houellebecq_

Jed Martin est devenu artiste par hasard, Il n'a aucune consistance et une vie terne dans un petit appartement parisien. Un homme sans enthousiasmes ni émotions, qui ne réagit pas quand sa petite amie s'en va, qui est détaché de tout. Il connaît le succès grâce à ses photographies de cartes Michelin mais reste spectateur de sa vie et de la reconnaissance du milieu artistique .Dans sa seconde période, il entreprend de peindre le monde du travail et rencontre Michel Houellebecq "un vieux décadent fatigué" pour qu'il écrive l'introduction du catalogue de sa future exposition.  Dans la troisième partie du livre, on tombe sur une sombre histoire de meurtre.

J'avais une appréhension à la lecture de ce livre : retrouver la déchéance gratuite et la noirceur que j'avais trouvé et que je n'avais pas aimé dans "Plateforme". Mais là on est loin de ses autres romans.  On suit le parcours d'un homme sans aspérité, et à force de gommer toute provocation, on se retrouve dans une oeuvre bien tristounette.

C'est difficile de suivre un anti-héro qui se laisse porter par les évènements, on n'a pas envie de le retrouver. Par contre, j'ai beaucoup aimé le fait que Houellebecq se mette en scène. La façon dont il se décrit et dont il démonte les soirées mondaines des people, montre un humour assez étonnant. On se retrouve dans un livre plutôt classique qui intègre des données modernes.

Je reste cependant un peu déçue par ce livre qui ne me laissera pas un souvenir impérissable et qui ne mérite pas tout le bruit que l'on a fait sur sa sortie.

C'est grâce à Price Minister que j'ai pu lire ce livre, dans le cadre d'un match "Despentes / Houellebecq".  Rendez-vous le 08 novembre pour le résultat.

Extrait : "Ainsi, Jed se lança dans une carrière artistique sans autre projet que celui - dont il n'appréhendait que rarement le caractère illusoire - de donner une description objective du monde. Malgré sa culture classique, il n'était nullement - contrairement à ce qui fut écrit par la suite - habité par un respect religieux des maîtres anciens ; à Rembrandt et Vélasquez il préférait largement, dès cette époque, MOndrian et Klee."