requin parution 03/2010 - 147 p. (traduit de l'italien)

Vous admirez la rapidité : paru en mars, lu en mars ! C'est grâce au festival de la rue des livres de la semaine dernière et d'un libraire très convainquant : sitôt paru, sitôt acheté !

Difficile de parler de ce petit livre qui est très fort et très puissant. On y découvre une famille Sarde assez quelconque vue de l'extérieur, mais si tourmentée à l'intérieur. Il y a le père mécanicien qui s'occupe plus des laissés pour compte que de sa famille, la mère petit oisillon perdue dans ce monde trop dur pour elle, le fils qui ne vit que pour sa musique, et la fille, celle qui nous raconte l'histoire, vilain petit canard qui s'enfonce dans une relation sado-masochiste ou elle a l'impression d'exister. On trouve aussi la tante qui passe d'homme en homme sans arriver à en garder un seul, et la grand-mère qui a du ma l à suivre mais qui reste le pilier de cette famille.

Une famille sans histoire apparente mais qui vit dans les superstitions et qui n'arrive pas à s'adapter à la vie. Et surtout cette jeune fille qui s'enfonce dans une relation sordide (avec forces détails).

Un peu de mal à rentrer dans ce livre que je trouvais très décousu, et puis j'ai été happée par l'histoire, prise d'empathie pour tous ces personnages, envie qu'ils s'en sortent....

J'en ressort avec une impression de malaise et de force... j'attends d'autres avis avec impatience.

Extrait : "Je me dis que pour certains l'amour dure : pour grand-père et grand-mère par exemple, pour son frère aîné et sa belle-soeur, pour ses parents. Mais comment font-ils pour rester calmes, pour se juger digne d'un tel miracle?

Mon coeur hésite, découragé, et je m'étonne chaque jour d'être celle qu'on aime. Comme c'était plus facile de n'être que l'instrument sexuel de quelqu'un qui en aimait une autre, quelqu'un qui ne fait pas partie de ton histoire, et plus simple de vivre enfermée en regardant l'ailleurs sur les cartes postales."