la grâce des brigands parution 08/2013 - 283 p

Je ne me suis pas précipitée sur ce livre à sa sortie parce que j'avais moyennement aimé les autres livres de l'auteure. C'était des bons moments de lecture, sans plus.

Et bien là j'ai été emportée par le récit de vie de Maria Crisitina.

Une enfance dans un petit village du grand Nord, entre une mère devenue bigote qui attache les mains de ses filles dans le dos "afin d'enrayer le vice qui possédait leurs doigts et leur entrejambe", un père qui vient de Laponie taciturne et silencieux, et une soeur aînée qu'un accident à laissé à l'âge mental de 14 ans. Dès qu'elle peut, dans les années 70, elle part faire des études à Santa Monica près de Los Angeles. Livrée à elle-même, estomaquée de la vie si différente qu'elle découvre, elle va écrire un livre sur sa famille et devenir célèbre.

Entourée de Joanne, sa colocataire mère-célibataire, Claramunt un écrivain sur le retour qui lui sert de pygmalion, et Garland le garde du corps-taxi de Claramunt, elle va se façonner et apprendre à vivre.

J'ai beaucoup aimé l'écriture de Véronique Ovaldé : des phrases assez longues entrecoupées de majuscules. On ressent l'ambiance familiale plombée de Laperouse, la chaleur de Santa Monica, les errements de Maria Crisitina. Beaucoup d'empathie pour cette jeune femme qui se cherche.

C'est fluide, entraînant, bien construit.

Un coup de coeur pour Clara et Antigone, une petite déception pour Sylire et Stephie.

Extrait : "Quel incroyable talent, quelle empathie, comment fais-tu pour explorer à chaque fois des territoires si différents, il s'est mis à rire, et puis je lui ai dit, C'aurait été tellement bien que tu sois cette gamine, on t'aurait trimballé à droite à gauche, on t'aurait fait parler, c'est ce que veulent les lecteurs et les médias, ils veulent du vécu et une petite gueule triste et glamour et j'ai soupiré et il a soupiré et nous avons pleurniché ensemble sur l'avenir de la littérature et puis il m'a dit, Mais j'ai une bonne nouvelle : ce texte a été écrit par la gamine en question. Et elle a réellement une petite gueule triste et glamour."