valse avec bachir

A l'occasion de la lecture du livre de Sorj Chalandon, "le quatrième mur", je m'étais plongée dans des recherches sur la guerre du Liban et la différence entre les druzes, les sunnites, les maronnites, les phalangistes ... la présence des israéliens ... tout ceci m'échappant un peu, je dois l'avouer.

Lors de sa venue à Rennes, Sorj Chalandon avait parlé avec beaucoup d'émotion de ses souvenirs de journaliste qui le taraudait après cette guerre et surtout après la découverte du massacre de Sabra et Chatila. Il nous avait parlé de la résonance qu'avait eu pour lui le film "valse avec Bachir". 

Nous étions nombreuses dans mon groupe de lecture a ne pas l'avoir vu, nous avons donc décidé de nous faire une soirée cinéma à la maison, avec visionnage de ce film d'animation documentaire qui a eu le César du meilleur film étranger en 2009. 

Nous étions sept mercredi soir devant le grand écran, sept scotchées devant la souffrance et le traumatisme de ces jeunes envoyés à la guerre et devant l'horreur du massacre.

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Ari Folman est un metteur en scène israélien de quarante-cinq ans. Un ami vient le voir pour lui raconter un cauchemar récurrent qu'il fait tous les soirs depuis deux ans et qui lui fait revivre un épisode de la guerre du Liban. En discutant avec cet ami, Ari Folman se rend compte qu'il n'a plus aucun souvenir de sa guerre. Il avait dix-neuf ans quand il a été envoyé au front.

Ne lui revient que l'image lancinante de lui même, jeune soldat, se baignant dans la mer devant Beyrouth et croisant des femmes endeuillées.

De fil en aiguille, comme une pelote de laine, Ari Folman va travailler sur ses souvenirs, retrouver les soldats qui étaient avec lui au front, les faire parler jusqu'à retrouver la mémoire.

Il y a une de ces force dans ce film d'animation ! La scénarisation de sa recherche de mémoire, la lumière qui se fait peu à peu sur les atrocités de la guerre, la dignité de ce témoignage, tout monte en puissance pour arriver à la fin à la réappropriation de ses souvenirs, et du coup des images réelles.

Un film dur, émouvant, poignant.