le blog des fanas de livres

13 décembre 2019

La table, de Claude Ponti

LA TABLE PONTI

Ah, Claude Ponti ! Des grands moments de lecture avec les enfants (surtout Petronille et ses 120 petits). Alors quand, avec ma fille, on a vu ce livre à la bibliothèque, on n'a pas hésité.

Et on retrouve dans cette pièce de théâtre l'univers un peu déjanté de cet auteur.

Tout commence avec l'achat par un couple d'une table et six chaises, immenses. Cette table va les suivre à tous les moments de leur vie et devient en fait le pivot de leur couple, le témoin de leurs différentes situations. C'est une table pour recevoir, mais aussi un piédestal, une voiture, un radeau ... tout dépend de la façon dont elle est posée sur la scène. Le couple change d'âge à chaque scène, sans lien chronologique et devient tour à tour parents, enfants, jeune couple ou grands-parents.

Cela peut paraître complètement absurde ou délirant quand le couple parle du verglas sur les places boursières, d'étourneaux qui volent comme un banc de sardine ou quand pendant toute une scène ils se lancent dans un chanson paillarde qui m'a fait bien rire !  Mais l'auteur, à travers ces petites scènes, questionne sur la vie de famille, la société de consommation (avec des voix off proposant des articles de magasin) et croque en fait une critique sociale pas si déjantée.

En résumé, un couple qui s'aime, qui se déchire, qui reçoit, parle de la mort, est débordé ... et une table bien solide qui est témoin de toute cette vie.

Étonnant.

Extrait : 

“Elle

Comme nous cette table est la même et dans le même temps, dans la même pièce, elle n’est pas la même… Nous ne pouvons que changer, pour rester nous même…

Lui

Cette table…tu te souviens quand on l’a achetée…

Elle

Un jour, après notre mort, cette table parlera à nos enfants… elle leur dira tout ce qu’ils ont oublié et tout ce qu’ils savent, dans les couleurs du bois, tout ce qui coule dans ses veines immobiles et qui est aussi leur vie…”

Posté par Gambadou à 05:52 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

10 décembre 2019

Protocole gouvernante, de Guillaume Lavenant

protocole

Difficile de faire un résumé de ce livre et de son style très particulier.

Une femme se fait embaucher en tant que gouvernante pour s'occuper d'Elena. Mais au lieu de raconter son histoire, on va suivre le protocole qu'elle va tenir à la lettre et qui prévoit tout : les rencontres, les gestes, les paroles, les regards, l'attitude, les sentiments ... Tout pour être une jeune fille parfaite. Et pourtant, plus la lecture avance, plus on sent une tension s'immiscer et les faits et gestes de cette gouvernante deviennent dérangeants. 

Au-delà de l'histoire, c'est le style qui étonne. C'est une sorte de manuel à la deuxième personne du pluriel. Les chapitres sont courts, représentant à chaque fois une étape pour inspirer la confiance tout en distillant un grain de sable dans les rouages.

Un livre d'anticipation que je n'ai pas lâché, même si j'ai parfois trouvé que ce guide était un peu redondant et très froid, comme peu l'être une notice d'emploi. Mais on est pris dans la spirale, on veut savoir, comprendre, et nous sommes manipulés comme les parents d'Elena.

On peut interpréter ce livre comme on le souhaite, anticipation, dystopie ou satire d'intégristes sans âme ? Critique de la petite vie réglée dans un lotissement ou révolution planétaire ? En tout cas il ne laisse pas indifférent et vous en sortez avec pas mal d'interrogation.

Extrait : "Ils traîneront quelques temps sur ce parquet qui, même s'ils le regardaient, leur semblerait toujours aussi neuf, aussi beau, vous annonçant qu'ils vont s'occuper d'Elena, sans faire mention de la veille, sans faire mention de l'heure tardive de leur réveil, tirés à quatre épingles, talonnettes au sol et son mat, il vous semblera tout à fait improbable qu'ils ne remarquent rien, pourtant d'autres jours suivront où ils reviendront le soir, aussi immanquablement qu'ils vous quitteront le matin, sans jamais soupçonner quoi que ce soit de ce qui grossira sous leurs pieds, même lors de cette énième soirée où, fatiguée de l'attente, de vos gestes toujours les mêmes, de leurs paroles toujours les mêmes, de ces rituels identiques, de ces attitudes répétées, fatiguée de devoir suivre dans l'ordre ces matins quotidiens, de devoir contenir votre révolte, ne sachant plus très bien d'ailleurs ce qui l'anime, ni s'il faut l'appeler ainsi, accablée de devoir poursuivre alors que vous voudriez simplement vous étendre sans devoir trahir à nouveau, sachant qu'il n'y a rien, ni personne, à trahir, disait Lewis, juste des lignes et des corps, juste la décision d'aller au bout de ce que vous vous êtes vous mêmes proposé d'accomplir, et d'autres avec vous."

Posté par Gambadou à 05:54 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
07 décembre 2019

Chien-Loup de Serge Joncour

chien loup

Un livre qui tourne dans mon groupe de lecture avec de bons avis, j'avais donc hâte de le lire.

Lise, ancienne actrice, rêve de vacances au calme, loin de tout. Elle pense avoir trouvé le bon endroit avec cette maison proposée à la location située en haut d'une colline dans les Causses du Quercy. Pas de voisins, pas de réseau. Franck, son mari, réalisateur, est un peu désemparé par ce choix mais la suit.

Un siècle auparavant, pendant la première guerre mondiale, une autre histoire a eu lieu dans cet endroit considéré comme maudit par les gens du village. Les hommes étaient partis à la guerre, et c'est un dompteur allemand fuyant les combats qui va s'installer dans cette maison avec l'idée de sauver ses huit lions et tigres. Une fuite, des peurs, un amour ...

Les deux histoires se croisent de manière alternative à chaque chapitre.

D'un côté un couple en prise avec la nature qui revient au fondamentaux, elle qui se sent libérée, lui qui se sent vulnérable et qui est confronté à son côté bestial et à sa peur. De l'autre un homme face aux peurs des autres, qui travaille avec des animaux sauvages et qui rencontre une femme qui s'ouvre à ses désirs.

On peu retrouver beaucoup de thèmes dans ce roman : la solitude, les croyances, la bestialité, la rivalité, l'amour, les guerres intestines. ...

J'ai aimé les descriptions de la nature : on ressent la chaleur étouffante, le silence de la nuit, les angoisses face à des bruits inconnus, et j'ai ri devant la  la vision de ces jeunes parisiens qui font une randonnée mais qui sont perdus parce qu'il n'y a pas de réseau et du coup ne savent pas combien de pas ils ont fait ou quel est leur rythme cardiaque.

Par contre j'ai été gênée par des redites, par le fait que, si des pistes sombres sont tracées tout au long de l'histoire, elles n'aboutissent pas à la fin et par le peu de lien entre les deux périodes, si ce n'est le lieu.

Une lecture en demi-teinte.

Extrait  : "Cette maison le plongeait non seulement dans un isolement radical, en haut des collines et loin de tout, mais elle le plaçait aussi en surplomb de sa propre vie, de lui même en quelque sorte. A une altitude propre aux tours de vigie, une position qui permet de voir d'où vient l'ennemi. Il se savait lié à elle par un pacte, comme si cette bâtisse et ce chien cherchaient depuis le début à lui révéler des choses sur lui-même. Là-haut, tout évoquait une forme de sérénité, de tranquillité immense, tout en étant au coeur d'une nature sauvage à la violence totale. Cet univers de collines boisées invitait à la paix, mais le chien l'avait éveillé à tous les réseaux de rivalités, les merles, les geais et les mésanges, elle-mêmes, tous ne chantaient que pour ce tenir à distance, dans ce no man's land tous les animaux s'épiaient et se surveillaient, avec l'inexorable arrière-pensée de savoir qui mangerait l'autre."

Posté par Gambadou à 05:53 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
04 décembre 2019

Apprendre à tomber, de Mikaël Ross

apprendre à-tomber

apprendre à tomner inter

Dans le village de Neuerkerode, des personnes avec ou sans handicap partagent leur vie, leur travail, leur temps libre.  Plus de 800 personnes ayant un handicap mental y vivent. C'est en 1868 qu'un pasteur protestant a créé cette fondation pour l'inclusion et la participation des personnes handicapés. Cent cinquante ans plus tard, c'est près de trois mille collaborateurs salariés qui prennent soin de plusieurs milliers de personnes dépendantes.

L'auteur, Mickaël Ross, a vécu en immersion à Neuerkerode afin de rendre compte du quotidien des habitants : entraide, rencontre, discussion, humour, violence, amitié, amour, jalousie et bien sûr tolérance.

Dans cette BD, Noël est un jeune garçon handicapé mental qui vit avec sa mère à Berlin. Malheureusement, celle-ci est victime d'un AVC « ah-vécé », et Noël qui n'a pas d'autre famille est envoyé dans ce village. Lui qui a toujours vécu avec sa mère, l'arrivée est rude, mais avec l'aide de la communauté, il va rapidement prendre ses marques, faire confiance aux éducateurs et se lier d'amitié avec d'autres habitants.

Des instants de vie découpés en chapitre où l'on suit le destin de Noël durant environ un an. Comme il est très sensible et qu'il côtoie des personnes qui le sont aussi, c'est parfois explosif, souvent émouvant ou drôle mais jamais honteux ou triste. Il y a une grande tendresse qui passe à travers ces histoires et ces dessins aux crayons assez simples. 

Un roman graphique qui témoigne de l'importance de l'intégration de ces déficients mentaux qui peuvent vivre seuls pour peu d'être légèrement encadré. Où comment apprendre à tomber pour mieux se relever.

Une belle découverte, non seulement de lecture, mais aussi de l'existence de ce village unique en Europe.

Vous pouvez trouver le reportage qu'Arte sur ce village et l'auteur de cette BD ici.

Posté par Gambadou à 05:51 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags : , , ,
01 décembre 2019

Aurora : l’expédition fantastique, de Vashti Hardy

aurora    bulle conversations AURORA  coeur

Un livre jeunesse que je n'ai pas lâché.

Arthur et Maudie sont deux jumeaux qui apprennent assez brusquement que leur père, explorateur de contrées lointaines, est mort sur le troisième continent lors de sa dernière expédition, et qu'en plus il a volé du carburant à des concurrents.

Orphelins, ruinés, expulsés, ils sont obligés de travailler en tant que serviteurs chez un couple digne des Thénardier. Leur intime conviction leur dit que leur père n'est pas le voleur que l'on présente, et, en plus, un faisceau de signes leur fait penser qu'il n'est peut être pas mort. Afin de rétablir la vérité, ils vont réussir à faire partie d'une nouvelle expédition à bord du dirigeable Aurora. Cette aventure va les mener à la rencontre d'animaux fantastiques, de contrées inexplorées. Ils vont aussi devoir faire face à des attaques et des trahisons, certaines personnes ne voulant pas qu'ils trouvent la vérité.

Dans cette quête, ils sont aidés et soutenus par la capitaine du dirigeable, une jeune femme énergique et pleine de ressources, par la cuisinière qui les prends sous son aile de manière maternelle, et par tout l'équipage.

Maudie et une jeune fille intelligente, débrouillarde et très douée avec la mécanique. Arthur, lui, est plus sensible, plus rêveur. Avec chacun leur caractère, ces deux jumeaux sont attachants.

Les nombreux rebondissements rendent la lecture prenante, on a vraiment envie de savoir ce qu'il va se passer. L'aventure nous tient en haleine tout du long. Il y a aussi de beaux messages sur l'amitié, l'entraide, la trahison ... avec une pointe de message écologique.

Un livre jeunesse sans mièvrerie, mélange des mondes de Philipp Pullman et Jules Verne, que j'ai eu grand plaisir à lire. Même si il s'agit d'un tome 1, l'histoire se termine, et j'ai hâte de découvrir une nouvelle aventure de ces deux jumeaux.


30 novembre 2019

Mois par moi, novembre

Cinéma "hors normes" - émouvant et puissant / c'est reparti pour un tour / une IRM de contrôle, tout va bien / deux nouveaux fauteuils, cool / un lumbago qui s'invite, ça fait mal / une vente éphémère de plantes - de quoi verdir l'appart / un mercredi administratif entre la banque qui augmente sans prévenir le montant de gestion du compte, la taxe d'habitation d'un logement quitté il y a plus d'un an à annuler, l'avocate qui ne répond pas, le déménageur qui n'accepte pas de reconnaître des trous dans le mur dans l'ancien logement, une bourse qui prend son temps, le Cesu+ à mettre en route ...   / oh, tout mon mois par mois qui s'efface - grrrrrr / enfin des luminaires, des porte-serviettes et des tableaux  / cinéma "la belle époque" - très bien joué /

20191123_120316

Posté par Gambadou à 12:33 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
26 novembre 2019

La panthère des neiges, de Sylvain Tesson

la panthère des neiges

Bon, je passais 7 jours chez mes parents, j'avais pris 5 livres jeunesse que je devais lire ... et comme ma mère venait d'acheter celui-là, et bien ... je lui ai piqué ! 

Sylvain Tesson y raconte son voyage au Tibet, en février 2018, où il accompagnait le photographe animalier Vincent Munier à la poursuite de la panthère des neiges. Deux autres personnes se sont joint à cette traque : un aide de camps philosophe et une cineaste animalière amoureuse. 

Ensemble ils vont parcourir en voiture ou à pieds trois points stratégiques pour apercevoir tout d'abord des yacks, loups, vautours, antilopes ou poneys sauvages, puis cette fameuse panthère des neiges.

Quelle douceur ce livre, quel plaisir à lire bien au chaud près du feu quand on imagine les aventuriers sortir de leur sac de couchage au mileu de la nuit par -35°C et passer des heures sans bouger à l'affut.

Sylvain Tesson nous dévoile avec une écriture délicate la beauté des paysages. C'est une leçon d'attention à l'harmonie qui nous entoure. Lui qui a toujours vécu à cent à l'heure, voyageant, butinant de manière souvent frénétique, parlant ... il voit en l'affut la possibilité de s'imprégner de la sensibilité du réel, de s'emerveiller des formes du vivant.

Un éloge des grands espaces et de la vie au grand air qui mérite bien le prix Renaudot.  J'aurais juste aimé un livre à 4 mains, avec l'écrit de Sylvain Tesson et les photos de Vincent Munier.

Extraits :

"Pendant dix jours, tous les matins, nous battions les environs, traversions les glacis à grands pas (les enjambées de Munier). Au réveil nous mentions à quatre cent mètres au dessus du baraquement, sur les arêtes de granit. Nous les atteignions une heure avant le jour. L'ai sentait la pierre froide. Il faisait -25° C : la température n'autorisait rien, ni mouvement, ni paroles, ni mélancolie. Tout juste attendions-nous le jour dans un espoir hébété."

 

"- Ce tournis, ces rondes. On dirait des vautours au-dessus d'un cadavre dis-je.

- Le soleil et la mort, dit Léo. La pourriture et la vie, le sang dans la neige : le monde est un moulin

En voyage, toujours emmener un philosophe avec soi."

 

 "Pour l'instant, une nappe gelée cimentait les graviers. C'était la source, le Tao du Mékong, point zéro, futur roman. L'écoulement s'unifierait, ouvrant la voie dans la montagne. La douceur de l'air libérerait le débit, le filet se chargerait de vie : d'abord des animacules puis des poissons de plus en plus voraces. Le fleuve pousserait. Un pêcheur jetterait son filet, des villageois s'y abreuveraient, une usine verserait ses saletés : chez les hommes, tout finit dans un collecteur. L'altitude baisserait, l'orge pousserait. Plus bas, le thé, le blé, le riz enfin, et des fruits, un jour, au bout des branches. Des buffles se baigneraient. Parfois, un léopard croquerait un enfant dans les roseaux. On se consolerait vite, il en naissait beaucoup. On descendrait encore : des femmes puiseraient chaque jour une eau déjà chargée de bactéries, on commencerait à canaliser le lit. Les peaux fonceraient. Les filles sécheraient des draps orange sur les quais de pierres taillées et des adolescents plongeraient des tourelles, puis le courant ralentirait, les méandres se distendraient dans leurs propres alluvions, le fleuve rehausserait sa digue, l'horizon s'ouvrirait et se serait la plaine irriguée, éclairée par les centrales de l'amont. Pendant les jours de marché, des barges se toucheraient bord à bord, des serpents nageraient entre les cadavres à demi calcinés, et les États se disputeraient les rives, devenues frontières. Des patrouilles intercepteraient les passeurs. Les affaires suivraient leur cours, et enfin les eaux se mêleraient à la mer. Des touristes tout blancs nageraient dans les vagues. Sauraient-ils seulement que des panthères avaient un jour lapé ces eaux, du temps où elles appartenaient au ciel ?"

Posté par Gambadou à 06:08 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
23 novembre 2019

Une rivière dans les arbres, de Jacqueline O'Mahony

une rivière dans les arbres

J'aime quand les romans ont un fond historique, et du coup j'ai été très contente de recevoir ce livre qui revient sur l'histoire de l'indépendance de l'Irlande.

Deux époques qui se croisent à chaque chapitre.

Il y a Hannah, une jeune femme qui vit avec ses parents et frères et soeur dans une ferme d'Irlande vers 1920. Le pays est écartelé entre les indépendantistes dont font partie la famille d'Hannah, et les colons britanniques. Lorsqu'un petit groupe d'indépendantistes vient se cacher dans la ferme, la vie d'Hannah va basculer.

Il y a Ellen, lointaine descendante d'Hannah. Mariée à un anglais, malheureuse dans sa vie personnelle, elle retourne en Irlande pour racheter la ferme familiale mise en vente. Et c'est en revenant sur les terres ancestrales qu'elle a quitté à 18 ans qu'elle va faire des découvertes sur sa famille.

Deux destins, deux femmes solitaires et indépendantes qui vivent difficilement leur époque.

J'ai beaucoup aimé la vie d'Hannah, l'âpreté de la vie au début du XXème siècle dans la campagne Irlandaise, la férocité de la guerre d'indépendance mais aussi ses doutes, espoirs, envies et souffrances.

J'ai eu un peu plus de mal avec Ellen avec qui je n'ai pas ressenti d'empathie. J'ai compris ses blessures mais j'ai eu du mal avec ses malaises, ses pensées embrouillées, sa façon d'être.

Bien sûr les deux histoires vont se croiser mais nous n'avons pas toutes les réponses à la fin du livre.

Une structure assez classique, une écriture qui fait la part belle aux émotions intérieures des personnages, une Irlande rustique et indépendante, une histoire prenante (en tout cas pour Hannah).

J'ai regretté de ne pas avoir toutes les réponses à la fin du livre et qu'il n'y ait pas plus d'histoire de l'Irande dans l'histoire de ces deux femmes. Une lecture toutefois intéressante et agréable.

Extraits : "Il lui avait parlé comme si elle n'était rien - une mendiante venue frapper à la porte pour demander des restes. Elle aurait préféré qu'il la frappe, ou qu'il la saisisse par les épaules pour la secouer. Elle aurait pu lui renvoyer ses coups avec toute la colère qu'elle avait en elle. Elle du se contenter de soulever sa robe et de traverser le champ : elle marcha aussi vite qu'elle le put sans courir, mais la surface herbeuse près de la rivière était irrégulière et elle trébucha plus d'une fois. Le cheval s'avança vers elle en secouant sa bride. Elle grimpa sur son dos puis remonta en haut de la colline. Arrivée au sommet, elle se retourna pour voir Denis. Il se tenait immobile, face à la rivière. Derrière, même sous l'éclat du matin, les montagnes étaient bleu foncé.

Maintenant, tout est terminé pour moi avant d'avoir commencé. Cette pensée surgit en elle avec une telle violence qu'elle en hurla presque de frayeur."

 

"Peut-être que j'essaie de voler un peu de gloire aux anciens, ceux qui étaient là avant moi, faillit-elle lui dire. Ça me donnerait un peu de poids, de descendre de quelqu'un qui a compté pour quelque chose. Je ne veux plus avancer, je ne veux plus vieillir, devenir plus grosse ou plus fatiguée - je veux redevenir comme j'étais avant, revenir au début et tout recommencer. La meilleure partie de ma vie est derrière moi, Dorothy, et je ne suis pas encore prête à l'accepter, alors j'essaie d'élargir ma vision des choses, de voir comment je peux trouver ma place ici et donner du sens à tout ça."

 

Posté par Gambadou à 04:59 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , ,
20 novembre 2019

Mortelle Adèle, Funky moumoute, de Mr Tan et Diane Le Feyer

Mortelle-Adele

Mortelle Adèle PlancheA_349201

Depuis le temps que j'entends parler de Mortelle Adèle ! Alors quand un élève me l'a demandé au CDI, je me suis dit que c'était l'occasion d'essayer. Me voici donc en train de lire mon premier Mortelle Adèle.

J'ai tout d'abord été étonnée par le format de la BD qui est petite avec une couverture souple, et j'ai cru un moment que le libraire s'était trompé, mais non, elles sont à priori toutes comme ça.

J'ai découvert cette petite fille terrible, qui déteste tout : ses parents, son chat, son amoureux et ses camarades de classe. Là, elle va rencontrer pour la première fois sa cousine qui vit au Québec (oh, tiens, lecture parfaite pour Québec en Novembre !).

Voyage en avion, apprentissage du ski et du froid, découverte du sirop d'érable et du beurre de cacahuète... tout est l'occasion d'aventures loufoques et de plaisanteries qui ne font rire qu'Adèle. On trouve aussi quelques jeux de mots sur le langage québécois "- Bah quoi, me regardez pas comme des niaiseux ! On peut plus placotter ? Y a pas de quoi percer des dents. Allez, faites partir le char !". 

Adèle enchaîne les bêtises ... et je n'ai pas du tout été conquise !!! Autant je ris aux éclats en lisant les aventures de Calvin et Hobbes, autre enfant redoutable, autant là je suis restée de marbre. Peut-être à cause de sa méchanceté, sa hargne et sa colère. Moi, j'aime les blagues quand il y a un côté espiègle, une ironie, une clownerie joyeuse et je n'ai pas trouvé ces éléments chez Adèle.

Bref, à part le beurre de cacahuète, Adèle n'aime rien, et moi je n'ai pas aimé Adèle :-)

Retrouvez toutes les BD de la semaine chez Moka.

Posté par Gambadou à 05:58 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags : , ,
17 novembre 2019

Le tag d'Enna

Enna m'a taguée !  

Les règles du jeu sont 1) répondre aux questions, 2) taguer quelques personnes 3) les prévenir qu’elles sont taguées 4) aller lire leurs réponses à ces mêmes questions !

1) J'ai déjà habité ...

tag paris

à Paris puisque j'y suis née et que je suis devenue "provinciale" à 30 ans. J'aime beaucoup la ville de Paris, que je trouve culturellement riche et belle.

 

2) J’ai déjà fabriqué quelque chose …

Pendant une période de chômage, je me suis mise à la peinture. J'aime beaucoup créer et je pense que je m'y remettrai au moment de ma retraite, ou quand mes enfants seront partis. Et pour la fabrication pure, comme je suis assez manuelle, j'ai reçu de nombreux "kit" dans mon enfance, et j'ai donc créé une poupée, un chemiser pour bébé ...

 

3) J’ai déjà rencontré…

des bloggeurs ! Quand j'ai commencé le blog je ne m'imaginais pas que je rencontrerai "en vrai" des bloggeurs, et j'ai trouvé ça génial. Et on remet ça chaque année lors du salon "rue des livres". Le prochain aura lieu le 14-15 mars 2020.

 

tag-music-7315

4) J’ai déjà écouté de la musique en concert…

Bien sûr ! Mon premier concert, c'était pour écouter France Gall à Paris au Palais des Sports, et mon dernier pour voir Suzane et Hoshi au festival Mythos à Rennes.

 

5) J’ai déjà assisté à un événement national / international…

La chute du mur de Berlin, dont on fête justement l'anniversaire. C'était incroyable.

 

6) J’ai déjà fait quelque chose qui m’a changée (dans ma tête et/ou dans mon corps)…

Bah oui, j'ai "fait" trois enfants ! Et moi qui étais une ado et jeune femme fine, limite maigre, j'ai depuis un ventre de maman. Un changement de mon corps que je ne regrette pas.

 

J'ai toujours du mal à taguer à mon tour.... mais je propose à Sylire, Canel et Antigone, si elles le souhaitent et si elles n'ont pas déjà été taguées.

Posté par Gambadou à 17:52 - - Commentaires [12] - Permalien [#]