testament à l'anglaise

Livre lu dans le cadre du Blogloclub organisé par Amandine et Florence.

La famille aristocratique de Winshaw régit non seulement un manoir le "Winshaw Towers", mais aussi la vie politique, économique et artistique de l'Angleterre des années Thatcher.  Mais voilà que Tabitha, la soeur aînée, considérée comme folle et enfermée depuis de longues années dans un asile, commande à un jeune écrivain, Michael Owen, un livre sur l'histoire de sa famille. On découvre ainsi, de personnage en personnage, leurs vraies personnalités, avec trafic en tout genre, manque de moralité, malhonnêteté, manipulation et autres fourberies. C'est comme un puzzle qui se met en place avec l'implication des uns et des autres.

Quand j'ai commencé ce livre, je m'y suis plongée avec délectation, contente de trouver enfin un livre que j'avais hâte de retrouver. Il y avait de l'intrigue, des histoires de famille, de la folie, un secret ... plein d'ingrédients servis par une belle écriture.

Mais au fil des pages, j'ai trouvé que les longueurs prenaient le pas sur l'intérêt de l'histoire. La construction m'a gênée : on passe d'un personnage à l'autre et cette situation très riche m'a perdue. J'ai retrouvé dans le dernier quart du roman mon intérêt du début et j'ai renoué alors avec le plaisir de la lecture.

Une critique sociale de l'Angleterre des années 80 façon Cluedo, des portraits de cette dynastie véreuse très bien peints, une belle écriture, une fin époustouflante, et cependant une lecture en mi-teinte avec une intrigue qui monte en puissance lentement et trop de longueurs sur la vie politique des protagonistes.

Extrait : "Ils ont tous du sang sur les mains. Il n'y a pas de limite aux morts qu'a provoquées l'immonde commerce de Mark. Dorothy a participé au meurtre de mon père, en le nourrissant de saletés ; et Thomas l'a poignardé dans le dos, en emportant l'argent de sa retraite. Roddy et Hilary se sont certainement mis de la partie. Si l'imagination est notre sang et la pensée notre oxygène, alors le travail de Roddy est de nous couper les veines et celui de Hilary est de s'assurer qu'il n'y a plus de vie dans notre crâne. Pendant ce temps, ils restent chez-eux à s'engraisser tranquillement, et nous nous sommes ici. Nos affaires s'effondrent, nos emplois disparaissent, notre campagne étouffe, nos hôpitaux se délabrent, nos maisons sont confisquées, nos coeurs empoisonnés, nos cervelles se bloquent, tout l'esprit de ce fichu pays est broyé et suffoque. Je hais les Winshaw, Fiona."