le blog des fanas de livres

21 septembre 2022

Carnet de bord, du 14 au 20 septembre 2022

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Le cartographe des Indes Boréales, de Olivier Truc

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De 1628 à 1693, nous allons suivre les voyages et aventures d'Izko, jeune basque rêvant de devenir harponneur de baleines dans le grand nord, comme son père. Mais c'est un tout autre avenir qui va s'ouvrir à lui.

Choisi pour devenir cartographe, il va être envoyé en Suède afin d'y servir d'espion à la solde des Français et de Richelieu mais aussi afin d'y établir des cartes de la Laponie . En effet, des gisements de minerais auraient été trouvés dans les montagnes du Nord, et le pays a un grand besoin d'argent. Le voilà donc arpentant des territoires hostiles et reculés afin d'en tracer les contours. Ces cartes permettent aussi au gouvernement de recenser les lapons et leurs rennes afin de les taxer. Dans son périple, Izko est accompagné par des pasteurs luthériens venus évangéliser la population locale accusée de sorcellerie. Izko, lui, est catholique et doit cacher sa religion sur cette terre protestante.

Au début, Izko est terrorisée par la sorcellerie des lapons, persuadé d'avoir été atteint par un sort. Petit à petit, il va comprendre que les protestants, en voulant coloniser les lapons et s'en servir pour exploiter leur mines, les brisent et les dépouillent, non seulement de leurs rennes qui sont leurs seuls biens leur permettant de vivre, mais aussi de leurs croyances, proches de celles des catholiques. Et c'est en faisant des recherches qu'il va se rendre compte que des moines sont déjà venus évangéliser cette population et ont laissé leurs marques. Les protestants veulent annihiler cette dévotion.

Les rivalités politiques et économiques du XVIIe siècle sont pleines d'ingérence, de compromis et de sournoiseries. Mais ce qui prédomine dans ce roman d'aventure historique, c'est le poids de la religion, et notamment l'inquisition. On est face à une colonisation d'exploitation avec avilissement d'une population, sans doute moins connue que les colonisations des amériques.

Une vie de voyages, de Saint-Jean-de-Luz à la Laponie, en passant par Amsterdam et la Suède, voyages entrecoupés par de longues années de cachots. Une vie de pactes, de ruses et de promesses.

J'ai aimé découvrir l'analyse des relations internationales de ce siècle, l'hégémonie du luthéranisme suédois, la colonisation des lapons mais aussi l'importance de la cartographie et même l'essor du port de Saint-Jean-de-Luz grâce à la pêche à la baleine.

J'ai par contre trouvé qu'il y avait des longueurs, surtout dans la deuxième partie du roman. On s'épuise un peu à suivre Izko et ses atermoiements.

Cela reste cependant une lecture très intéressante qui m'a beaucoup appris sur ce siècle et sur la Laponie.

Extraits : 

"Il apprivoisait la terre. En la nommant, il en prenait le contrôle. N’est-ce pas ça, après tout, l’art du cartographe ? Enfermer la nature insondable et grandiose dans un cadre connu, mesurable, contrôlable. Amener la nature aux pieds du souverain. La dompter. Était-ce cela aussi la foi ? Donner un visage rassurant a des abstractions où l’homme ne peut se perdre. Le cartographe de l’âme. Un prêtre n’est peut-être que cela. Où tout cela."

"Au nom du combat contre le démon, on envoyait des gens au bûcher, quand la vraie raison était des jalousies entre clans, des luttes pour le pouvoir et pour des terres. Des inquisiteurs et des juges aveuglés pensaient à leur carrière, pas à leur prochain."

Reine de coeur de Akira Mizubayashi

reine de coeur

La jaquette du livre présentant un alto donne le ton du livre, mais pas que ...

Trois histoires, trois trajectoires à trois époques différentes et dans plusieurs pays qui vont se rencontrer.

Deux évènements ont lieu pendant la seconde guerre mondiale : 

- Un soldat japonais en 1945, altiste de son métier, obligé de décapiter des prisonniers. Traumatisme

- Une jeune fille enceinte et son oncle, sur les routes de l'exode en France, route bombardée. Là aussi traumatisme.

 

Et puis des années plus tard, en France, une jeune altiste étonnée de retrouver, dans un roman écrit par un jeune japonais, une histoire ressemblant bizarrement à celle de ses grands-parents pendant la seconde guerre mondiale.

La musique fait partie intégrante du livre, et il faut écouter, en le lisant, la symphonie n°8 de Chostakovitch qui rythme le récit.

Une histoire bien menée qui mêle transmission, Histoire et amour, mais qui ne m'a pas pas vraiment emportée.

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14 septembre 2022

Carnet de bord, du 7 au 13 septembre 22

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La papeterie Tsubaki d'Ito Ogawa

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J'avais eu un coup de coeur pour Le restaurant de l'amour retrouvé, et comme je cherchais des romans parus en poche pour partir en vacances, ce livre m'a semblé adapté. 

Et bien il ne se passe rien dans ce livre ... et je m'y suis senti très bien !

Hatoko, qui a été élevée par sa grand-mère dans le petit village de Kamakura, y revient à la mort de celle-ci. Sa grand-mère tenait une papeterie et était aussi écrivain public. Elle a éduqué sa petite-fille avec une certaine sévérité, dans les traditions, jusqu'à ce que celle-ci fasse sa crise d'adolescence, rue dans les brancards et parte à l'étranger dès qu'elle a pu.

Là voilà donc de retour, à vingt-cinq ans, assagie et prête à reprendre la papeterie et le rôle d'écrivain public.

Une année, quatre saisons qui vont voir défiler des voisins, des clients (c'est le mot patients qui m'est venu à l'esprit, et c'est tout à fait ça) qui veulent lui faire écrire un courrier. Lettres de rupture, de voeux, de condoléance ou d'amour. 

A chaque lettre, c'est un lent processus de choix du papier, de l'encre, de la calligraphie ou de l'outil d'écriture. Tout à son importance, sa signification. Ce qui est intéressant aussi c'est que les lettres sont reproduites, en caractère japonais.

On navigue avec raffinement à travers les traditions, les offrandes, les rapports humains, les liens familiaux et les saisons.

On est plongé dans une atmosphère douce, sensuelle et pleine de sagesse.

Ça fait du bien !

Extraits :

"Mais écrire d’une belle main n’est pas le seul travail de l’écrivain public.
Quand on libelle une enveloppe pour un mariage, qu’on écrit un nom sur un diplôme ou qu’on rédige un curriculum vitae, une beauté de pure forme est requise. La plupart des gens trouvent belle une graphie qu’on croirait imprimée. Mais l’écriture manuscrite, celle de la main d’un être vivant, possède un supplément d’âme qui ne se résume pas à la simple beauté formelle."

"Les gens capables de mettre en mots leurs sentiments n'ont pas de problèmes, mais nous, nous prenons la plume pour les autres. Parce que cela peut les aider à mieux s'exprimer."

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La saga des Cazalets, de Elizabeth Jane Howard

CAZALETS

Voilà un certain temps que j'en entendais parler en bien, je m'étais donc gardé, pour les vacances, cette lecture des 4 tomes parus.

On m'avait prévenu que le premier tome permettait de placer les personnages et pouvait paraître long, mais il n'en n'a rien été et je suis rentré avec bonheur dans l'intimité de cette famille de bourgeois anglais, de 1937 à 1947.

La Duche et le Brig sont les patriarches de cette famille unie. Habitants Londres, ils sont tous venus se réfugier dans leur domaine du Sussex à l'arrivée de la guerre. C'est là que l'on va suivre les trois frères et la soeur: l'un calme et réfléchi, le deuxième coureur de jupons et le dernier en âge d'être mobilisé. Chacun est marié, a des enfants sauf la fille qui se consacre à ses parents. Tous vont mûrir et grandir dans cette période de troubles et dans l'après-guerre.

J'ai adoré cette ambiance un peu surannée de gestion d'un domaine avec les cuisinières, nounous, le chauffeur, le palefrenier ou la répétitrice. Les garçons sont envoyés en pension pendant que les filles apprennent à tenir une maison. Les tenues sont changées pour le dîner du soir entre mousseline, soie et taffetas. La sacro-sainte heure du thé permet à tous de se retrouver. Il y a aussi les flirts et amours, l'envie d'indépendance des jeunes, mais la famille est au-dessus de tout, roc sur lequel se reposer ou entrave à l'autonomie.

Chaque personnage a son caractère, ses problèmes et joies. La psychologie des personnages est très bien vue. On passe de l'un à l'autre et tout s'enchevêtre naturellement.

Même si j'ai trouvé quelques longueurs à la fin du deuxième tome et que ça allait un peu trop vite dans le quatrième, j'ai hâte de me plonger dans le dernier opus dont la sortie est prévue le 6 octobre 2022.

 

 

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12 septembre 2022

Anniversaire de blog : 16 ans !

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Ce blog est né le 12 septembre 2006, et j'ai l'impression que c'était hier.

Pourtant, il y en a eu du changement dans ces 16 ans ! J'ai appris un nouveau métier, les enfants sont majeurs, j'ai fait de belles rencontres grâce à la blogosphère.

A l'aube d'une dix-septième année, même si me traverse parfois l'idée d'arrêter l'aventure parce que moins de visiteurs et de commentaires et une flemmingite qui tend parfois vers l'aigu, je trouve que finalement j'ai trouvé un rythme qui me convient.

Et j'aime échanger sur les livres et découvrir vos lectures.

Alors c'est parti pour une nouvelle année, je vais essayer de tenir jusqu'à ma majorité ! 

coeur

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07 septembre 2022

Carnet de bord, du 31 août au 06 septembre 2021

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31 août 2022

Carnet de bord, de juillet-août

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Clara lit Proust, de Stéphane Carlier

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Voici le premier livre de la rentrée littéraire lu, et ceci grâce à une opération masse critique de Babelio.

Clara est une jeune coiffeuse qui vit dans une ville de province. Elle mène une petite vie tranquille entre son copain pompier pour qui elle n'a plus beaucoup de sentiments, les déjeuners dominicaux avec ses parents et les conversations du salon.

Par le hasard de l'oubli d'un client, elle va se plonger dans A la recherche du temps perdu. Au départ hésitante et difficilement compréhensible, la lecture va se fluidifier jusqu'à être le parfait accord de sa vie. 

Pour moi qui ai découvert Proust cette année pour la première fois, c'était parfait ! 

On s'attache à cette jeune fille qui va voir sa vie changer à la lecture des différents tomes de Proust. C'est léger, doux et lumineux.

Un roman qui rend hommage à Proust et aux bienfaits des livres, une écriture fluide et plaisante. Une petite parenthèse qui ne me restera pas longtemps en mémoire mais qui m'a procuré une belle journée de lecture.

Extrait : "Le rythme qu'il impose est ce qu'elle apprécie le plus chez lui. Il l'oblige à une lenteur mais aussi à une vigilance, c'est très particulier. Combien de fois, pendant sa lecture, son esprit à quitté les mots pour se lancer dans une liste de courses ou lui rappeler une conversation qu'elle avait eue dans la journée au salon. Lenteur et vigilance, détente et concentration. Proust, c'est son yoga."

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