les reflets d'argent parution 04/2013 - 461 p - traduit de l'anglais

C'est le père Noël qui m'a apporté ce livre, grâce aux commentaires positifs recueillis sur vos blogs.

Sur la petite île de Parla, un soir de pleine lune, un homme est retrouvé à moitié noyé sur la grève. C'est un géant de près de deux mètres, un homme barbu aux yeux sombres qui ne sait plus comment il s'appelle et ce qu'il fait là.

Sur cette île à deux heures du continent, des tensions sont palpables, de la tristesse aussi, et ce depuis la disparition d'un îlien quatre ans auparavant. Tom avait 37 ans et la mer n'a jamais rendu son corps. 

Sa mère vit dans la colère, une colère qui lui a permis de vivre quand son mari la battait, une colère qui lui a permis de survivre à la mort de son fils.

Son grand frère qui l'a tant protégé sombre petit à petit dans l'alcool en se reprochant de n'avoir pas été là au bon moment.

Sa femme lutte contre le désespoir et vit dans la solitude.

Sa nièce ne sort plus de chez elle.

et Sam qui était avec lui lors du drame se consume de culpabilité.

Cet homme venu de nulle part va réveiller les légendes qui enchantent l'île et notamment celle de l'homme-poisson, un être mi homme mi poisson qui doit venir à terre pour une personne ou plusieurs, qui ne restera que jusqu'à la pleine lune suivante, et qui sera là pour apporter "espoir et enchantement".

Et effectivement cet homme-poisson si mystérieux va permettre au deuil de se faire, au sentiment de l'absence de prendre sa place dans cette communauté soudée par la tristesse. 

Il y a du vent, du ressac, du sel, des moutons, de la terre, de la finesse et de la force, du désespoir, de la rudesse, des caresses et des coups, et beaucoup d'amour.

Un très beau livre sur le deuil, un peu de longueur au milieu, mais je ne l'ai pas lâché à la fin (heureusement qu'il pleuvait dimanche ...).

Extrait : "Vivre. Je lus ce mot dans le journal six mois après sa mort et ne compris pas -comment pouvais-je vivre ? Le mot m'avait offusquée. Il semblait facile et creux, je tournais la page. Mais plus tard, je m'assis au coin du feu avec un verre de vin et me demandai comment je pourrai lui en décrire le goût -fumée, prune, paille mouillée ? Je me servais de mon corps pour lui. Je faisais ce qu'il ne pouvait plus faire parce que son corps n'existait plus.

Vivre. Il fallait que j'essaie. Je savais qu'il le fallait, et qu'il l'aurait voulu."

Coup de coeur pour Liliba, Clara. Alex a un avis plus mitigé.