papillon parution 01/2010 - 334 p.

Nous sommes au début du XXème siècle en Nouvelle Zélande à Wellington. Des chinois immigrent vers cette terre qu'ils nomment "la Nouvelle Montagne d'Or" et ou ils espèrent faire fortune. Wong Chung-shun a fait venir son frère Chung-yung . A l'époque, celui-ci avait 18 ans, était instruit, bientôt père, et il va se retrouver vendeur de fruits et légumes dans une ville ou les chinois sont "pire qu'un juif, à peine mieux qu'un chien".

En parallèle, Katherine McKechnie vit avec son mari et ses deux enfants dans le même quartier. Pas d'amour dans le couple, et aucune reconnaissance dans sa vie de femme. 

Les deux solitudes vont se retrouver sur fond d'émancipation des femmes, de méconnaissance raciste des moeurs des autres peuples, de révolution chinoise et de première guerre mondiale,

Alison Wong est elle-même née en Nouvelle Zélande de parents asiatiques. Son roman est mi-historique (nombreux personnages, évènements, sites) et mi-fiction (amour interdit entre une blanche et un asiatique).

J'aime ce mélange qui permet de connaître un pan de l'histoire tout en découvrant une rencontre sensible et émouvante.

Un peu de mal au début à rentrer dans le livre mais j'ai ensuite été emportée par l'histoire (ou par les histoires, car il s'en passe des choses ...). Un bon roman.

Extrait : "En se promenant la nuit, ils avaient vu un flamboiement aveuglant dans le ciel. Elle lui avait raconté que la même comète était apparue en 1066, juste avant une bataille dont il n'avait jamais entendu parler."Certains prétendent qu'elles annoncent la fin du monde" ajouta-t-elle en se serrant dans son manteau.

Quand ils passaient sous un réverbère, il observait son profil : son nez, sa joue, ses lèvres pleines illuminés; puis leur absorption dans l'obscurité et leur lent retour à la lumière.

Oui, songea-t-il. Pas le mot lui-même, car il n'existe rien d'aussi simple en chinois qu'un oui ou un non universels, mais une multitude d'expressions à leur place; chacune disant bien ce qu'elle veut dire. Oui, les astrologues chinois croyaient la même chose, qu'une comète annonçait une catastrophe, pourtant il existait une autre interprétation. "