Une-saison-douce

Dans un petit village de Sardaigne qui se délabre et se vide, débarque un groupe de migrants à qui on a affecté une vieille maison en ruine. Ils sont accompagnés de quelques humanitaires chargés de les installer.

Les migrants ne sont pas contents d'être relégués dans un endroit paumé très loin de leur rêve d'Europe pour lequel ils ont payé le prix fort.

Les habitants du village voient d'un très mauvais oeil l'arrivée de ces "envahisseurs" malpropres et potentiellement dangereux.

Et puis, petit à petit, certains migrants et certaines autochtones vont se rapprocher. Finalement, ce village où il n'y a plus de jeunes, où les bâtiments se dégradent, où rien ne se passe, va vibrer à nouveau. 

Alors bien sûr il y a les "contre", que ce soit chez les migrants qui ne veulent pas rester dans ce coin perdu, ou du côté des villageois qui se sentent envahis, mais l'auteure s'attache plutôt à ceux qui vont changer d'avis, se parler, se comprendre, s'aider et faire de cette rencontre un événement positif.

L'histoire est séduisante, mais le choix narratif qui est d'utiliser comme narrateur le "nous" pour le choeur des femmes sardes, m'a laissé sur le côté. Je n'ai pas réussi à vraiment ressentir de l'empathie et de la proximité avec les personnages.

 Je suis donc passé un peu à côté de ce "conte" humain et bienveillant.

Extrait : "Désormais, coupables de faire cause commune avec les envahisseurs, rejetées par nos amis, par nos maris, par nos mères et par nos belles-mères, nous ne pouvions plus bavarder qu'avec l'ennemi. Et c'est en compagnie de l'ennemi que, souvent, nous allions nous promener dans les environs du village. Il nous semblait n'y avoir rien qui vaille vraiment la peine d'être montré, rien que de la broussaille et des moutons. Mais les humanitaires, citadins pour la plupart, et quelques-uns des migrants, s'enthousiasmèrent. Et grâce à eux, nous qui en avions par-dessus la tête des moutons sardes, nous commençâmes à les voir d'un autre oeil. "