le blog des fanas de livres

12 février 2019

Quelques jours de repos

C'est les vacances !

Rien de prévu si ce n'est profiter, se reposer et rattraper tout mon retard

( sommeil, musardage sur les blogs, critiques de livres, paperasse, ...)

Alors petite parenthèse bloguesque.

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09 février 2019

Le sillon, de Valérie Manteau

 

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Un livre qui tourne dans mon groupe de lecture et qui a reçu le prix Renaudot... Pourquoi pas ?

La narratrice, française, vit depuis environ un an à Istambul où elle a rencontré son amoureux. Elle se balade, prend le poumon de la ville et du pays, essaye de se mettre au turc sans vraiment y arriver. C'est une jeune femme un peu perdue, désoeuvrée, qui a écrit un premier livre mais qui n'arrive pas à se concentrer sur le deuxième, du coup pourquoi pas plutôt une exposition ? ou une BD ? En tout cas elle a trouvé son sujet : Hrant Dink, journaliste d'origine arménienne qui est devenu le porte parole de la reconnaissance du génocide et qui a été assassiné en pleine rue en 2007. 

Elle va se renseigner sur ses minorités qui sont écrasées et abaissées dans ce pays qui navigue entre démocratie et dictature.

Autant j'ai été intéressée par les parties "documentaires", sur celle ville qu'un fleuve coupe en deux avec une parie européenne et une partie asiatique ; sur ces minorités exclues ; sur la jeunesse et ses espoirs ; sur la difficulté économique des stambouliotes ; sur l'emprisonnement de Asli Erdogan, écrivaine accusée de propagande terroriste pour ses chroniques ...

Autant je me suis perdue dans les atermoiements et tergiversations de la narratrice qui erre et qui nous perd dans son errance. J'ai eu aussi beaucoup de mal avec l'écriture assez alambiquée.  Plusieurs fois il a fallu que je relise des phrases pour en comprendre le sens.

Une lecture en demi-teinte.

Extrait : "Tu vas écrire sur Hrant alors ? Sur Hrant, sur Naji, sur toi. Soupir. Ce serait trop te demander de me laisser en dehors de ça ? Si tu veux mon avis (je fais non de la tête) tu n'as pas besoin de ce détour pour comprendre ce qui nous arrive, tu pourrais aussi bien le voir directement. Au lieu de quoi tu ajoutes des écrans de morts aux vivants pour te planquer, tu n'iras nulle part avec tous ces boulets à tes pieds. Mais précisément, je dis, je ne veux aller nulle part. Je reste ici."

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04 février 2019

Nos richesses de Kaouther Adimi

nos richesses

L'auteure revient sur la vie d'Edmond Charlot.

Né à Alger en 1915, Edmond Charlot devient libraire-éditeur en 1936 à vingt-et-un ans avec l'ouverture de sa petite librairie, « Les Vraies Richesses ».

A la fois librairie, bibliothèque de prêt, maison d’édition, galerie d’art (le premier peintre exposé est Bonnard),  cette « boutique » exiguë de la rue Charras devint vite l’un des principaux point de ralliement et foyer culturel des jeunes intellectuels et écrivains en herbe algérois.

Il va éditer Albert Camus, Jules Roy, Emmanuel Roblès et Gabriel Audisio, mais aussi Gide ou García Lorca.

Pendant la guerre, alors qu'Alger est devenue capitale de la France libre, son activité d'éditeur se développe mais il doit faire face à une pénurie de matières premières. Il se démène avec passion et imprime sur du papier de boucherie en utilisant de l'encre de pépins de raisin.

En 1945, il ouvre une "succursale" à Paris. Toujours aussi enthousiaste et dynamique il obtient , en trois ans, deux prix Renaudot et un Fémina. Mais les grands éditeurs parisiens lui font de l'ombre, cherche à récupérer les auteurs avec des contrats plus alléchants. En 1950, privé de papier d'imprimerie et criblé de dettes, Charlot jette l'éponge et repart pour Alger.

Un roman passionnant. J'ai aimé le rythme apporté par le mélange entre les extraits de journal intime et l'histoire contemporaine d'un étudiant ayant pour mission de vider la librairie. C'est très intéressant de suivre cet homme passionné par les livres avec en toile de fond l'histoire de l'Algérie. J'aurais juste aimé en savoir un peu plus sur la vie personnelle de Charlot, vie qu'il a mise de côté pour s'occuper de son entreprise.

Un récit intéressant et poignant.

Extrait : 

"3 Novembre 1938 :

Les Vraies Richesses fêtent leur anniversaire ! Nous avons survécu aux deux premières années, nous survivrons aux vingt prochaines ! Fierté en regardant mon fonds des éditions Charlot. Moins de fierté en faisant mes comptes. Ce travail m'oblige à délaisser Manon, ma famille, mes amis ... Mes journées sont consacrées à la lecture des manuscrits, à la comptabilité, aux nombreux déjeuners et dîners, aux passages dans les imprimeries, aux milliers d'obligations administratives. Tout cela m'épuise et me réjouit en même temps.

17 décembre 1938 :

Aujourd'hui encore, des clients intéressés uniquement par les derniers prix littéraires. J'ai essayé de leur faire découvrir de nouveaux auteurs, de les inciter à acheter L'Envers et l'Endroit de Camus, mais totale indifférence. Je parle littérature, ils répondent auteur à succès ! "

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01 février 2019

Les heures silencieuses de Gaëlle Josse

Les-heures-silencieuses

PAL

Allez, sortir un livre de sa PAL dès le premier jour du mois, pas mal ! 

Les heures silencieuses est un roman écrit à partir d'un tableau d'Emmanuel de Wite. On y voit une femme assise de dos devant un instrument de musique (une épinette), une bonne au fond du couloir passe le balai. La demeure est cossue.

L'auteure imagine le journal intime de Magdalena Van Beyeren, fille et femme d'armateur et d'administrateur de la compagnie des Indes Orientales. Une femme ne peut avoir ce statut, elle sera donc femme au foyer, elle qui accompagnait son père sur le port ou l'aidait à traiter ses dossiers.

Sous ses airs de femme forte qui tient sa maison avec rigueur et amour, on découvre une femme fragile qui se livre dans son journal intime. Elle y exprime ses joies et ses peines, ses attentes, parle de ses souvenirs mais aussi de ses interrogations sur le commerce, notamment celui d'esclaves, et sur sa place de la femme dans la société de l'époque. 

Une écriture mélancolique toute en finesse. Un livre "habité" qui se lit en douceur.

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31 janvier 2019

Moi par mois, janvier

fille n°2 rentre au Canada après un mois de vadrouille en Amérique latine, couverte de piqûres de moustiques mais heureuse / galette des rois / Pupilles au cinéma, très juste / visite des locaux d'un quotidien avec les élèves et séances sur les fausses informations, très intéressant / faire demi-tour devant la queue impressionnante du salon de l'étudiant - ce n'est pas comme ça que l'on va avancer sur l'orientation de fille n°3 / spectacle de danse contemporaine dynamique et entraînant / un beau bouquet / réunion Parcours Sup, le stress va être au rendez-vous / rencontre avec une conseillère d'orientation, suivi d'un speed dating avec deux professionnels lors de la nuit de l'orientation - ça avance / être débordée de boulot, mais que des projets intéressants / encore un spectacle de danse "le gala d'étoiles" qui mélange classique et contemporain / 

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29 janvier 2019

Jusqu'ici tout va bien, de Gary D. Schmidt

jusqu'ici

Douglas a 14 ans. Passionné de Base ball, il a un père et un jeune frère à la main leste, une mère douce et effacée, un grand frère au Vietnam et un secret sur ses difficultés à lire. Quand la famille déménage, il se retrouve dans une lointaine banlieue de New-York et va faire des rencontres qui vont changer sa vie.

Beaucoup de personnages vont tourner autour de Doug. Il y en a qui sont touchants, qui voit tout de suite en lui la gentillesse et le talent. D'autres sont plus durs, s'arrêtant aux racontars sur la famille, mais tous sont attachants. L'écriture est dynamique. Doug nous parle avec son langage, c'est simple, émouvant et drôle.

De nombreux thèmes sont abordés : la dyslexie, la guerre du Vietnam, les stéréotypes, le pillage d’œuvres d'art, la violence familiale, le talent, l'amour ... et tout est fait de sous-entendus, tout en douceur. Les élèves ne verront peut-être pas tout ce qu'il y a dans ce livre, mais ils pourront picorer des idées. 

Un très bon roman d'apprentissage, une écriture simple mais percutante. 

A lire et faire lire.

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26 janvier 2019

Une maison parmi les arbres, de Julia Glass

une maison parmi les arbres

Morty Lear, un auteur et illustrateur à succès de livres pour enfants, meurt alors qu'il venait d'accepter que sa vie soit mise en scène dans un film. C'est Tomasina Daulair, dite Tommy, sa confidente, gestionnaire, assistante et héritière de son œuvre, qui va avoir la tâche de rencontrer l'acteur principal pour lui parler de cet auteur avec qui elle a vécu plus de quarante ans. Ces rencontres vont la faire réfléchir sur la vie qu'elle a mené auprès de l'artiste, l'égoïsme de celui-ci, ses failles et ses secrets.

Un roman d’atmosphère où tout se fait lentement. Quelques rebondissements mais rien de spectaculaires. On est bien dans ce livre, comme dans un cocon hors du temps et les saisons filent lentement mais sûrement, apportant leurs lots d'informations et de blessures.

L'écriture est subtile et douce mais il faut apprivoiser au départ l'utilisation (trop) excessive des parenthèses (qui m'ont donné l'envie d'abandonner) et accepter quelques longueurs.

Un roman qui se mérite et qu'il faut prendre le temps de savourer.

Extrait : 

"- Dani tu es obsédé par cette dette imaginaire, comme si tu étais une sorte de ... de sauvage de Nouvelle-Guinée persuadé qu'un appareil photo lui vole son âme, ou que tu avais une lampe magique et que Morty avait libéré le génie et l'avait emporté chez lui.

- Eh bien c'est plus ou moins ce qu'il a fait. Parce que (Dani attend qu'elle lui tende sa tasse de thé de sorte qu'il puisse la regarder droit dans les yeux) parce que tu sais ce que j'ai fini par comprendre ? Il t'a volée."

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23 janvier 2019

A silent voice, de Yoshitoki Oima

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Mangas en 7 volumes dont l'adaptation en film est sortie en août 2018.

Cela faisait longtemps que ce titre était sur ma sélection à acheter pour le CDI de mon collège, et j'ai enfin passé commande.

Je n'aime pas vraiment les mangas. J'ai du mal à lire les cases de droite à gauche, j'ai du mal avec les écrits trop petits (et l'âge venant ça ne s'arrange pas), et je ne suis pas particulièrement attirée par les dessins !

Mais ... j'ai été conquise par l'histoire. 

Shoko Nishimiya, malentendante, intègre une classe de CM2 où sévit un jeune garçon Shoya Ishida, leader et malveillant. Celui-ci va s'en prendre à Shoko, l'humilier et la harceler et entraîner une bonne partie de la classe avec lui, jusqu'à ce que la jeune fille change d'école. Mais les autres élèves se désolidarisent de Shoya et le voilà qui passe du rôle de harceleur à celui de harcelé.

Sept années plus tard, Shoya est en terminale. Il ne supporte pas sa vie de solitaire et le comportement qu'il a eu il y a quelques années. Il décide d'apprendre la langue des signes pour retrouver Shoko et s'excuser avant de se suicider. Mais tout ne va pas se passer selon ses prévisions. 

J'ai aimé les thèmes abordés comme le harcèlement, le handicap, l'amitié, le suicide ou le pardon. Et même si c'est un peu cul-cul de temps en temps il y a énormément de temps très fort traités avec beaucoup de justesse.

Ainsi, la fragilité est présente dans chacun de nous, et les problèmes de communication ne viennent pas que du handicap

Un très bon manga à mettre dans les mains de nos ados.

Retrouvez toutes les BD de la semaine chez Moka.

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21 janvier 2019

Trancher, de Amélie Cordonnier

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Une amie de mon groupe de lecture a acheté ce livre après le passage de l'auteure à la grande libraire.

Une femme approche de la quarantaine. Elle a deux enfants de 7 et 15 ans, un métier, un belle appartement à Paris, une maison de vacances  et un mari aimant. Mais un mari qui a dérapé sept ans auparavant en se mettant à insulter sa femme régulièrement. Des mots violents qui l'ont touché, humilié et avili, la faisant tomber en dépression. Mais à l'époque Aurélien a  suivi une psychothérapie et le calme est revenu dans le couple. Sept ans plus tard, voilà la violence verbal qui reprend, devant les enfants. 

On suit la folie destructrice de cet homme, qui se rend compte que son comportement n'est pas adapté mais qui n'arrive pas à se canaliser. 

Une violence des mots dont on parle moins que la violence physique, mais qui fait tout aussi mal, non seulement à la mère mais aussi aux enfants qui subissent. Et cette mère va devoir faire un choix, va devoir trancher entre rester ou partir.

Je suis resté aux abords du texte, peut-être à cause de cette narration à la deuxième personne du singulier, ou bien parcequ'elle met beaucoup de temps à prendre sa décision ce qui m'a parfois donné l'impression de tourner en rond.

Peut-être aussi voulais-je me protéger. J'ai vécu une année assez difficile en 2017 avec un mari dépressif et des remarques acerbes, une envie de rentrer le plus tard possible le soir, faire le dos rond pour protéger les enfants, continuer à aimer et pardonner à cause de la maladie tout en s'aperçevant que ce n'est pas possible de continuer comme ça. Alors peut-être que je suis aussi restée en dehors de l'histoire pour ne pas revivre ces instants, même si la violence du roman est bien plus importante que ce que j'ai vécu.

Extrait : "Il canalisait enfin ses colères. Alors tu as cru que vous vous étiez définitivement débarrassés de la violence, que vous l'aviez bannie pour toujours de votre existence. Tu ignorais qu'on ne réussit jamais vraiment à s'en dépêtrer. Tu ne savais pas qu'elle peut se mettre en veilleuse, en sourdine, se planquer dans un coin de la maison, rester tapie dans l'ombre ou sous le paillasson pour mieux ressurgir le moment venu, et nous sauter dessus lorsqu'on s'y attend le moins. Aujourd'hui, tu repenses à cette expression à la con, que Marie n'a pas osé te sortir quand tout a commencé à dérailler : quand on la chasse par la porte, elle revient par la fenêtre."

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18 janvier 2019

Salina les trois exils, de Laurent Gaudé

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Je suis une inconditionnelle de Laurent Gaudé et j'avais donc demandé ce dernier roman au père-noël. J'ai eu une pointe d'appréhension quand j'ai commencé cette lecture : j'attends tellement de l'auteur que je risque d'être déçue. Et bien il n'en n'a rien été et c'est encore un grand coup de coeur qui vient ponctuer cette lecture.

Car c'est un de ces livres, vous savez, où vous faites exprès de le lire lentement, de le savourer pour être sûre de ne pas le terminer trop vite. De ces phrases que vous relisez avec plaisir pour en sentir le rythme dans la tête, les sonorités sur la langue. De ces histoires qui vous transporte dans un autre monde, qui vous envoûte. L'impression d'être en Afrique sous un arbre de vie avec un ancien qui vous raconte une légende et que vous écoutez bouche-bée.

Un nourrisson est déposé par un cavalier mystérieux devant le village de Sissoko Djimba. Il reste longtemps à pleurer sous la chaleur du désert avant que Mamambala ne l'adopte et la prénomme  "par le sel de ces larmes dont tu as couvert la terre, je t'appelle Salina ".

Salina grandit dans l'amour de cette mère adoptive, mais l'intégration n'est pas acceptée par tous et sa vie sera faite de souffrance, d'exil et de vengeance. 

Tout cela est conté par son fils, Malaka, qui cherche une sépulture digne pour sa mère. Un récit fait de poussière du désert, du sang de la vengeance, du sel des larmes, de la fraîcheur de la rosée. On marche dans les pas du conteur pour suivre cette femme de douleur qui porte la haine dans son coeur.

Et dans ce conte on retrouve la force d'évocation de l'auteur et des phrases ciselées et limpides où coulent la pureté des tragédies antiques.

Extraits :

"Au tout début de sa vie, dans ces jours d’origine où la matière est encore indistincte, où tout n’est que chair, bruits sourds, pulsations, veines qui battent et souffle qui cherche son chemin, dans ces heures où la vie n’est pas encore sûre, où tout peut renoncer et s’éteindre, il y a ce cri si lointain, si étrange que l’on pourrait croire que la montagne gémit, lassée de sa propre immobilité. Les femmes lèvent la tête et se figent, inquiètes. Elles hésitent, ne sont pas certaines d’avoir bien entendu, et pourtant cela recommence : au loin, vers la montagne Tadma, que l’on ne franchit pas, un bébé pleure. Est-ce qu’elles sentent, les femmes du clan Djimba, à cet instant, tout ce que contient ce cri ? Le sang qu’il porte en lui ? Les convulsions, les corps meurtris, les bannissements et la rage ? Est-ce qu’elles sentent que quelque chose commence avec ce tout petit cri à peine identifiable, quelque chose qui ne va pas cesser de grandir jusqu’à tout renverser ?"

"Ils sont deux, à nouveau, sur des terres immenses, la mère et le fils, vivant au même rythme, allant au même pas, se tenant éloignés avec prudence de la compagnie des hommes. Lui s’emplit avec bonheur de cet air épais. Il lui semble retrouver le silence dont il est né. Les journées sont vastes et n’ont besoin d’aucun mot. Ils sont chez eux dans des déserts inhospitaliers de pierres qui emprisonnent la chaleur et amplifient les sons. Elle lui a appris à faire d’un arbuste un campement. Elle lui a enseigné le tracé des sources, l’eau qui court sous les dunes. Ils savent décrypter les intentions du ciel et les colères du vent. La vie n’est faite que de cueillettes, de petites chasses, d’heures à compter les étoiles ou à écouter ses récits. Aujourd’hui, il retrouve le visage de pierre de sa mère, sa façon têtue de marcher, et il lui semble que quelque chose est immuable dans ces paysages de cailloux."

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