et nos yeux doivent accueillir l'aurore parution 01/2014 - 405 p - traduit de l'américain

J'ai beaucoup aimé "Maine" et "Les Débutantes" de Courtney Sullivan. Quand les éditions Rue Fromentin m'ont proposé de recevoir "Et nos yeux doivent accueillir l'aurore" en m'indiquant que Courtney Sullivan "aurait aimé écrire un livre comme celui-ci", j'ai sauté sur l'occasion.

Georgette nous livre le récit de sa vie et de sa relation avec Ann, rencontrée en fac à New-York dans les années 70. C'est un récit légèrement décousu, avec des aller-retour, une parenthèse assez longue sur sa soeur fugueuse et schizophrène, et des propos très intéressants sur le mouvement hippie, le racisme, l'engagement politique, la drogue, la libération sexuelle ... loin des clichés du "peace and love".

Georgette vient d'un milieu défavorisé. Pour elle, la fac est un moyen de sortir de sa condition et de quitter sa famille maltraitante. Ann au contraire vient d'une famille aisée. Dès sa plus tendre enfance, Ann est révoltée par la pauvreté et les inégalités sociales et développe une haine féroce contre sa famille riche et selon elle exploitante des pauvres. 

Georgette va mener une vie plutôt simple, parfois chaotique en fonction des évènements politiques des années 70, parfois difficile parce qu'il est long de se défaire d'une enfance sans amour, mais elle a tendance à subir sa vie sans réelle prise de décision

Ann au contraire est une écorchée vive. Une jeune femme à la sensibilité à fleur de peau qui n'accepte pas le monde dans lequel elle vit. Militante de la première heure contre la guerre du Vietnam, pour la libération de la femme et surtout pour l'égalité entre les races, sa vie en sera à tout jamais marqué.

C'est une lecture dense, avec des moments ou j'ai été embarquée, et des moments ou j'ai trouvé quelques longueurs. L'univers des années 70-90 aux Etats-Unis est très bien transcrit. L'écriture est facile, les mots sont justes, dommage qu'il y ait des petits moments en trop.

Une belle lecture qui me restera en mémoire.