dieulefitparution 02/2008 - 250 p

En fait, je cherchais un cadeau à offrir à une amie qui va nous recevoir pendant les vacances... je ne sais pas pourquoi (!!!) mon dévolue c'est porté sur un livre... Comme le père de cette amie habite à Dieulefit et qu'elle y passe ses vacances, je suis tombée sur ce titre. Bon, je sais que ça ne se fait pas (vous le faites vous?) je l'ai lu avant de lui offrir !

C'est l'histoire d'un village en Drôme provençale et celle, en parallèle, de femmes qui ont accueillis, cachés, falsifiés les papiers de résistants, juifs, réfugiés de tous horizons.

Il y a la forte tête : mademoiselle Marguerite Soubeyran, qui décide, avant la guerre, d'ouvrir une école à Dieulefit. Une école destinée à tous les enfants laissés pour compte par le système scolaire. Une école sans grillage, ou chacun apprend à sa vitesse. Et puis il y a Catherine Kraft, premier amour, qui la suit dans l'aventure et reste quand ce ne sont plus des enfants en difficultés scolaires qui composent l'école, mais des enfants aux origines pourchassées. Il y a aussi Simone Monnier, dernier coup de coeur de Marguerite, qui formera avec celle ci un couple de "grand-mère" accueillant. Et puis il y a Jeanne Barnier, jeune secrétaire de mairie qui va falsifier des papiers en grand nombre. Mais au-delà de ces quatre personnages, il y a tout le village de Dieulefit qui fit corps.

Anne Vallaeys enquête sur ces 4 années ou la population de Dieulefit passa de 2.500 à 5.000 personnes. Le bourg accueillait ainsi autant de pourchassés qu'il comptait de natifs. Pas un seul ne sera arrêté. Nul ne sera dénoncé. Cela vient-il de la religion des habitants, pour la plupart protestants, qui ont connu dans leur histoire de nombreuses persécutions?

Bon livre qui se lit comme un roman. Mais sûrement plus passionnant quand on connaît la région....

Extraits :

"Ça n'était un secret pour personne. Mademoiselle Soubeyran ne dissimulait pas ses opinions, son action, tout le monde était au courant. On bavardait partout. Quand j'y songe, j'en frémis encore. Au fond, nous étions un petit pays tranquille, un cercle fermé, mais les gens de Dieulefit n'ont jamais rien dit. On pourrait appeler ça : le miracle du silence."

"Hébergé à la pension Beauvallon, Aragon assistera à la fête de fi d'année de l'école. Le dimanche 5 juillet, il lut des vers de Brocéiande, son prochain recueil. A son tour, il écrit dans le livre d'or :"En juillet 42, aux sombres heures de  France, merci aux fées de Beauvallon de tranquillement démontrer qu'il n'y a aucune raison de désespérer de l'homme et de ses possibilités infinies, et d'assurer cet avenir qui vaut qu'on meure puisqu'on nous assure que la France vivra.""