le blog des fanas de livres

Une famille passionnée par la lecture et qui veut vous faire partager ses découvertes

14 octobre 2009

L'étrange disparition d'Esme Lennox, de O'Farrell Maggie

l_etrange_disparition parution 03/2008 - 231 p - traduit de l'anglais (Irlande)

Que dire de ce livre voyageur qui a déjà été largement commentés dans l'univers blogguesque, si ce n'est que j'ai beaucoup aimé. Aimé l'atmosphère, l'histoire, l'écriture, le suspense.

Nous sommes dans les années 1930, en Écosse. Esmé à 16 ans et se veut libre, "farfelue" disent les autres. Elle voudrait poursuivre ses études, n'accepte pas les règles de bienséances de son milieu et refuse le mariage par convenance.

C'est une époque ou l'on peut facilement mettre les femmes dans un asile, quand elles ne correspondent pas au profil de la société. c'est ce qui va arriver à Esmé, enfermée contre son gré pendant de longues années. Jusqu'à ce que....

Très bon livre, émouvant et prenant.

Les avis positifs sont unanimes : bien sûr Ys qui en a fait un livre voyageur (merci infiniment pour cette découverte), mais aussi Anne, Florinette, Bellesahi, et bien d'autres....

Extrait : "Avril mène à mars, puis à février, et Iris lit que des femmes refusent de parler, de repasser le linge, se disputent avec leurs voisines, sont hystériques, ne font pas la vaisselle, ne balaient pas le sol, ne veulent pas avoir de relations avec leur mari, ou en veulent trop, ou pas assez, ou pas comme il faudrait, ou en chercher ailleurs. Elle voit défiler des maris au bout du rouleau, des parents incapables de comprendre les femmes que sont devenues leurs filles, des pères qui ne cessent de répéter que leur petite était une enfant adorable. Des filles qui n'écoutent personne. Des épouses qui, un beau jour, font leur valise, quittent la maison en refermant la porte derrière elles, et qu'il faut faire rechercher pour les ramener de force."

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12 octobre 2009

Histoires indiscrètes d'une famille sans histoire, Roncagliolo Santiago

histoire_indiscr_te parution 04/2009 - 220 p - traduit de l'espagnol (Pérou)

Un roman sur les non-dits ai sein d'une famille, des petits mensonges qui plombent la famille sans en avoir l'air.

La famille Ramos a l'air heureuse de l'extérieur : un couple uni, deux enfants qui grandissent sans problème, un grand père qui perd un peu la tête mais est en forme. Mais quand on rentre dans l'intimité de chaque membre de la famille, on constate qu'ils sont incapables de se parler ; ce manque de communication va entraîner chacun à faire des choix désastreux. Même le chat est perdu.

Bon roman, un peu lent au début... et puis on s'attache aux personnages, à ces gens ordinaires qu'un manque de communication peut faire basculer. Pas inoubliable, mais bon moment passé avec le premier roman de cet auteur.

Extrait :"Alfredo s'assit sur le lit et se déshabilla en lui tournant le dos. Il le faisait toujours ainsi, pendant qu'elle allumait le téléviseur de la chambre pour regarder le journal. Il finit de se changer et il se coucha. Maintenant, ils étaient tous les deux côte à côte, les jambes tendues en direction de la télé. Alfredo se dit qu'ils pourraient faire l'amour, ou s'embrasser, mais il constata une fois de plus qu'elle ne l'attirait pas physiquement. Il en allait ainsi depuis longtemps. Il avait beau la trouver belle et l'aimer, pour ce qui était de la toucher, c'était une autre affaire. Il prit la main de Lucy, posée au milieu du lit, seulette. Elle sourit. A la télévision, une femme se plaignait tristement que son chemisier était taché de chocolat. Elle avait l'air très déprimée, mais de petits points blancs qui poursuivaient de petits points marron surgirent et elle parut heureuse. Son chemisier étincelait comme son sourire. Si seulement la vie était comme ça, s'il y avait un détergent pour les taches de moisissure de la tristesse."

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05 octobre 2009

L'année brouillard, de Richmond Michelle

38109366parution 04/2009 - 508 p - traduit de l'américain

C'est un livre voyageur de Khatell que je remercie au passage....

C'est l'histoire de la disparition d'une petite fille. Elle s'appelle Emma, elle a six ans. Lors d'une balade sur une plage plongée dans le brouillard, Abby, la fiancée de son père, la quitte des yeux quelques minutes. S'en suit des semaines, et des mois de recherche pour Jake, le père, et Abby qui cherche à réparer sa faute. Mais plus que la vie sans Emma, c'est tout le quotidien d'Abby qui change : le rapport avec son fiancé, son travail de photographe, ses nuits blanches à essayer de se remémorer un souvenir qui pourrait faire avancer l'enquête...

Quel livre terrible! J'ai fait hier des courses avec ma fille de 8 ans et je ne l'ai pas quitté des yeux une seule seconde. Ça m'a fait stresser comme rarement..

Et pourtant j'ai eu du mal à lire ce livre que j'ai trouvé très très lent. Je dois avouer que j'ai lu une grande partie en diagonale, voulant juste arriver à l'épilogue. Que de tergiversations, de détails qui n'ont aucun intérêt (voir l'extrait). On se noie dans ce brouillard et cette quête interminable. La narration est lente. Je comprends tout à fait que c'est la volonté de nous faire comprendre la lenteur de l'enquête et la difficulté de se remémorer ses souvenirs, mais aillant en ce moment 10.000 choses à faire, j'avoue avoir besoin d'un livre qui me fasse bouger, qui m'interpelle, ce qui n'a pas été le cas de celui-là. Tant pis.....

Stephie a été un peu déçue, Juliann a été tenu en haleine et Antigone a eu un coup de coeur

Extrait : "Je traverse La Playa Street, contourne le rond-point où les bus électriques de la ligne N-Judah s'enroulent comme un gigantesque mille-pattes, faisant demi-tour pour repartir vers l'intérieur des terres. Le vent qui souffle du large soulève le sable qui vient me picoter la nuque. J'entends le rugissement des vagues, je sens l'odeur à la fois douce et salée de l'océan avant la pluie. Des maisons cubiques aux couleurs passées exposent au vent leur façade hagarde. Les tables en terrasse au Java Beach sont désertes, à l'exception d'une seule occupée par un homme âgé, à l'épaisse barbe grise, qui lit une vieille édition en poche de The Charm School. Il est défiguré, du côté droit, par une grosseur foncée de la taille d'un dollar de sable. J'entre et je commande un Americano à un gars imposant appelé Darwin; il a le crane chauve et un bout de ficelle jaune attaché autour du poignet."

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01 octobre 2009

La lamentation du prépuce, de Auslander Shalom

9782714444301  parution 02/2008

Non, non, je ne me suis pas mises aux lectures sexy... (mais je pense que le titre va faire venir vers mon blog des requêtes assez étranges...)

Voilà un livre bourré d'humour écrit par un jeune américain juif qui a été élevé dans la tradition ultra orthodoxe. Petit, il était persuadé que si il faisait 4 pas sans sa kippa, si il allumait la télévision pendant Shabbat ou buvait du lait après avoir mangé de la viande, il périrait dans d'atroces souffrances. Petit à petit, il s'est éloigné de sa communauté, s'est marié. A l'aube d'avoir son premier enfant, il s'interroge sur le bien fondé de renouer avec sa famille.

Son enfance bercée par la religion et les interdits lui reviennent en mémoire. Avec tout ce qu'il a transgressé, Dieu va sûrement le châtier... Malgré son envie de mettre de côté cette éducation, il reste profondément marqué et n'arrive pas à se détacher de la religion. Et quel sort réserver au prépuce de cet enfant à naître?

On rigole à chaque page, et en même temps on est pris de pitié pour cet enfant qui n'a pas eu une enfance comme les autres, avec, en plus, un père alcoolique. Il y a aussi des passages très profonds, même si ils sont mâtinés d'humour. Adulte, il a mis une distance entre son couple et sa famille destructrice. Est ce que la naissance de l'enfant va les ramener de force dans leur passé, ou est ce qu'il va être au contraire un engagement vers un avenir joyeux?

Très bon moment passé avec ce livre, qui vient en plus de sortir en poche. Donc, pas d'hésitation...

Extrait : "L'histoire de mes relations avec Dieu a été un cycle sans fin non pas du fameux enchaînement de "la foi suivie par le doute" mais d'équanimité suivie de révolte, de réconciliation suivie d'indifférence, de "pitié, pitié, pitié!" suivi de "rien à foutre, va Te faire foutre, fous moi la paix!". Je ne respecte pas le Shabbat, ni ne prie trois fois par jour, ni n'attends six heures pour boire du lait après avoir mangé de la viande. Ceux qui m'ont élevé diront que je ne suis pas religieux. Ils se trompent : je ne suis pas pratiquant mais je reste douloureusement, fatalement, incurablement, pathétiquement religieux. Et ces derniers temps, j'ai constaté avec une stupéfaction désolée que de plus en plus de gens d'un bout à l'autre de la planète se trouvent des dieux, chacun plus sanguinaire et haineux que le précédent, alors que je continue à tout faire pour me débarrasser du mien. Et que j'échoue lamentablement.

Je crois en Dieu. C'est un gros problème chez moi."

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03 septembre 2009

La solitude des nombres premiers, de Giordano Paolo

lasolititude parution 03/2009 - 329 p

J'ai vraiment été contente de voir que ce livre était libre à la bibliothèque, parce que il était en haut de ma LAL depuis sa sortie, à la suite des commentaires élogieux sur les blogs. Et bien j'ai été déçue...

J'ai d'abord été déçue par la construction du livre que j'ai trouvé trop "facile" : le premier chapitre sur l'enfance d'un personnage, le deuxième chapitre sur l'enfance du second, puis les deux suivants sur l'adolescence des deux protagonistes, pour arriver enfin à leur rencontre...

J'ai ensuite été déçue par l'écriture, que j'ai trouvé assez "pauvre", avec des redondances  (mais peut-être est-ce la traduction ?)

Et puis j'ai été déçue par l'histoire, je n'ai pas vraiment réussi à rentrer dedans, j'étais toujours en marge, devinant avant ce qui allait se passer... sauf la fin, que je n'ai pas trop compris !!!

Donc un déception pour moi, tant pis !

 Yueyin a aimé Aifelle est resté comme moi un peu en dehors

Extrait : "Pietro Balossino avait renoncé depuis longtemps à pénétrer l'univers obscur de son fils. Quand, par mégarde, son regard tombait sur ses bras couverts de cicatrices, il repensait aux nuits qu'il avait passé à retourner la maison à la recherche d'objets coupants, les nuits ou Adèle, bourré de sédatifs, dormait sur le canapé la bouche ouverte car elle refusait désormais de partager son lit avec lui. Les nuits ou l'avenir ne semblait durer que jusqu'au matin et ou il comptait les heures, toutes les heures, scandées par les cloches au loin."

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30 août 2009

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Shaffer Mary ann

9782841113712 parution 03/2009 - 390 p.

Le voici enfin ce fameux livre que j'ai vu tant de fois sur les blogs. Merci à ma tante qui l'a offert à ma mère... qui me l'a prêté.

Je ne vais pas m'étendre trop sur le sujet, j'ai été moi aussi conquise par ce livre drôle et attachant. Drôle parce que Juliet n'a pas sa langue dans sa poche et sort parfois des réflexions qui m'ont fait rire tout haut. Attachant parce que sur cette île de Guernesey, les habitants ont souffert d'isolement et de manque de ravitaillement pendant la guerre. Attachant aussi par la description des personnages, Isola, la vieille dame emmitouflée dans ses châles, très Miss Marple à qui elle se compare, Dawsey le mutique romantique, Eben et Eli, grand-père et petit-fils si lié...

Bref, un très bon livre, sans prétention, qui se laisse dévorer le sourire aux lèvres. Que demander de plus ?

Extraits : "Je me demande comment cet ouvrage est arrivé à Guernesey. Peut-être les livres possèdent -ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu'à leur lecteur idéal. Comme il serait délicieux que ce soit le cas."

" J'adore faire les librairies et rencontrer les libraires. C'est vraiment une espèce à part. Aucun être doué de raison ne deviendrait vendeur en librairie pour l'argent, et aucun commerçant doué de raison ne voudrait en posséder une, la marge de profit est trop faible. Il ne reste donc plus que l'amour des lecteurs et de lecture pour les y pousser. Et l'idée d'avoir la primeur des nouveaux livres."

 



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26 août 2009

Je suis l'argile, de Potok Chaïm

9782709612166 parution 01/1993, 280 p

Une soirée à passer, et rien à lire ! Impossible.. je me suis donc servi dans la bibliothèque de ma belle-mère qui ne contient pas beaucoup de nouveautés.. et je suis tombée sur ce livre émouvant.

Guerre de Corée, les villageois fuient leurs villages pilonnés par les américains et les chinois. Sur la route, un couple de vieux paysans trouvent dans un fossé un jeune garçon blessés. La femme le prend en charge sous le regard noir de son mari qui ne voit pas pourquoi il se mettrait sur le dos un enfant qui n'est pas de son sang. Petit à petit, des sentiments vont naîtrent entre eux, dans la douleur de l'exode et de la dévastation et à travers les esprits et les croyances de ce peuple.

Beau livre sur l'amour, l'amertume, le destin...

Extrait : " Il se demanda alors pourquoi il voulait tant voir ce garçon mourir. La femme ne l'abandonnerait pas. Et le garçon, blessé et seul, ne partirait pas de lui-même. Plus tard certainement, pour retourner dans son village. Et si son village n'existait plus? Il retournerait dans sa famille, dans son clan. Mais s'ils avaient tous été anéantis, comme c'était arrivé à tant de personnes? Alors ils le donneraient à la charge du gouvernement ou a un orphelinat. Mais, et si la femme refusait, et si le garçon choisissait de rester ? Et quand bien même... Pourquoi voulait-il que ce garçon meure? Un enfant sans défense.

Le vieil homme se surprit alors à observer quelque chose au fond de lui-même qu'il voyait pour la première fois. Tout le monde connaissait l'existence du monde invisible, au-delà du royaume quotidien des apparences, mais il n'avait jamais soupçonné la présence d'un tel monde en lui-même. Un monde inconnu, comme une caverne. Et comme il ne pouvait pas comprendre ce monde ni lui donner un nom, il se demanda quel esprit ou quel démon pouvait s'y cacher. C'était là que résidait pour lui la plus grande crainte, la plus grande perplexité."

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24 août 2009

Lune noire, de Steinbeck John

9782253140054 première parution 1942, 175 p  39802880_p

Ce livre de Steinbeck est paru pendant l'occupation et a été au début diffusé sous le manteau.

Nous sommes dans un petit village tranquille de bord de mer situé dans un pays enneigé (la Scandinavie ?). Soudainement, une unité allemande envahit le village. Le colonel Lanser demande au maire Orden de collaborer. Celui-ci refuse de prendre parti et met en face de la folie nazie sa liberté d'homme. Que va faire le village ? : vivre tranquillement avec l'envahisseur ou lutter ?

Le livre se présente un peu comme une pièce de théâtre qui se passe à la mairie. Les dialogues entre le maire et le colonel sont très fins. Le colonel allemand est plein de désillusion face à la guerre et la résistance de la population. Il sait comment tout va se finir, mais reste fidèle à son pays. Le maire n'a l'air de rien, mais montre le chemin de la résistance à son village.

Un très, très bon livre, superbement écrit et plein de force et de finesse psychologique. A lire et relire.

Extrait : "Je n'ai pas le choix entre la vie et la mort, voyez-vous colonel, mais... j'ai le choix de mon attitude. Si je leurs dis de ne pas se battre, ils seront déçus, mais ils se battront. Si je leurs dis de se battre, ils seront contents, et moi qui ne suis pas un homme très courageux je les aurai rendu un peu plus courageux. (Il souri en manière d'excuse.) Voyez-vous, c'est facile à faire, puisque la fin pour moi est la même.

-Si vous dites oui, fit Lanser, nous pourrons leur dire que vous avez dit non. Nous pourrons leur dire que vous avez demandé grâce.

Winter intervint avec colère.

- Ils sauront la vérité. Vous ne pouvez pas garder de secrets. Un de vos hommes a perdu tout contrôle un soir, il a dit que les mouches avaient conquis la papier tue-mouches, et maintenant tout le monde connaît ses propos. On en a fait une chanson. Les mouches ont conquis le papier tue mouches. Vous ne pouvez pas garder de secrets, colonel.

Un sifflement strident hurla du côté de la mine. Une rafale de vent pulvérisa de la neige sur les fenêtres. Orden joua avec sa médaille et déclara d'une voix sourde:

- Vous voyez, colonel, on ne peut rien y changer. Vous serez écrasés et expulsés. Les gens n'aiment pas être conquis, colonel, et donc ils ne le seront pas. Les hommes libres ne déclenchent pas la guerre, mais lorsqu'elle est déclenchée, ils peuvent se battre jusqu'à la victoire. Les hommes en troupeau, soumis à un Führer, en sont incapables, et donc ce sont toujours les hommes en troupeau qui gagnent les batailles, et les hommes libres qui gagnent la guerre. Vous découvrirez qu'il en est ainsi, colonel."

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10 juillet 2009

Hortense et Queenie, de Levy Andrea

9782710328131 parution 08/2006 - 440 p - traduit de l'anglais

C'est un roman que j'ai trouvé chez un bouquiniste, et que je me rappelais avoir vu dans les blogs il y a un certain temps... alors, j'ai craqué ...

Plutôt que "Hortense et Queenie", il aurait pu s'appeler "Hortense, Queenie, Bernard et Gilbert", parce qu'il s'agit d'un roman à quatre voix. Chaque partie du livre est écrite par un des personnages. Cela se passe entre la Jamaïque (qui fait partie de l'Angleterre), d'où est originaire Hortense et Gilbert, et Londres, ou habitent Bernard et Queenie, et ceci en 1948, à la fin de la guerre. Chacun nous raconte son parcours, son enfance, ses espoirs, ses révoltes.

De très beaux passages sur le racisme dans l'armée américaine mais aussi dans la population anglaise, sur la vie d'une femme avant guerre, sur les espoirs des Jamaïquains s'enrôlant pour sauver "la Mère Patrie"... Les personnages sont très bien peints, même les secondaires, comme le beau-père qui ne s'est jamais remis de la première guerre mondiale...

Mais j'ai été arrêtée par l'écriture décousue. On passe d'un personnage à l'autre, d'une enfance londonienne à une adolescence jamaïquaine sans qu'il y ai véritablement de lien. C'est donc quand même un avis mitigé parce que j'ai été trop perdue dans le livre pour être véritablement transportée par l'histoire.

J'ai retrouvé mes viles tentatrices, il s'agit de Solenn et Sophie

Extrait : "Peut-être que mon cousin Elwood avait raison : "Mon vieux, c'est une guerre de Blancs. Pourquoi veux-tu aller perdre ta vie pour un homme blanc? Pour la Jamaïque, d'accord. Pour avoir ton propre pays, d'accord. Ça, ça vaut le coup de se battre. Pour voir une peau noire au palais du gouvernement qui soit en train de faire autre chose que de servir à table et de balayer la sol. Un Noir n'est pas bon qu'à couper la canne à sucre. Pour tout ça, ça vaut le coup de se battre. Je pars avec toi, mon vieux. Mais tu penses que gagner cette guerre va changer quoi que ce soit pour toi et pour moi ?"

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01 juillet 2009

Nous étions les Mulvaney, de Oates Joyce Carol

mulvaney Parution 1998, 740 p, traduit de l'anglaisblogoclub

Lu dans le cadre du blogoclub tenu par Sylire et Lisa  

L'histoire se passe aux États-Unis, dans un petit village de l'état de New-YorkNew-York. Une famille d'américain "moyen" vit paisiblement dans une ferme : il y a Michael, le père, qui dirige une petite entreprise de toiture; Corinne, la mère, bienveillante et étourdie; Mickael junior qui doit reprendre l'entreprise familiale; Patrick, l'intellectuel; Marianne, la seule fille, belle et très pieuse; et enfin Judd, le petit dernier, qui va nous raconter l'histoire de sa famille.

Car au départ tout est idyllique, ne serait-ce le père qui cherche une reconnaissance qu'il n'a pas eu enfant auprès des membres du Country Club, ne serais-je la dépendance de Corrine à son mari, Mickael junior qui a du mal à s'intégrer dans l'entreprise, Patrick qui a peu d'amis et Marianne un brin vaniteuse. Mais tout va bien... jusqu'à ce que...

On est pris dans l'histoire, dans l'évolution des personnages, le cercle vicieux qui se referme sur eux. Une écriture très fluide, une saga familiale très réaliste.

J'ai beaucoup aimé cette écriture, il y a une dureté émotionnelle, et en même temps une douceur, une longueur du temps qui efface. J'ai eu souvent envie de secouer la mère, d'envoyer la fille chez un psy, mais tout se fait naturellement....

Un livre à découvrir.

Extrait : " Nous étions les Mulvaney, vous vous souvenez? Vous croyiez peut-être notre famille plus nombreuse; j'ai souvent rencontré des gens qui pensaient que nous, les Mulvaney, formions quasiment un clan, mais en réalité nous n'étions que six : mon mère Mickael John Mulvaney; ma mère Corrine; mes frères Mike et Patrick; ma soeur Marianne et moi.. Judd.

De l'été 1955 au printemps 1980, date à laquelle mes parents durent vendre la propriété, il y eut des Mulvaney à High Point Farm, sur la route de High Point, onze kilomètres, au nord-est de la petite ville de Mont Ephraïm, État de New-YorkNew-York, dans la vallée de Chautauqua, cent dix kilomètres au sud de lac Ontario.

High Point Farm était une propriété bien connue dans la vallée- inscrite plus tard aux Monuments historiques- et "Mulvaney" était un nom bien connu.

Longtemps vous nous avez enviés, puis vous nous avez plaints.

Longtemps vous nous avez admirés, puis vous avez pensé Tant mieux !... ils n'ont que ce qu'ils méritent.

"Trop brutal, Judd!" dirait ma mère, gênée, en se tordant les mains. Mais j'estime qu'il faut dire la vérité, même si elle fait mal. Surtout si elle fait mal."

Posté par Gambadou à 05:03 - roman étranger - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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