couleurs de l'incendie

J'avais beaucoup aimé "Au revoir là haut", en roman puis en BD et enfin en film. Et c'est donc avec plaisir que je me suis lancée dans la lecture de cette "suite".

On retrouve Madeleine Péricourt au moment de l'enterrement de son père, sept ans après la fin du dernier roman. Un évènement va alors perturber la cérémonie, et ce chaos n'est que le début d'un renversement de situation qui va entraîner ce qui reste de la famille Péricourt dans des abîmes. Mais c'est sans compter sur la volonté de Madeleine face à l'adversité.

L'auteur arrive, dès le premier chapitre, à nous plonger dans une série de rebondissements sans temps mort. Les personnages secondaires (Vladi, Robert, Dupré, Solange) sont très bien campés et apportent une gouaille vivante et une impertinence qui prend le contre-pied de la bourgeoisie et du monde de la banque et de l'industrie. On retrouve aussi avec plaisir le côté historique avec la politique des années 30, la montée du fascisme et du nazisme, l'importance de l'armement, le rapprochement avec l'URSS.

Une atmosphère à la fois sombre et pleine d'humour, des portraits incisifs, un style fluide, une intrigue bien mené. J'ai passé un très bon moment de lecture et si je ne mets pas de coup de coeur c'est que quelques points m'ont paru trop "gros".

Extraits : "La conversation suivait un parcours immuable. La politique d'abord, puis l'économie, l'industrie, on terminait toujours par les femmes. Le facteur commun à tous ces sujets était l'argent. La politique disait s'il serait possible d'en gagner, l'économie, combien on pourrait en gagner, l'industrie, de quelle manière on pourrait le faire, et les femmes, de quelle façon on pourrait le dépenser."

"- C'est de la politique, Gustave, rien d'autre ! Personne ne veut d'une nouvelle guerre, Hitler fait monter les enchères pour devenir chancelier, il hausse le ton, mais il cherchera une voie pacifique. Les conflits coûtent trop cher.

- Chacun jugera ... Et l'histoire dira."