la réparation

La fille de Colombe Schneck s'appelle Salomé, comme la petite cousine de sa mère qu'elle n'a pas connu et qui est morte en déportation à l'âge de 7 ans. Elle se rend compte qu'elle ne connaît pas l'histoire de sa famille, de ses grands-parents qui ont réussi à se cacher en France, et de ses grandes tantes qui vivaient en Lituanie et qui ont perdu maris et enfants.

Colombe Schneck se demande si elle a la légitimité pour écrire une énième histoire sur la Shoah, elle qui n'est ni historienne, ni spécialiste ; elle qui est frivole et insouciante. Mais c'est l'histoire de sa famille qui se fait jour petit à petit, des moments de joie volées dans le ghetto de Kovno, et surtout la vie qui reprend après l'horreur.

Faire le choix de la vie en mettant de côté la honte et la culpabilité de s'en être sorti vivant. Un choix fait par les tantes alors que la grand-mère de Colombe reste dans l'idée que l'on ne doit rien réclamer quand  on a eu la chance de survivre, que l'on ne doit pas avoir de désir égoïste, que l'on n'a pas le droit de se plaindre ou de faire des caprices.

Difficile de penser à l'avenir quand on a perdu sa famille dans les camps, avoir foi dans la vie et dans Dieu après les atrocités vécues. Quand on a eu qu'un seul but pendant des années qui est celui de tenir, comment avancer ensuite quand on ne sait pas ou aller, quand personne nous attend. 

Un très beau livre, émouvant et plein de sincérité.