le blog des fanas de livres

25 janvier 2023

Carnet de bord du18 au 24 janvier 2023

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Les jours brûlants de Laurence Peyrin

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1976 aux Etats-Unis. Joanne a une vie très tranquille de petite bourgeoise américaine. Mari médecin, femme au foyer, deux enfants, du bénévolat ... Un matin, elle est agressée dans la rue par un junkie qui lui vole son sac et la fait tomber de son vélo. C'est la première fois qu'elle fait face à de la violence, et cela va provoquer  une rupture en elle et annihiler toute confiance, toute capacité à rendre les siens heureux. C'est la descente psychologique, elle se sent toxique pour sa famille. Tout ce qui était positif avant, sa famille, ses amis, devient négatif. Elle cherche à sortir de sa vie.  Elle qui était apprêtée, qui cuisinait, était joyeuse, se laisse aller, se met à boire et s'échappe d'elle-même par des actes aberrants. Jusqu'à ce que ...

Bon, clairement, ce genre de livre estampillé "Un roman subtil, viscéral, une magnifique histoire de femme" n'est pas pour moi. Je n'ai ressenti aucune empathie pour Joanne que j'ai trouvé frivole et capricieuse. Bien sûr une agression et la dépression peuvent vous changer complètement, mais là elle est entourée, choyée. On lui propose de l'aide. En fait c'est quelqu'un qui n'a jamais eu à faire face à l'adversité et qui se laisse complètement aller dès qu'elle a un problème. Pauvre petite ! Une magnifique histoire de femme, pour moi, c'est l'histoire de Simone Veil ou Malala Yousafzai, des femmes résilientes qui ont su persévérer malgré les difficultés, pas une péronnelle qui s'effondre au premier souci.

L'écriture est fluide et assez plate : "Elle se passa de rouge à lèvres, étalant un soupçon de vaseline à la place, enfila un pantalon corsaire et une tunique à fleurs et alla enfourcher son vélo, heureuse du soleil de juin qui lui dégringolait dans le dos", c'est d'un poncif ! De plus de nombreux anachronismes parsèment le livre, du coup on a du mal à se croire en 1976. 

Bref, une déception.

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Liv Maria, de Julia Kerninon

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Liv Maria est née sur une petite île française, d'un père norvégien et d'une mère ilienne. Sa vie est toute tracée, reprendre le café familial et pêcher avec ses oncles. Mais un incident de parcours va en décider autrement.

Elle va être obligée de quitter l'île. Elle se retrouve à Berlin, chez sa tante. Adolescente perdue et déracinée, elle se raccroche à un amour avec son enseignant marié. Première désillusion d'amour. La suite de sa vie sera une succession d'aventures, de bonheurs et de drames entre amours, chevaux, voyages et création d'un empire.

Le portrait d'une femme éprise de liberté, une personnalité attachante. Liv Maria est pleine de contradictions, fragile et affirmée, libre mais attachée à ses amours.

L'auteur nous décrit bien ses atermoiements, ses déchirements, mais un peu trop de rebondissements ont fini par me perdre.

L'écriture est fluide et agréable. J'ai passé un bon moment en compagnie de ce livre mais je ne garderais pas longtemps souvenir de ma lecture.

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18 janvier 2023

Carnet de bord du 11 au 17 janvier 2023

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Beyrouth-sur-Seine, de Sabyl Ghoussoub

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Je ne m'attache pas beaucoup aux prix littéraires, sauf à celui du prix Goncourt des lycéenq que je trouve toujours pertinent. Je me suis donc laissé tenter cette année encore, et pour la première fois depuis de nombreuses années, c'est une déception.

L'auteur interview ses parents, d'origine libanaise, sur leur venue en France en 1975, sur la guerre au Liban et l'impossibilité de rentrer, sur leur vie en France, leur difficile intégration et le fait que, près de cinquante ans après, ils se sentent toujours plus libanais que français.

En fait, par ces interviews, l'auteur tente de se réapproprier sa vie et se pose la question de son appartenance à une nationalité, française ou libanaise.

J'ai eu beaucoup de mal à lire ce livre parce que je n'ai ressenti aucune émotion. Le père ne délivre jamais ses sentiments, et la mère ne parle que de son regret de ne pas avoir vécu au Liban avec sa famille. L'auteur est d'ailleurs abasourdi que sa mère soit fière d'un de ses frères qui a était présent lors d'un massacre. 

En ce qui concerne la guerre du Liban, L'auteur nous donne des faits, souvent mélangés, sans chronologie. Ses oncles font partie de plusieurs milices : phalangistes, Hezbollah où pro-palestiniens et changent parfois de camps. Lui-même ne comprend pas, malgré toutes ses recherches, les tenants et aboutissants de la guerre au Liban, ce qui ne nous aide pas à appréhender cette lutte armée.

Un roman que j'ai trouvé brouillon et froid.

Extrait : "Mon père, lui, je ne comprends pas ce qu'il fait durant toutes ces années. Il reste vague. La vie de mes parents, c'est comme la guerre du Liban. Plus je m'y plonge, moins j'y comprends quelque chose. J'arrive à situer les protagonistes, quelques moments me restent, puis ensuite, je me perds. Trop de dates, d'évènements, de trous, de silences, de contradictions. Je me demande si cela m'intéresse vraiment d'y comprendre quelque chose. Finalement, à quoi bon ? Qu'est-ce que cela m'apporterait de tout savoir, tout comprendre, tout analyser ? Rien, je crois fondamentalement que je n'y gagnerais rien, à la limite, je perdrais mon temps."

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Khat, journal d'un réfugié de Ximo Abadía

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Nous travaillons avec les quatrièmes sur le thème des migrants, et du coup, quand j'ai vu ce roman graphique traitant de ce sujet, j'ai demandé à le recevoir. Merci à l'éditeur pour l'envoi.

L'auteur a interviewé Nathan, un migrant d'origine érythréenne arrivé à Valence en 2018, sur un bateau de réfugiés sauvés de la noyade. Il nous dévoile son parcours, épouvantable, depuis la fuite de l'Erythrée vers l'Ethiopie avec son père, alors qu'il n'est encore qu'un enfant. La vie dans un bidonville, la difficulté de subsister, le racisme et puis la descente en enfer quand il se retrouve en prison. Maltraitance, violence sont son quotidien.

Le seul moyen de s'en sortir, c'est de fuir vers l'Europe, cet eldorado où il y aura du travail et des conditions de vie acceptables. Un long périple l'attend : Soudan, Tchad, Égypte, Libye... Des pays traversés dans la peur, la faim et la torture avec, malgré tout, quelques lueurs d'humanité.

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Ce n'est pas une bande dessinée "classique" avec des phylactères et des cases.

Les illustrations sont réalisées à la craie grasse avec une unité de tons dans les orangés.

Et si l'on peut penser, au premier abord, que les dessins sont enfantins, ils sont en fait extrêmement bien maîtrisés, montrant plusieurs points de vue sur une seule page, nous laissant découvrir le quotidien avec une grande force évocatrice. Parfois, l'horreur est si totale que des pages noires coupent le récit.

 

Un témoignage qui prend aux tripes

Retrouvez toutes les BD de la semaine chez Noukette.

 

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11 janvier 2023

Carnet de bord du 04 au 10 janvier 2023

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Le choix de Viola Ardone

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Livre reçu à Noël sur les recommandations d'une libraire. Un grand merci à celle-ci et à la mère-noël.

Nous sommes dans un petit village sicilien dans les années 60. Comme dans beaucoup de famille, les enfants des Denaro n'ont jamais quitté le village. Les deux filles sont élevées dans l'idée qu'il ne faut pas faire de bruit, pas regarder les hommes, se tenir au large des garçons et attendre l'âge de 16 ans pour pouvoir se marier. "Les règles des filles, c'est : marie-toi, fais des enfants et entretiens la maison." alors que leur frère a plus de liberté. 

Pour Oliva Denaro, un peu garçon manqué, qui aime aller aux aurores à la chasse aux escargots ou aux grenouilles avec son père, courir à "coupe-souffle" dans les rues du village et imaginer des formes dans les nuages avec son ami Saro, tout change quand elle devient nubile.  Elle ne peut plus vivre aussi librement, doit porter des jupes sous les genoux, ne pas se promener seule et attendre qu'un homme la prenne pour fiancée. Il y a bien son amie Liliana, dont le père est communiste, qui essaye de lui ouvrir d'autres possibles comme un métier d'institutrice et une indépendance financière, mais tout ça semble très loin d'Oliva.

Et puis, arrive un grain de sable dans le rouage immuable de sa vie. Un garçon qui la courtise alors qu'elle ne veut pas de lui. Un beau garçon entreprenant, issu d'une famille aisée, qui ne comprend pas son "non". Mais refuser de se soumettre à la décision d'un homme, c'est aller contre les traditions ancestrales, contre le mythe de l'honneur,  contre la loi du "mariage réparateur", et c'est donner du grain à moudre à tout le village et aux "langues-coupantes". C'est aussi la famille qui reçoit des menaces et des intimidations.

C'est Oliva qui parle et on suit son parcours, les joies de sa jeunesse un peu sauvageonne, ses premiers émois d'adolescente, sa méconnaissance totale de la vie en dehors du village et de la vie maritale et enfin son choix. C'est une jeune fille obéissante et intelligente, qui rêve d'une vie tranquille de femme au foyer et qui va se retrouver au coeur d'une machination ou l'honneur se heurte à l'horreur.

Et puis il y a le père, taiseux et sensible qui soutient sa fille comme il peut avec parfois de la maladresse "Tout à l'heure, tu m'as demandé ce que je fais. Eh bien voilà [...]. Quand tu trébuches, je te soutiens." la mère droite et sévère  ; la grande soeur perdue et le frère jumeaux qui profite de sa liberté de garçon.

C'est un beau portrait de l'intimité d'une jeune fille qui passe de l'innocence à la pesanteur. Une histoire de courage, d'amour familial, avec la revendication, non pas d'être libre, mais d'avoir le droit de choisir. Ce portrait est inspiré d'une histoire réelle, celle de Franca Viola.

C'est aussi toute une époque où l'émancipation de la femme est lointaine. On grandit avec Oliva et au fil des années, on apprend à comprendre le contexte, la supériorité masculine, les traditions archaïques et les mentalités d'une culture patriarcale.

L'écriture est fluide, très imagée et parsemée de réflexions qui sentent la chaleur de cette terre sicilienne. Une écriture où les silences sont aussi importants que les paroles.

Extraits :

« Une fois, alors que nous faisions de la grammaire, elle nous avait dicté cette phrase : "La femme est l'égale de l'homme et elle possède les mêmes droits." Nous nous étions toutes penchées sur nos cahiers et nous avions commencé l'analyse : la, article défini, féminin singulier ; femme, nom commun de personne, féminin singulier. Mais moi, ce féminin singulier me paraissait bizarre.
"Maîtresse, il y a une erreur dans l'exercice", avais-je dit, prenant mon courage à deux mains [...] "La femme au singulier n’existe pas. Si elle est à la maison, elle est avec ses enfants, si elle sort c’est pour aller à l’église, au marché ou aux enterrements, où il y a toujours d’autres femmes. Et s’il n’y a pas de femmes pour la tenir à l’œil, il faut qu’elle soit accompagnée par un homme [...] Moi, une femme féminin singulier, je n’en ai jamais vu », avais-je poursuivi timidement."

"Je ne sais pas si le mariage je suis pour, je ne veux pas finir comme Fortunata... C'est pour ça que je cours tout le temps dans la rue : l'air qu'expirent les garçons est comme celui d'un soufflet qui aurait des mains et pourrait toucher ma chair. Alors je cours pour devenir invisible, je cours avec mon corps de garçon et mon coeur de fille, je cours pour toutes les fois où je ne pourrai plus, pour mes camarades qui portent des chaussures fermées et des jupes longues, qui ne peuvent marcher qu'à petits pas lents, et puis aussi pour ma soeur qui est enterrée chez elle, comme une morte, mais vivante."

"Mais c'est aussi la faute des femmes. Ce sont elles qui transmettent à leurs filles ce qu'on leur a appris, à elles. Si les mères expliquaient le respect de la femme et la parité à leurs garçons, si elle permettaient à leurs filles de vivre librement, sans restrictions, si elles les laissaient suivre des études et se préparer à avoir un travail... La mentalité, c'est la faute de qui ? Seulement de l'homme, ou de la femme aussi ? Moi, je pense que le changement doit venir des femmes !"

Derrière le rideau, de Sara del Giudice

derrière le rideau

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Nous sommes en Provence, entre 1937 et 1942.

Yaël et Emilie sont deux petites filles qui vivent normalement, même si la perte de leur mère de maladie les a touchées trop tôt. Cette mère était juive, alors que leur père ne l'est pas. Elevées loin de la synagogue, mais avec une identité juive acceptée, elles vont subir peu à peu les effets des lois raciales qui foisonnent après la capitulation. Ce sont des regards, des insultes, des dénonciations ...

Et même si leur père et leur gouvernante essaye  de les préserver, elles prennent peu à peu conscience de ce que veut dire "être juive" dans un contexte antisémite qui touche leur propre famille, leurs grands parents maternels n'ayant jamais accepté que leur fille épouse un "goy", les grands parents paternels ayant la haine des juifs.

Il n'y a pas d'atrocités montrées, tout est suggérés, comme cette mère qui crie le prénom de son enfant au dessus des décombres d'un l'immeuble,  les soirées dans les caves à la suite des bombardements ou les rafles des familles juives de l'est en zone occupé.

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Tout se fait doucement mais inéluctablement. La tension et les exactions se font de plus en plus présentes au fil du temps.

Le trait est un peu naïf ce qui permet de se focaliser sur l'histoire, les couleurs sont douces, avec des tons un peu surannés qui correspondent à l'époque.

Une bande dessinée qui traite avec beaucoup de sensibilité de cette période trouble et écrasante. Touchant.

En fin d'ouvrage, un contexte historique et un glossaire permettent de mieux comprendre la situation.

Retrouvez toutes les BD de la semaine chez Moka

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04 janvier 2023

Carnet de bord du 21 décembre au 4 janvier 2023

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