part de ciel parution 08/2013 - 445 p

Livre de la rentrée - 6ème lu (dont 2 jeunesses) - challenge 1% Hérisson 

J'ai été bien dans ce livre, comme un cocon, une  douceur d'hiver que l'on a envie de retrouver. Que c'est agréable ! Et pourtant ce n'est pas un coup de coeur. Je suis en effet toujours gênée par la forme littéraire des phrases de Claudie Gallay, et notamment les "elle a dit" à la fin des phrases. Cette impression négative a été renforcée par l'utlisation de la préposition "à" pour indiquer la possession "le café à Francky". Alors, quand les deux sont regroupés, c'est carrément insupportable : "C'est les affaires à Ludo, elle a dit". C'est dommage, mais ça m'a gâché une partie de ma lecture.

Carole, Philippe et Gaby, trois frères et soeurs, se retrouvent début décembre dans le village de leur enfance, dans le massif de la Vanoise. Leur père leur a envoyé un message pour leur dire qu'il allait revenir. Carole est la narratrice. C'est la seule qui ne vit plus dans le village. Elle est installée à Saint Etienne et apprend à vivre seule depuis le départ de son mari quelques années auparavant et de ses filles parties vivre en Australie. Philippe est garde forestier, une institution du village, un homme droit et bon, passionnée par la nature. Gaby est femme de ménage. Elle vit dans un bungalow fait de bric et de broc avec "La Môme", une jeune fille qu'elle a recueillie bébé. Elle attend le retour de son mari, Ludo, qui purge une énième peine de prison pour des petits trafics.

Tous les trois attendent... et les jours passent dans ce village petit à petit figé par la neige. Rien ne se passe et tout change. Carole est celle qui est partie, l'intellectuelle, celle qui est vu comme la fière, la poseuse. Il y a des blessures d'enfance, des questionnements, des choses qu'elle n'oublie pas et qui la minent ...

Un très beau livre d'atmosphère, de mémoire, d'évocation ... Ça aurait été un beau coup de coeur sans cette construction de phrase qui me heurte.

Extrait : "Une fois par hiver, ma mère nous faisait remplir une bouteille avec de la neige, c'était un rituel, elle nous disait de mettre un voeu à l'intérieur. Un voeu, sous la forme d'une pensée. On laissait la bouteille dehors, sur le rebord de la fenêtre. Quand la neige fondait, le voeu était censé se réaliser. Elle trouvait toujours une explication pour ceux qui ne se réalisaient pas.

Elle disait que, quoi qu'il en soit, nos vies seraient belles. Elle voulait que toutes les histoires qu'elle nous racontait se finissent bien alors elle changeait la fin de celles qui étaient tristes.

Je pensais à elle.

Je me sentais vide, un peu bizarre. Je me suis vue dans le miroir. Le soleil du Val avait bruni ma peau, il l'avait matifiée. Les joues et le front. Je me trouvais normale. Très normale. Cette vallée aussi je la trouvais normale.

J'ai allumé mon téléphone. Le père des filles avait laissé un message :"Carole ? ... C'est moi ... Je te souhaite une belle année. J'espère que tout va bien. Les filles m'ont dit que tu étais au Val ? Tu me rappelles ?"

Il a dit ça : "Tu me rappelles ?""