidé d'essayer d'emprunter uniquement des petites routes, celles qui sont indiquées en noir sur les cartes IGN au 25 000e .

On le suit donc dans ce voyage de baroudeur. Sentir peu à peu son corps, encore très endommagé, répondre aux sollicitations. Retrouver la plénitude de dormir en pleine nature. S'arrêter sur la beauté qui nous entoure, sans aller à des milliers de kilomètres. Partager, parfois, quelques jours avec un ami. Faire le constat amer de l'industrialisation des campagnes et villages.

J'ai admiré cette force de se relever, d'aller de l'avant quelques soient les souffrances.

J'ai aimé découvrir ces régions par le côté des ornières et des sentiers. Voir à travers l'oeil de l'auteur toute la beauté de ces paysages encore sauvages.

J'ai eu plus de mal avec son écriture que j'ai trouvé parfois trop "ampoulée" pour ce genre de récit et sa posture assez intellectuelle quand il s'agit de réflexion sur la société.

Une lecture en demi-teinte, donc.

"Passages secrets, les chemins noirs dessinaient le souvenir de la France piétonne, le réseau d'un pays anciennement paysan. Ils n'appartenaient pas à cette géographie des "sentiers de randonnées", voies balisées plantées de panonceaux ou couraient le sportif ou l'élu local. Même à proximité d'une agglomération, la carte au 25 000livrait des issues : une levée de terrain, un talus discret, une venelle. Partout, l'ombre avait des survivances. Jusqu'au coeur des zones urbaines s'enfonçaient des coulées. Si renards et furets réussissaient à gagner le centre des villes d'Europe par les fossés et les contrescarpes, nous aussi pouvions tenir sur des fils invisibles. Relier ces chemins à travers le pays ralentirait ma progression mais offrirait des avantages : ne pas s'infliger les traversée périurbaines, éviter la brûlure du goudron."

" Tout corps après sa chute -- pour peu qu'il s'en relève -- devrait entreprendre une randonnée forcée. L'effort, depuis le Mercantour, faisait son office de rabot, ponçait mes échardes intérieures. Je demeurai ce soir-là assis sur un banc de pierre contre le mur d'une maison, devant les prés salés. En face, la ligne de côte de Cancale. Au nord, la brume gazeuse de la mer et du ciel. Au sud, une lumière de tableau italien. C'étaient le moment de faire mes dévotions à la marche, à ma mue, à ma chance."

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15 juin 2022

Carnet de bord, du 8 au 14 juin 2022

cb nov

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