a lui

Mon papillon blanc

Mon étoile filante

Mon puits de jouvence.

Un premier livre sous forme autobiographique. Un livre qui commence par le suicide du frère de 18 ans de Lise, pas gai me direz-vous.
Oui, mais c'est ce qui suit qui est intéressant : le cheminement de cette terrible épreuve vers la lumière.

Alors il y a la colère, la culpabilité, la façon qu'a chacun d'accepter, la douleur, le repli sur soi et enfin la thérapie qui permet de se libérer.

Les premières pages sont dures. Le départ souhaité d'un jeune à qui, à priori, tout sourit. Les recherches, l'espoir, la douleur, l'incompréhension. Tout le monde entoure, écrit, soutient, aide ... et puis vient le temps du quotidien et de la solitude. Chacun à sa manière de faire son deuil. Lise est la seule fille dans cette famille nombreuse. Elle prend la place de la jeune fille parfaite, travailleuse. Elle essaye de protéger ses parents, se construit une carapace, garde sa souffrance pour elle, cache sa peine. 

Il faudra une main tendue et une rencontre pour qu'enfin, adulte, elle accepte de parler de son immense chagrin et se tourne vers la vie.  Un développement personnel très bien écrit.

Parce qu'au delà de ce chemin vers une liberté d'esprit et une vision positive, ce que j'ai aimé c'est la qualité de l'écriture de ce premier roman. Lors de la description des faits, au début, l'écriture est réaliste mais délicate . Puis petit à petit on va vers un style plus métaphorique, qui nous amène vers la délivrance.

objectif pal

Un livre qui, par son thème, m'a fait penser à celui d'Angélique Villeneuve "nuit de septembre". J'avais été gênée par cette lecture, peut-être parce qu'écrit très peu de temps après l'évènement. Là il y a des années de recul, et sans doute me suis-je plus retrouvé dans cette jeune fille qui n'ose pas exprimer ses sentiments que dans celle d'une mère forte.

Mais dans ces deux livres, ce qui est beau, c'est qu'au-delà du deuil, le thème principal est plus l'espoir et la vie.

Un livre qui rentre aussi dans mon objectif PAL de 2018.

Extrait : 

"Je sais qu'il faut l'épargner, ne pas faire de vague, pour la protéger. Même la consoler, si seulement je pouvais. Mais malheureusement, j'en suis incapable. Je ne peux que me faire discrète, m'effacer, renoncer à l'adolescence qui veut s'installer, et continuer ainsi d'être la petite fille modèle dont ma mère a besoin pour chasser sa tristesse. Je range ma chambre, me couche tôt, ne sors pas, ne vis pas, me cache sous ma carapace, me blinde, me bétonne, et quand je suis à bout, ne pouvant hurler ma douleur, je sors les griffes : "Laissez-moi tranquille !" et je claque ma porte."