cherchez la femme parution 02/2013 - 549 p.

Inconditionnelle d'Alice Ferney depuis la parution de "Grâce et Dénuement", je me suis précipitée chez mon libraire dès la parution de son nouveau roman.

Que dire de ce roman foisonnant sur l'amour, le couple, la culture familiale et les sentiments amoureux ?

On va suivre de manière très fouillée et dans les moindres détails la vie de Serge et Marianne (en forme d'étude de caractère comme le dit la quatrième de couverture). On commence par les parents du couple et les conséquences d'une éducation, en partant du principe que notre destiné est étroitement lié à celle de nos aïeux.

Serge est adulé par ses parents issus d'un milieu modeste. Il est dans le paraître, brillant et narcissique. C'est un homme en représentation permanente qui cache derrière un paravent d'intelligence et d'aisance un vide émotionnel.

Marianne a grandi dans un milieu aisé, entourée d'une mère tyrannique et d'un père qui ne disait rien. Rencontrer Serge, c'est le moyen de se libérer de sa famille.

Alice Ferney va décortiquer leur rencontre, leurs vies, leurs sentiments, et l'amour inconditionnel que Marianne voue à Serge. Et c'est tellement décortiqué que du coup on perd de la spontanéité. L'analyse de tous les sentiments est parfois un peu lourd.

Il n'en reste pas moins que ce livre présente une belle fresque familiale analysée très finement. Mais sa réflexion sur le mariage et le couple est selon moi plus proche de l'étude que du roman, et cela m'a déstabilisé.

Un petit bémol donc.

Extrait : "Nina comprenait que l'amour l'avait ensevelie vivante : celui de sa mère qui avait manqué et ne s'était pas exprimé, celui de sa grand-mère qui l'avait séparée, celui de son mari qui l'avait enfermée, et celui des enfants qui l'avait occupée, ravie au double sens du terme. Il eût fallu, il fallait, dompter cette force colossale qui s'empare de l'être et de la vie, et dont on ne se méfie pas sous prétexte qu'on l'appelle amour. Même l'amour était plein de poisons. il naissait de la maladie du manque et du désir, il devenait une dévoration pure et simple."