a_l_abri_de_rien parution 08/2007  - 220 p

Ouf, on ne sort pas intact de ce livre....

Marie vit dans le Nord de la France, dans une de ces villes ou les réfugiés de tous les pays s'agglutinent, essayant vainement de partir en Angleterre. Marie tourne en rond dans sa vie : licenciée de son travail de caissière, elle ère toute la journée sans même arriver à s'occuper de ses deux enfants, de son mari et de la maison. Elle est fragile, on la sent au bord de la dépression "On avait toutes la même vie, on avait toute suivi le même chemin. Un mari, un toit des gamins et les crédits qui s'accumulaient on n'en voyait pas la queue. Pourquoi la vie nous abîme à ce point? Cette foutue dent qu'elle a contre nous est-ce qu'on a vraiment mérité ça?"

A la suite d'un concours de circonstance elle va commencer à aider au centre des réfugiés, mais elle va le faire tout de suite de façon démesurée. Elle leur donne tout ce qu’elle peut leur donner, elle se sent enfin vivre "Qu'elle puisse avoir besoin de moi, que ma présence quelque part auprès d'elle puisse faire une différence me comblait parfaitement."  On se retrouve alors avec le portrait acérée de Marie, femme dépassée par ses sentiments, par la rencontre de ses frères de naufrages, par son besoin de se sentir utile, Marie qui vit au bord de la folie.

L'écriture est très dépouillée. Le manque de virgule m'a parfois dérangée (en fait il y en a une sur deux à peu près), mais cela donne une respiration saccadée qui va bien avec la vie de Marie.

Ce livre me restera longtemps en mémoire. A lire.

Extrait : "Un à un ils sont revenus de la douche, habillés rasés peignés on les reconnaissait à peine, c'était le jour et la nuit, ils avaient l'air dix ans plus jeunes. Certains, c'étaient juste des gamins. Ils avaient quoi? seize, dix-sept ans? Ils étaient partis en éclaireurs et leurs parents  leurs frères et soeurs les rejoindraient un jour en Angleterre. En attendant ils allaient trouver du travail et leur envoyer de l'argent tous les mois. En tout cas, c'est ce qu'ils espéraient. J'ai ouvert mon sac et j'en ai sorti cinq cartouches. Le buraliste avait râlé que je lui pillais son stock. Qu'est-ce-que çà pouvait lui faire? On aurait dit que ça l'emmerdait de la vendre, sa marchandise..."

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