réparer les vivantsparution 12/2013 - 280 p

C'est une lecture commune du blogoclub de Sylire et Lisa, et j'ai un peu triché puisque j'avais déjà lu ce livre et que je l'avais commenté le 14 février. Voici donc un copier-coller de mon post.

Simon Limbres à 19 ans. Fan de surf, il rejoint ses deux meilleurs amis pour une session à l'aube. Au retour, un grave accident de voiture le plonge dans un coma irréversible. Se pose alors la question du don d'organes.

On va suivre heure par heure tous les méandres de cette terrible décision. L'infirmier coordinateur qui est prévenu, les parents à qui il faut apprendre la mort du fils et la demande de transplantation, les médecins sur le pont, les receveurs ... c'est un balai très coordonné qui se met en place.

La première partie du livre est basé sur des émotions, du ressenti, alors que la deuxième partie est beaucoup plus technique. Les gestes médicaux sont décortiqués, au point parfois d'avoir l'impression de lire un documentaire !

Beaucoup d'humanité et d'émotion dans ce livre qui se lit d'une traite. Une justesse dans les propos, les atermoiements, les doutes, les pleurs et pour finir l'espoir.

J'ai juste une reproche (qui empêche le coup de coeur) sur le style de l'auteur un peu trop "ampoulé". On se fait balader entre les lignes parfois loin du sujet (l'achat du chardonneret par l'infirmier, les mèches blanches d'une lignée de médecin, l'histoire d'amour d'une infirmière). Sans doute pour nous montrer l'importance de la vie, mais toutes ces descriptions m'ont pesé au bout d'un moment.

Un livre d'amour et de douleur.

Extrait : "Thomas Rémige est demeuré silencieux assis sur le tabouret de fer aux côtés de Révol, jambes croisées haut, et peut-être pensait-il aux mêmes choses que lui, formait-il les mêmes visions. Il a rangé sa boîte d'allumettes, et attend avec eux, le temps s'écoule, bouillie de cervelle et de hurlements muets, puis Révol se lève, immense et livide, sa longue figure emplie de désolation signalant qu'il lui fallait quitter la pièce, je suis attendu, et alors Thomas Rémige est seul auprès des Limbres qui ne se relevaient pas mais s'étaient rapprochés l'un de l'autre, épaule contre épaule, et pleuraient en silence. Il a attendu un moment puis leur a demandé d'une voix pleine d'attention s'ils voulaient repasser dans la chambre de Simon. Ils se sont levés sans répondre, l'infirmier leur emboîtant le pas, mais une fois dans le couloir, Sean a secoué la tête, non, je ne veux pas y aller, je ne peux pas, pas tout de suite, il respirait fort, gonflant les poumons et haussant la poitrine, une main sur la bouche, Marianne s'est glissée sous son épaule - pour le soutenir, pour s'y protéger - et le trio a cessé d'avancer. Thomas s'est approché d'eux et leur a précisé : je suis là pour vous accompagner, pour être avec vous ; si vous avez des questions, vous pouvez me les poser. Sean a suffoqué, puis - comment a-t-il trouvé la force d'articuler ? - a débité d'un trait : qu'est-ce-qui va se passer maintenant ? L'infirmier a dégluti tandis que Sean poursuivait sur sa lancée, la voix ravagée par la révolte et le chagrin : pourquoi est-il maintenu en réanimation s'il n'y a plus d'espoir ? Qu'est-ce- qu'on attend ? Je ne comprends pas. Marianne, les cheveux dans la figure, le regard fixe, frappée, a semblé ne rien entendre tandis que Thomas cherchait une issue, une réponse à formuler : la question de Sean venait trancher la temporalité du protocole, pensée pour contrer la précipitation du drame et la brutalité de l'annonce, favoriser un déploiement di temps, que l'on se donne du temps. C'est un cri auquel il doit faire face. Il décide de leur parler maintenant."