ma mère à l'ouestparution 2012 - 141 p.

Bon, après deux livres asses durs, je me suis dit que j'allais me faire une petite pause avec un livre "jeunesse". Et bien c'est raté ! Ce livre, destiné plutôt aux lycéens, n'est pas du tout un livre facile à lire et les messages nombreux qui le composent sont douloureux mais plein d'espoir.

Samantha a 16 ans. Elle est enceinte et s'apprête à aller subir une interruption de grossesse. Avant, elle explique à son ami, Laurent, la vie qu'elle a eu. Elle est née d'une mère déficiente mentale, elle même abandonnée à la naissance. Cette mère qui n'a pas beaucoup d'intellect mais beaucoup d'amour à donner va s'en occuper les six premières années de sa vie. Au moment de son entrée à l'école, les institutions sociales considèrent que sa mère n'est pas en mesure de s'en occuper et lui retire sa garde. Elle va être alors ballottée de familles d'accueil en institutions, subissant à chaque fois l'abandon et parfois même des sévices. Émancipée à 16 ans, elle va enfin pouvoir retrouver sa mère, qui, même si elle a de faibles capacités, lui donne ce que personne ne lui a donné auparavant : un amour inconditionnel.

Les questions sous jacentes de ce livre sont : est-ce qu'il faut mieux être élevée par une mère pas parfaite mais aimante ou par des foyers d'accueils ? Pas de mère du tout ou une mère défaillante ? Et comment les institutions peuvent aider ces mères à garder et élever au mieux leurs enfants sans systématiquement leur enlever ? Doit-on opérer les handicapés pour qu'ils n'aient pas d'enfants ou ont-ils droit à une vie sentimentale et sexuelle ? 

C'est donc un roman qui bouscule, qui dérange. Un roman beau et dur qui m'a fait penser au magnifique roman de Jeanne Bennameur "les demeurés".