Aout 61

J'ai été scotchée il y a quelques années par le livre "Max" de cette auteure, et j'ai donc été très heureuse de recevoir celui-ci via l'éditeur.

Ben est un vieil homme octogénaire qui vit à Paris. Il commence à perdre la mémoire mais une voix intérieure va l'obliger à se souvenir des méandres de sa vie.

* La première partie du livre reprend son enfance, son adolescence et le début de sa vie d'homme adulte.

Son enfance est marquée par la déportation alors qu'il n'avait que onze ans. S'appelant alors Beniek, ce petit polonais juif de 10 ans a survécu aux camps et à la marche de la mort. A la fin de la guerre il se retrouve dans un centre pour les enfants survivants des camps, à la périphérie de Munich. C'est là qu'il fait la connaissance de Tuva, une jeune fille un peu plus jeune que lui, d'origine norvégienne, née dans un Lebensborn et qui s'est échappée de chez ses parents adoptifs, des allemands.

Une amitié très forte née entre les deux, juste avant que Ben ne soit envoyé en Angleterre, pendant que Tuva rejoint sa mère biologique en Norvège.

La voix intérieure de Ben ne va cesser de le harceler pour qu'il se souvienne de sa vie en Angleterre suivi par son arrivée en France. Son métier et ses retrouvailles avec Tuva en août 61, qui vit maintenant avec ses grands-parents paternels à Berlin Est.

 

* Dans la deuxième partie du livre, nous suivons la vie de Tuva, à partir des retrouvailles.

Tuva qui a fait le choix de rester à Berlin Est quand le mur s'élève. On passe alors à l'époque de la guerre froide, la vie surveillée, la liberté étriquée, l'endoctrinement et la délation.

J'ai été happée par cette deuxième partie, par les choix de Tuva, sa détermination et sa fragilité, son envie d'une vie loin du nazisme, sa prise de conscience, son quotidien. Je me suis beaucoup plus attachée à elle qu'à Ben qui est certes sympathique mais qui manque de caractère.

Il est intéressant de faire un parallèle entre le nazisme et le communisme où on retrouve de nombreux points communs comme la privation des libertés, l'embrigadement des jeunes, l'enfermement des opposants et le culte de la personnalité des dirigeants. Mais j'ai trouvé que l'auteure voulait en mettre trop dans son roman et que du coup on s'y perd un peu. Entre camps de concentration, Lebensborm et vie à Berlin Est, on a du mal à intégrer toutes ces informations.

Cela a donné, pour moi, une première partie confuse sur Ben, avec plusieurs voix qui lui parlent et des retours en arrière incessants, et une deuxième partie trépidante au rythme de la vie de Tuva.

D'un point de vue historique, j'ai appris que les nazis avaient installé en Norvège, entre 1941 et 1945, dix maternités "aryennes" et que les enfants nés dans ces centres avaient été stigmatisés ensuite. (pour plus d'infos).

C'est un livre qui me restera en mémoire.