resize parution 02/ 2008 - 330 p

Un livre que j'ai beaucoup aimé car c'est un roman à la fois émouvant et simple.

Une maison de retraite dans une banlieue parisienne. Pas de ces immenses mouroirs mais une maison proprette avec peu de pensionnaires. On y suit la vie de chacun, qui attendent impatiemment le dimanche, jour des visites, qui tissent des liens d'amour ou d'amitié, qui survivent dans ce lieu qu'ils n'avaient pas choisi, qui y perdent la mémoire...

Il y a beaucoup d'humanité dans ce livre, sans cynisme. On s'attache beaucoup à ces personnes âgées, chargées de souvenirs. Cela me rappelle les mots d'une amie qui nous présentait un texte sur les grands mères : "quand on voit une grand-mère, il faut aussi penser à ses racines. A tous ce qui l'a construit. Il ne faut pas s'arrêter à son apparence extérieure".

J'y ai aussi trouvé de la tristesse, celle des gens qui n'attendent plus que la fin, heure après heure, jour après jour... et puis la mesquinerie des personnes obligées de vivre en groupe...

Une parenthèse de calme et de réflexion sur les maisons de retraite.

Extrait : "Thérèse Leduc n'est pas allée se promener avec les autres dans le patio. Au lieu de cela, elle est retournée dans sa chambre. Elle est assise sur le bord de son lit. Elle repasse d'un geste mécanique les plis de sa robe grise. La fine dentelle de son jupon de Nylon rose pâle dépasse. Ses mains caressent le dessus-de-lit au point de croche qui est presque aussi vieux qu'elle. Elle jette un coup d'oeil au combiné du téléphone pour voir s'il est bien raccroché. Au cas où. Au fond de son coeur, elle sait que personne ne pensera à lui souhaiter sa fête. [...] Elle se dit qu'elle est trop vieille maintenant, elle se dit qu'elle aimerait entendre la sonnerie du téléphone. Elle regarde la montre-réveilmontre-réveil posée sur sa table de nuit. Les squelettiques aiguilles continuent de scander le temps dans un silence absolu. Thérèse voudrait entendre que l'on pense à elle, encore un peu. Une ancienne voisine par exemple. Ou la fille de son amie la mercière qui lui avait fait la surprise d'une visite lorsqu'elle était arrivée aux Bégonias".