le_canap__rouge parution août 2007 - 150 p

Emprunté grâce au "lâcher de livres".

Anne, la narratrice, ne sait plus très bien ou elle en est dans cette vue ou les combats de sa jeunesse pour un monde plus égalitaire n'ont plus cours. Elle part, dans une sorte de quête, en Sibérie, au bord du lac Baïkal, à la recherche d'un ami perdu. Ce long trajet en train va lui permettre de se replonger dans sa vie, ses désirs, ses utopies, ses désillusions... et la relation très forte qu'elle entretient avec une vieille voisine à qui elle fait la lecture, assise sur un canapé rouge.

Très bien écrit, mais je suis restée un peu en dehors de l'histoire, en dehors du contexte. Je n'ai pas ressenti une émotion qui m'aurait sans doute permis de me souvenir longtemps de ce livre.

Extrait :" C'était un moment de ma vie où la présence obsédante du monde, l'impuissance de tous les discours et celle de théories usées tourmentaient mes jours et mes nuits. Il me semblait n'avoir prise sur rien, le temps voulait m'engloutir, il m'engloutissait, du moins avais-je cette impression d'une lente et inexorable fin de tous nos espoirs. Je n'étais pas seule à percevoir cette insidieuse érosion des certitudes qui avaient emballé notre jeunesse, mais ce qui m'effrayait c'était le sentiment, que partageaient quelques-uns de mes amis, de ne rien pouvoir d'autre que de m'abîmer dans ce constat. J'avais lu dans un roman à propos de la mort des théories, On se demande jusqu'à quel point on les avait prises aux sérieux. J'en voulais à l'auteur pour sa cruelle hypothèse. Ce monde rêvé, cette belle utopie : être soi, pleinement soi, mais aussi transformer la société tout entière, pouvaient-ils n'être qu'enfantillages ? Nous consolaient-ils seulement d'être les héritiers orphelins des dérives commises à l'Est et ailleurs, que certains de nos aînés avaient fait semblant d'ignorer ?"

Même avis chez Bernard, Cathe,  et beaucoup plus enthousiaste chez Clarabel,