7714444922_rien-ne-s-oppose-a-la-nuitparution 08/2011 -436 p.

Nouveauté rentrée 2011

roman ou autobiographie ?

Je vais avoir une note dissonante dans le concert de louanges que j'ai lu autour de ce livre :

 - j'ai beaucoup aimé le jeu d'écriture, le passage entre les chapitres d'histoire, et les chapitres ou l'auteure nous prend à témoin de sa difficulté à écrire ou à faire parler sa famille. 

- j'ai par contre beaucoup moins accroché à l'histoire en elle-même. Celle d'une famille bien sous tout rapport à l'exterieur, mais qui cache des failles, des secrets, des douleurs, comme dans bons nombres de familles. 

Tout part du décès de la mère de l'auteure. Un suicide qui vient après des années de luttes contre une dépression profonde, un cancer.... En découvrant sa mère, Delphine de Vigan a eu besoin d'écrire sur elle et sur sa famille. Et c'est là que j'ai trouvé que ça n'allait pas. Elle a BESOIN d'écrire, comme une psychothérapie... et nous, nous sommes là, voyeur de ses errements, de ses difficultés à raconter une famille qui est, sommes toute, assez banale.

J'ai été assez détachée du début du livre. Delphine de Vigan raconte des souvenirs, une histoire lointaine remontant à l'enfance de sa mère, un moment ou l'auteure n'existait pas et ne donne donc pas de sentiments. Vient ensuite sa naissance, sa propre enfance, et les premières émotions. Mais ce n'est qu'à la fin du livre que j'ai vraiment ressenti de l'empathie pour sa mère, une femme cassée qui s'est battue toute sa vie pour juste vivre.

Des suicides, des membres de la famille atteints de symptômes psychologiques divers (dépression, bi-polarité, schizophrénie...), des accidents ... c'est le lot de cette famille, il se trouve que c'est aussi le lot de la mienne (et je pense de beaucoup d'autres familles nombreuses).

Delphine de Vigan a voulu mettre des mots sur ses maux, sur sa culpabilité de n'avoir pas pu sauver sa mère. Je retiendrai l'interêt de la structure du texte, mais je ne serai pas marquée par cette histoire familiale.