baumes parution 2014 - objectif PAL

Après l'avoir rencontré au salon du livre de Binic, avoir échangé avec elle et l'avoir écouté lors d'une table ronde ... avec en plus Sylire qui me disait que c'était un coup de coeur... j'ai acheté ce petit livre édité dans la collection "essences" d'Actes Sud. C'est une collection qui regroupe, du récit au poème, de l'essai à la fiction, des oeuvres littéraires ayant pour thème le parfum.

Valentine Goby a grandi à Grasse dans une famille de parfumeur. Son père était souvent absent puisqu'il parcourait la planète à la recherche de plantes, de fleurs et de nouvelles senteurs. Les enfants étaient donc souvent seuls avec leur mère. C'était un temps de calme et de douceur. Mais quand le père revenait, tout changeait avec une rigueur, une sévérité mais aussi une odeur très forte d'essence pure qui venait de l'usine. "ll a passé huit heures dans l'usine, l'odeur des cuves est devenu son odeur, il ne la perçoit pas. J'entre dans l'odeur, je reçois le baiser de mon père en apnée. Je m'assois et aussitôt je bloque le fond de mon palais pour ne pas manger l'odeur ; en vain.

Pour faire sa vie et trouver son indépendance, l'auteure va se tourner vers la littérature et l'écriture. 

Un livre où se mélange l'amour et la détestation d'un père. Les sensations, notamment olfactives, sont extrêmement bien décrites. Un petit livre qui reprend les rapports père-fille et qui décrit le parcours réparateur de leurs relations.

Extraits : "Il est ahurissant ce retour vers l'enfance, vers la toute-puissance paternelle, qui dicte, inconscient de l'humiliation qu'il inflige, et l'air que tu respires, et l'odeur qui doit émaner de toi."

"Je veux écrire chaque émotion avec la précision d'une formule olfactive. La disséquer composante après composante, conduire le lecteur de l'une à l'autre, et ainsi jusqu'à épuisement de l'ensemble des éléments du bouquet pour qu'à la fin ce soit le lecteur qui fasse la somme, qui nomme, qui conclue au chagrin, à la tendresse ou à l'angoisse, que je ne nommerai pas moi-même. [...]Je rêve d'un roman qui serait déduction pure."