mille petits riens

2015. Ruth est une sage femme afro-américaine très appréciée de ses collègues et de sa hiérarchie et qui n'a jamais eu de problème depuis plus de vingt ans qu'elle travaille dans la maternité de cet hôpital de New-York. Mais quand le bébé d'un couple de suprémacistes blancs meurt peu de temps après sa naissance, c'est à elle qu'ils vont intenter un procès. Elle à qui ils avaient interdit de toucher le bébé, elle que la direction va lâcher, elle qui se retrouve seule, sans travail, avec son fils unique.

Lors de son procès, une avocate de la défense publique, Kennedy, est désignée. Elle explique à Ruth que, si elle veut gagner son procès, elle doit mettre en avant des manquements de l'hôpital mais en aucun cas sa couleur de peau. Si elle annonce que Ruth a été licenciée pour un problème raciste, le procès sera perdu.

Ruth est partagée entre le fait de gagner le procès, et celui de faire comprendre ce qu'elle vit tous les jours : les fouilles dans les magasins, les vérifications d'identité, les regards de travers, les blagues racistes ... tous ces mille petits riens qui forment le racisme quotidien.

Trois personnes vont tour à tour exprimer leur opinion : Ruth l'infirmière bafouée, elle qui a passé sa vie à ne pas faire de vague - Kennedy l'avocate intègre persuadée de savoir ce qu'est le racisme et ce qu'il faut faire pour ne pas perdre le procès - et enfin Turk le père du bébé, un jeune homme blessé et haineux.

Un roman avec beaucoup d'humanité et de dignité et des personnages attachants.

Extrait : « Je sais ce que vous pensez en ce moment : Je ne suis pas raciste, moi. C'est clair, nous avons eu un exemple vivant de ce qu'est le vrai racisme, incarné par Turk Bauer. (…) Pourtant, même si nous décidions d'envoyer tous les néonazis de cette planète sur Mars, le racisme existerait encore. Parce qu'en réalité le racisme ne se résume pas à la haine. Nous avons des préjugés, même si nous n'en sommes pas conscients. »