il_n_y_a_pas_de_grandes_personnes parution 05/2007 - 410 p

Alix de Saint-André nous livre des pans de sa vie autour de sa passion pour André Malraux. Ni autobiographie, ni roman, on peut lire en 4ème de couverture "il appartient à ce nouveau genre littéraire que Malraux avait baptisé "machin"".

Et Malraux est le chemin central de ce livre .On commence avec une Alix de Saint-André collégienne en province, lectrice assidue "Déjà trop grandes pour être des petites filles, mais pas encore assez vieilles pour être des jeunes filles, nous étions à l'âge ou on lit. Délaissant les bibliothèques rouge et or, rose ou verte, nous dévorions tout papier imprimé sans images, surtout les livres de poche, faciles à planquer sous les bureaux pendant les cours. Il ne s'agissait pas, bien sûr, d'oeuvres au programme, mais de bouquins qui arrivaient par la bande, par les copines ou leurs grandes soeurs. Plus ils étaient gros, mieux c'était."Elle va avoir un véritable coup de coeur pour Malraux :"Malraux et moi,ce fut une grande histoire, et j'aimerais trouver pour en parler aujourd'hui les accents de ma passion d'alors".. On la suit ensuite dans les chemins du lycée, d'hypokhâgne, de professeur de français avorté , de journaliste et enfin d'écrivain. Et dans tout son parcours, un même fil conducteur : Malraux. Sujet de mémoire, thème d'articles et de livre ...

J'ai bien aimé le début, l'écriture suit la pensée de l'écrivain. C'était un livre "léger" et agréable... et puis cela s'essouffle, on a des longues pages sur l'écriture de son livre "papa est au panthéon" qui a pour thème toujours Malraux, mais qui n'ont d'intérêt que si on a lu le livre en question. J'ai lu en diagonale la fin, qui ressemble plus à un sujet de mémoire sur Malraux avec des passages de Proust, Chateaubriand ou Rousseau. Intéressant mais long à lire. Il y a pourtant des passages très bons et une amitié tenace avec Florence Malraux, fille de l'écrivain à qui est dédié ce livre.

Bref, un peu long, ne me laissera pas un souvenir impérissable mais m'a donné envie de lire "Albertine disparue" de Proust , "La condition humaine" et "La légende du siècle" de Malraux. Rien que pour ça, le livre est peut-être une réussite ? !!!

Extrait : "J'avais voulu éviter de faire la classe à trente Kiki ignorant tout des ruines de Rome, et je me retrouvais face à des millions de Kiki.

Seulement, c'étaient des Kiki très gais, le soir, sous les lumières, en musique, joyeux et applaudissant, et non des élèves hargneux qui vous crachent à la figure par les sombres matins d'automne, dans des classes préfabriquées sans chauffage, et bourrées d'amiante. Des Kiki enchantés. Car les Kiki adorent la télévision, et détestent l'école; qui les en blâmera? Pas moi : je suis pareille. Et si il n'était pas question vraiment de faire l'école à la télévision, selon le rêve de Malraux, du moins pouvait-on essayer de fournir aux Kiki quelques outils utiles pour leur trousse à idées. C'était très amusant, et accessoirement beaucoup mieux payé que l'enseignement. Les Kiki étaient très contents."