la douceur de l'eau

Un livre qui tourne dans mon groupe de lecture, une première lectrice peu enthousiaste, mais l'attrait de la couverture et du titre ont été les plus forts. Et je n'ai pas été déçue.

Nous sommes en Géorgie, à la fin de la guerre de Sécession. Dans le village sudiste de Old Ox, on voit apparaître avec désagrément des soldats de l'Union, et même si les esclaves ont été émancipés, ils sont peu à profiter réellement de leur liberté.

Deux frères, Prentiss et Landry, ont quitté leur ancienne plantation de coton et ont été accueillis par le voisin, Georges Walker. Celui-ci a toujours vécu en rentier, profitant de la fortune qu'avait construite son père avant lui. Mais un événement va bousculer sa vie, et il prend la décision de cultiver enfin ses terres, ceci avec l'aide des deux hommes qu'il va héberger et rémunérer.

Cette action est très mal vue dans le village.

Dans ce roman, on trouve la bêtise crasse d'hommes qui se sentent supérieurs parce qu'ils ont le pouvoir, l'argent ou la bonne couleur de peau. Mais on trouve aussi la douceur de l'amour familial, le soutien amical et la liberté au bout du chemin.

La solitude y prend aussi une grande part. Solitude face à l'intolérance ou face à la haine.

Les personnages sont très bien vus, qu'ils soient haïssables ou attachants. 

Roman historique, d'aventure et/ou saga familiale, j'ai passé un très bon moment de lecture (il y a juste la fin que j'ai trouvé un peu longue, mais ça ne m'a pas non plus gâché ma lecture).

 

Extrait :

"Ezra se pencha vers lui.

"La présence de ces soldats n'est pas une garantie de tranquillité. Cette ville n'est pas aussi paisible qu'il y paraît. Ils ont été humiliés pendant la guerre, et maintenant ils sont inquiets. Tes agissements sont une provocation qui les met en ébullition.

- Je me sens bouillir moi-même.

- Georges, il y a des hommes pour qui un salaire ne serait pas du luxe. Ils reviennent de la guerre avec leurs blessures pour seule richesse. [...]

- Je n'ai voulu provoquer personne. Les frères sont durs au labeur, ils ne posent aucun problème, ce sont des braves garçons et de bons ouvriers."

Les traits d'Ezra se durcirent.

"- Tu ne peux pas permettre à ces deux-là de venir en ville marchander des vêtements neufs, les poches pleines de billets, alors qu'ils croisent des Blancs qui mendient quelques pièces. Au moins diminue leurs gages. Les autres propriétaires terriens se sont adaptés aux circonstances en mettant en place des règles tout à fait raisonnables.

- Je vous arrête tout de suite. Il n'est pas question d'imposer des dettes à des hommes honnêtes et de les obliger à rembourser leurs salaires comme s'ils étaient de nouveau des esclaves. Je ne dis pas qu'ils ont droit à un rôti de porc tous les soirs, mais un peu de décence, enfin, Ezra !"