deux dans berlinparution 06/2012 - 430 p - traduit de l'allemand

Je suis toujours en train de lire les 6 ouvrages sélectionnés pour le prix des lecteurs "rue des livres" (le festival a lieu en mars à Rennes). C'est mon quatrième. Ces livres ont pour particularité de parler d'une ville.

Ici, nous sommes à Berlin, dans les derniers jours du Reich

C'est un roman mi-historique, mi-polar, à deux voix :

- celle de Haas, un épicier Berlinois qui a profité du système (les commerçants juifs qui sont déportés lui enlevant toute concurrence, des meubles à bas prix qui ont été prix aux juifs ...) mais qui été lui même déporté à Buchenwald après avoir été dénoncé. Évadé, il revient à la recherche de ses anciens voisins pour savoir qui l'a donné et se venger.

- celle de Kalterer, officier SS, ancien policier Berlinois qui a été envoyé au front, a vu les horreurs des exterminations, et revient à Berlin après avoir été blessé. Il se rend compte que le vent tourne et qu'il doit se racheter une conscience. Il retourne à la police criminelle ou il est chargé d'enquêter sur la mort d'un dignitaire nazi.

Le livre commence doucement avec la mise en place des deux protagonistes. On apprend petit à petit quelles ont été leurs vies avant et pendant la guerre. Puis tout s'enchaine. Non seulement avec leurs recherches : l'un de ceux qui l'ont donné, l'autre d'un mystérieux tueur, mais aussi avec la destruction de Berlin. Il y a une vision très réaliste de la vie des Berlinois sous les bombardements alliés. La ville disparaît sous les cendres et les gravas, la mort est omniprésente. C'est le chaos avant l'assaut final. Et dans ce chaos, ces deux hommes survivent et continuent leur quête.

J'ai trouvé le départ un peu lent, puis une fois dans l'histoire, j'ai été vraiment happée. Le mélange d'historique et de polar est très bien réalisé. On ressent aussi très bien le retournement de ces deux hommes qui ont tous les deux admirés Hitler à son arrivé au pouvoir et qui sont conscients des dérives du système et de l'horreur que cela à entraîné.  "Ils étaient tous complices, embringués dans cette histoire. Ceux qui s'étaient laissés entraîner, puis les carriéristes, les idiots enfin."

Certains passages sur les bombardements et la population prise au piège sont assez terribles. Les Berlinois sont pour la plupart résignés à la défaite mais il y a toujours un officier ou des enfants des  jeunesses hitlériennes pour relever le menton et continuer à se battre. Sans parler de tous ceux qui ont tournés leurs vestes au dernier moment en prévision de l'après-guerre.

Une page de l'histoire très bien décrite.