la nuit en vérité parution 08/2013 - 308 p

1er ROMAN LU DE LA RENTRÉE 2013

Enzo Popov vit seul avec sa jeune mère dans un grand appartement des beaux quartiers parisiens. Ils n'en sont pas propriétaires, ni locataires, juste gardiens. Le couple qui l'habite revient de temps en temps sans prévenir. Il faut que tout soit prêt, rangé et propre pour leur éventuel retour. Enzo et sa mère partage la même chambre, mais c'est difficile quand on a 12 ans et qu'on commence à sentir son corps changer de ne pas avoir d'espace de liberté. Et ce n'est pas au collège qu'Enzo va se sentir libre. En surpoids, considéré comme "le fils de la femme de ménage", il est la tête de turc des élèves de ce collège "huppé". 

On va suivre la relation fusionnelle d'Enzo et de sa mère qui vivent chacun dans leur coin l'experience de l'exclusion : Liouba a eu son fils à 17 ans et rêvait d'un autre avenir, Enzo est rejeté par les collégiens. Ils sont tous les deux décalés, humiliés.

La première partie du livre est tout en pudeur, en réserve. On suit l'évolution de la relation mère-fils, les espoirs déçus, les non-dits (Enzo ne connaît rien de l'histoire de sa mère), la solitude, mais aussi une formidable envie de vivre. C'est très bien décrit, parfois un peu lent, mais on sent une tension sous-jacente qui ne tardera pas à exploser.

Dans la deuxième partie tout est chamboulé, la lutte contre la poussière de Liouba, son envie de voir son fils s'en sortir en le mettant dans un bon collège, la violence des élèves contre Enzo ... le tout entouré de rêves et de pensées qui nous font entrevoir "la vie d'avant".

J'ai été déstabilisée par cette deuxième partie. Pourtant je l'attendais, je l'esperais même, mais pas comme ça, pas ... je ne sais pas ... trop sexuel ? trop abrupt ? trop fantastique ? irréel ? 

Bref, la quête d'Enzo ne m'a pas parlée, et du coup j'ai connu une déception à la fin du livre. Je suis par contre toujours aussi charmée par l'écriture de Véronique Olmi.

Extrait : "Enzo était fatigué. Il enviait sa mère qui luttait toute seule contre la poussière dans l'appartement cosmopolite. Il enviait ses copines qui vendaient des chaussettes chez Tati, du maquillage à domicile et des cuisines par téléphone. Il enviait les marronniers derrière les vitres propres. Les oiseaux en désordre dans les peupliers. Les pêcheurs apathiques sur les quais. Il enviait le monde entier qui n'était pas là, qui n'était pas lui, avec ces garçons et ces filles qui ne savaient plus pourquoi ils le haïssaient, mais s'y tenaient parce que c'était la règle tout simplement."