04 décembre 2009
Trois femmes puissantes, de N'Diaye Marie
Je sors (non sans peine) de la lecture de ce livre, prix Goncourt. J'ai trainé à le lire, non parce qu'il ne m'intéressait pas (quoique) mais surtout par la longueur de certaines phrases qui donne à le lecture une lenteur que je n'ai pas appréciée.
Il s'agit en fait de trois nouvelles, qui ont en commun un pays et quelques parentés assez éloignées. Dans la première nouvelle, on suit la vie de Norah, jeune femme "puissante", en effet. Elle a été élevée par sa mère à Paris et a réussi à devenir avocate. Le retour "au pays" pour voir son père va la perturber, mais une volonté de fer va lui permettre de surmonter les difficultés.
J'ai aimé cette première nouvelle, mais j'ai trouvé qu'elle aurait pu faire l'objet d'un livre à part entière, car on reste sur sa faim..
Par contre, la deuxième nouvelle m'a ennuyée, et je n'ai pas trouvé la puissance de Fanta, femme soumise à un mari sans intérêt.
Dans la troisième nouvelle, on suit la vie de Khady, jeune veuve qui va essayer d'immigrer en Europe. Même si j'ai beaucoup aimé cette nouvelle, je n'ai pas trouvé la puissance de cette femme qui se laisse emporter par les décisions de autres.
Une lecture très mitigée, donc, avec une nouvelle que je n'ai pas trouvé fini, une que je n'ai pas aimé, et une qui m'a touchée...
Quand à l'écriture, je reconnais une belle dextérité dans le maniement de la langue, mais peut être trop raffinée pour moi ....
J'aurai peut-être des explications sur ce livre le 10 décembre puisque j'assiste à une rencontre ou l'auteure sera présente ...
Extrait : "Du reste, s'il voulait être honnête avec lui-même mais est-ce qu'il le voulais vraiment, songeait-il les yeux de nouveau levés vers la lointaine silhouette ensoleillée du château qu'il devinait plus qu'il ne le voyait, le connaissant si bien qu'il en rêvait souvent, de ces rêves monocordes, sans chaleur et gris qu'il faisait régulièrement, avec une précision de détails qu'il n'avait pu entendre, bien qu'il n'en eût pas le souvenir, que de la bouche de maman qui avait peut-être remplacé une journée ou deux la femme de ménage (la bonne, car elle faisait tout, repas, service, aspirateur, repassage) des anciens propriétaires, avec cette habitude pénible et dégradante qu'avait maman de feindre le mépris pour ce qu'elle décrivait (les innombrables pièces inutilisées et toutes meublées, la vaisselle fine, l'argenterie) alors que ses petits yeux aux coins tombants, ses petits yeux clairs rosâtres luisaient de passion frustrée - et ses propres yeux clairs limpides de nouveau levés vers les contours du château comme si de là-haut, de cette grosse maison monotone et sans chaleur et non plus grise mais..., devait lui être envoyée quelque réponse éclatante, définitive, mais qu'avait-il à apprendre sinon que cette propriété ne serait jamais la sienne, jamais celle de Fanta ni de Djibril, alors s'il voulait être honnête avec lui-même..."
(6/7 (Challenge proposé par Levraoueg (J'approche !) )
26 novembre 2009
La fille dévastée, de Guilcher Rozenn
Et bien je me retrouve tout à fait dans le commentaire qu'Anne en a fait, elle qui m'a prêté ce livre. Un livre envoûtant, sombre, extrêmement dur. Un livre qui surprend et qui me restera en mémoire.
Il m'a fait penser à "La grosse, "de Françoise Lefèvre par son écriture à fleur de peau et ses phrases hachées.
Marie est née, un soir d'hiver. Sa mère ne voulait pas de cet enfant. Elle a été la déposer dans la neige. Mais le bébé a été trouvé. Elle a survécu, et sa mère, par crainte d'une enquête et d'un emprisonnement, est venu la chercher. Cette fille qui n'aurait pas du naître, pas du vivre, elle n'est rien. Sa mère peut la frapper, le violer, la torturer psychologiquement et physiquement. Alors la fille se fait toute petite, essaye d'être oubliée. Elle se dit qu'elle doit le mériter, qu'elle n'a pas été assez gentille. Puis elle se fuit et elle fuit la réalité dans l'alcool : elle se déconstruit. Jusqu'à la délivrance (assez positive, je vous rassure !).
En plus du thème très dur, il y a l'écriture qui est du même acabit. Des phrases hachées, parfois même juste des mots. Un va et viens entre la mère et la fille qui fait qu'on est parfois déboussolé, on ne sait plus qui est qui... Et tout cela entrecoupé de poèmes souvent violents.
Plus que des écrits, je vous livre deux extraits : le premier est une pensée de la fille, le deuxième est une partie d'un poème. IL est à lire ce livre, pour ceux et celles qui n'ont pas peur du thème...
Extraits : "J'ai longtemps cru que pour être aimée, il fallait que je sois un rat. Sage. Avec les réactions qu'on attendait. Un rat digne de ce nom. Alors l'amour et le regard qui brille de mère parce que son rat s'est bien tenu. A été gentil et sage. Peut-être qu'elle lui donnera un sucre comme aux chevaux et aux chiens.
Un sucre, c'est de l'amour. Enfin, je l'ai cru. Une récompense d'avoir été comme elle veut. Pour que maman m'aime être un bon rat. Se plier aux exigences. Se mettre de côté soi soi-même ne pas exister. C'est comme cela qu'on vous aime. C'est comme cela qu'on vous désire. Oui, c'est cela l'amour. Sinon, non. Et l'on vous punira. Et l'on vous fera comprendre que vous décevez vous être méprisable mauvais rat qui ne mérite pas une mère si dévouée qui fait tout pour lui ! Et les injures et les dénigrements. Mais ces coups là ne se voient pas ne laissent pas de trace non. Pas traces sur corps. Je vous parle d'autres blessures. Mère était professionnelle en autres blessures parce qu'elle avait élevé un mauvais rat et qu'elle ne pouvait faire autrement que de la blâmer.
Le mauvais rat c'était moi."
5/7 (Challenge proposé par Levraoueg (Nous sommes 77 inscrits) )
24 novembre 2009
Les heures souterraines, de de Vigan Delphine
J'avais découvert avec un certain éblouissement cette auteure en lisant "No et moi". C'est donc avec une certaine hâte que j'ai lu son nouveau roman. J'y ai retrouvé l'atmosphère parisienne du RER et des oubliés de la vie. Une lecture qui coule, très fluide, pour dire des évènements très dur.
Mathilde vit dans un petit appartement parisien avec ses deux fils. Elle a eu un parcours assez "wonder woman", jusqu'au jour ou une réflexion face à son patron lunatique et colérique la mette sur la sellette. Il n'aura de cesse de la casser psychologiquement, ne lui donnant plus de travail, ne l'impliquant plus dans les projets, faisant le vide autour d'elle : une magnifique histoire de harcèlement moral comme il en existe tant.
En parallèle, Thibault travaille comme un forçat pour les Urgences Médicales de Paris. Sa vie privée est un désastre, lui qui est amoureux d'une fille qui ne l'aime pas. Par son travail il est témoin des minuscules vies oubliées ou désespérées.
Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils vont se croiser dans ce Paris impersonnel.
"Les heures souterraines est un roman sur la violence silencieuse. Au coeur d'une ville sans cesse en mouvement, multipliée, où l'on risque de se perdre sans aucun bruit."
J'ai beaucoup aimé l'histoire de Mathilde. Moi qui ai travaillé pendant 15 ans en entreprise, j'ai vécu de près le harcèlement morale de deux collègues. Même besoin de casser, de minimiser. Très dur.
Delphine de Vigan a connu elle même cette situation. Dans son dernier emploi, elle était en situation conflictuelle et c'est lors d'un trajet RER - métro qu'elle a eu envie d'écrire sur cette répétition des trajets, cette violence silencieuse que peut devenir les rapports en entreprise et sur la destruction de l'estime de soi et la culpabilité.
Mais aussi la vie de Thibault, qui fuit la province et son ennui, pour se retrouver dans l'anonymat de Paris et la solitude urbaine. Lui non plus n'est pas reconnu, non dans sa vie professionnelle, mais dans sa vie personnelle. Là aussi l'estime de soi va être entamé.
J'ai aussi apprécié le fait que l'on retrouve chez les deux personnages les mêmes sentiments et les mêmes phrases.
Un très bon livre sur des sujets d'actualité. Deux minuscules fourmis dans l'immense Paris.
(je ne peux pas vous mettre d'extrait, j'ai prété mon livre avant d'en noter un !)
4/7 (Challenge proposé par Levraoueg
16 novembre 2009
L’obligation du sentiment, de Honoré Philippe
Je me rends compte que j’ai souvent eu des coups de cœur pour des titres de cette collection ou l’on retrouve (il me semble) des histoires assez intimistes.
Louis et Jeanne, la cinquantaine, sont un couple fusionnel. Pas spécialement d’amour entre eux deux, mais un besoin compulsif d’être ensemble, la sensation de ne pas pouvoir vivre l’un sans l’autre. Mais il y a 25 ans, un petit être est venu troubler leur couple : un fils, Martin. Comment vivre avec ses deux parents qui l’élèvent sans aucun sentiment. Martin voudrait surtout provoquer un échange avec son père, qu’il admire. Mais cet échange ne va pas être celui qu’il attendait.
On suit d’abord la version de Louis et Jeanne, puis la version de Martin….La descente aux enfers monte en puissance au fil des pages, et même si j’ai été un peu déçue par la fin que je ne voyais pas comme ça, j’ai été happée par ce livre, lu d’une traite. On ressent bien la froideur des parents, et l’attente insupportable d’une enfant qui ne demande qu’un peu d’amour.
Très beau livre, à la fois émouvant, dur et haletant.
Extrait : « Rien ne change. Seule la nature de l’attente s’est transformée. Les contes de fée deviennent des films d’horreurs, mais le plaisir à les imaginer est le même. D’ailleurs, tout est de ma faute pense Martin jour après jour ; c’est moi qui est provoqué cette situation. »
(je ne peux pas en mettre beaucoup plus, sous peine d’en dévoiler trop !)
09 novembre 2009
L’homme qui m’aimait tout bas, de Fottorino Eric
parution septembre 2009, 147 p
J’avais hâte de lire ce livre. L’histoire m’interpellait : un homme qui se suicide dans sa soixante-dix ème année, sans raison apparente, son fils adoptif qui lui rend hommage.
Le livre est très bien écrit, on ressent dans chaque page l’amour d’Eric Fottorino pour ce père qui lui a donné un nom à l’âge de 9 ans. La possibilité de dire « papa », le partage de la passion du vélo, la transmission d’une histoire. Il reste cependant assez vague sur sa vie familiale, ne se remémorant que des souvenirs ou il est seul avec son père.
Malgré cette émotion et cet amour, je n’ai pas réussi à rentrer complètement dans l’histoire. Je me sentais détachée, lointaine, et même si je comprenais les joies de ces deux là, il me manquait un « je ne sais quoi » pour vraiment les percevoir.
On sent qu’Eric Fottorino avait besoin de ce livre pour arriver à faire son deuil de ce père qui a décidé d’en finir de façon assez brutal. Besoin de se justifier, de savoir ce qu’il aurait pu faire pour éviter cette fin malheureuse. Besoin aussi de faire connaître ce père.
Pour moi, c’est une lecture en demi-teinte.
Anne a eu une lecture proche de la mienne, ce fut par contre un coup de coeur pour Sylire. Antigone a été gênée par un côté "voyeuriste" ...
Extrait : « Tu m’aimais tout bas, sans effusion, comme on murmure pour ne pas troubler l’ordre des choses. Tu m’aimais tout bas, sans le dire, sans éprouver le besoin d’élever la voix. C’était si fort – la force de l’évidence – que tu ne l’aurais pas crié sur les toits. Il fallait une indiscrétion de voisin, de cousin, pour que j’apprenne combien tu étais fier, heureux, de ce rejeton épais comme une arbalète qui disputait au plus costaud des titres de champion à la gomme. Je me console ainsi : tu es parti tôt, mais tu as eu le temps d’être fier de moi, de nous tes fils. François balle au pied, Jean à la guitare basse, et le drôle de rejeton que j’étais, armé de son vélo-stylo. »
Challenge rentrée littéraire 2/7
01 novembre 2009
L'écume des jours, de Vian Boris
Lu dans le cadre du Blogoclub
C'était une lecture obligatoire de seconde ou première... et je n'avais pas du tout apprécié... alors je me suis dis que cette fois......
Et bien une deuxième lecture bien plus plaisante que la première, je n’avais sans doute pas l’âge pour prendre le recul nécessaire, et pour l’apprécier.
Colin et Chloé vivent dans un monde ou la réalité et la fiction s’emmêlent. Cet univers est très cohérent et en même temps complètement imaginaire. Ainsi, plus Colin se retrouve sans argent, plus son appartement diminue. Plus Chloé est malade, plus l’appartement devient sombre. Les personnages sont très attachants, très purs, mais rattrapés par la réalité et la dureté du monde.
J’ai été envoûtée par le langage très imagé et tous les symboles qui y sont liés. Merci au blogoclub de m’avoir poussé à reprendre Boris Vian. J’ai maintenant très envie de lire « j’irai cracher sur vos tombes »…
Extrait : « En passant dans le couloir, Nicolas s’arrêta. Les soleils entraient décidément mal. Les carreaux de céramique jaune paraissaient ternis et voilés d’une légère brume, et les rayons, au lieu de rebondir en gouttelettes métalliques, s’écrasaient sur le sol pour s’étaler en flaques minces et paresseuses. Les murs pommelés de soleil, ne brillaient plus uniformément comme avant.
Les souris ne paraissaient pas spécialement gênées par ce changement, sauf la grise à moustache noires dont l’air profondément ennuyé frappait dès l’abord. Nicolas supposa qu’elle regrettait l’arrêt inopiné du voyage et les relations qu’elle avait pu se faire en route.
- Tu n’es pas contente ? demanda-t-il ?
La souris eu un geste de dégoût et montra les murs.
- Oui, dit Nicolas. C’est pas ça. Avant, ça allait mieux. Je ne sais pas ce qu’il y a…
La souris parut réfléchir un instant, puis hocha la tête et ouvrit les bras d’un air incompréhensif.
- Moi non plus, dit Nicolas, je ne comprends pas. Même quand on frotte, ça ne change
rien. C’est probablement l’atmosphère qui devient corrosive… »
19 octobre 2009
Quelque chose en lui de Bartleby, de Delerm Philippe
Arnold est un homme qui aime s'effacer, regarder, être spectateur. Il fait le vide. Il savoure les voyages dans son fauteuil en se délectant de livres. Il aime sa solitude et ses errances dans Paris. Ses collègues le trouvent sans attrait, banal, moyen... et cela lui convient.
Un jour, il achète un calepin noir pour y noter ses pensées et il décide de les retranscrire dans un blog : "antiaction". Mais afficher son envie de s'effacer, n'est ce pas la renier ?
De très bons moments dans ce petit livre, et d'autres beaucoup plus longuet. En fait je ne suis pas vraiment rentré dedans. A chaque fois que je le reprenais je me demandais de quoi il parlait !!! et pourtant il m'a plu... mais je n'en garderai pas grand chose !!! Bon, vous l'avez vu, difficile de faire une critique construite !
Mirontaine a bien aimé.
Extrait : "Dans la découverte de ces épanchements parfois bien embarrassants, Monsieur Spitzweg étaya le désir qui naissait en lui d'un blog léger, baladeur, à la surface des choses, sans philosophie i morale - celui qu'il eût aimé lire, assurément. C'était désespérant de voir comment les gens pensaient se dire en déballant à l'infinie des tartines de psychologie, en déplorant le tour défavorable du destin, en se situant dans une histoire.
Arnold ne pénétrait pas ses existences qui ne donnaient rien à voir, à humer, à regarder. Un temps déçu, il se sentit encourager à rédiger un blog sans requête, sans exhibitionnisme, sans affectivité exacerbée. sans partage ? La question méritait d'être posée. le blog de Monsieur Spitzweig commençait ainsi :
"Il pleut. Les enfants ont quitté le square Carpeaux. Accoudé au balcon, j'ai allumé un petit cigare. Difficile d'éprouver le même plaisir que la boite est balafré de ce rectangle noir et blanc : fumer tue".
25 septembre 2009
Bella Ciao, de Holder Eric (nouveauté )
Depuis que j'ai lu "l'homme de chevet" de cet auteur, je suis tombée amoureuse de ses récits concis et forts ou l'émotion est présente à chaque page.
Dans son dernier roman, Eric Holder nous parle de Franck, écrivain alcoolique habitant dans un petit village du médoc. Sa femme le met à la porte après 33 années de vie commune. Elle n'en peut plus de sa descente aux enfers, elle a besoin de respirer. Il va trouver, dans le village voisin, un travail d'ouvrier agricole. Petit à petit, tout ce qu'il a perdu va lui sauter aux yeux : l'amour de sa femme, la considération de ses enfants, l'écriture et la lecture...
J'ai été un peu déçue par la première partie de ce livre que j'ai trouvé longue et lente, puis tout s'éclaire à la suite de la lettre magnifique qu'il va écrire à sa fille. On est alors pris dans son parcours.
C'est malgré tout un beau livre toujours très bien écrit.
Extrait : "Nous étions venus nous installer ici par amour de l'Atlantique. Mylena pouvait sacrifier des après-midi entiers à la contemplation de l'océan. Ce dernier lui rendait sous la forme, toute l'année, d'un teint bronzé, plein de santé.
Elle saisissait à présent des livres, parfois serrés par deux ou trois exemplaires sur les rayonnages, afin de me montrer les maisons d'éditions qu'elle représentait. L'une d'elle, Le Temps des Cerises, donnait le ton : Ses titres : Femme algériennes, La poésie est dans la rue, l'Opium du peuple..
Myléna remarqua que je posais les volumes, sitôt qu'elle me les tendait, sur une table basse entre nous, sans les ouvrir, sans les humer. Son regard se voila imperceptiblement."
19 septembre 2009
La mauvaise rencontre, de Grimbert Philippe
Deux
jeunes garçons, Loup et Mando sont des amis d'enfance inséparables. Comme deux
frères. Mais petit à petit, leur différence de caractère va les amener à prendre des chemins séparés .Pour Loup, cela ne va pas poser de problème, mais Mando a beaucoup de mal à vivre cette séparation.
J'ai eu du mal à rentrer dans ce livre. J'ai trouvé la première partie trop longue, et même si la deuxième partie ma beaucoup plus intéressé, cela n'a pas suffit. J'aime pourtant beaucoup l'écriture de Philippe Grimbert, mais là je suis passé à côté...
Extrait : "Ce
que je vais voir tes yeux le verront, ce que je vais entendre tu
l'entendras aussi clairement que moi. C'est un journal, Mando, tout y
est , tu verras que tu aurais pu l'écrire toi-même, ce journal c'est
nous, c'est notre vie! C'est cela l'amitié vraie : être l'autre,
absolument. Il en a toujours été ainsi entre nous deux et il en sera
ainsi jusqu'à la mort, au-delà même..."
Mireille, Valérie et Stephie n'ont pas accroché non plus...
19 juillet 2009
Les bonnes intentions, de Desarthe Agnès
J'aime beaucoup cette auteur, et je n'ai pas hésité quand j'ai vu ce livre dans une braderie....
Sonia, la trentaine, emménage avec son mari dans un nouvel appartement à Paris, quartier Bellevue. Les voilà propriétaire, et bientôt parents. Mais à leur joie de l'installation, va rapidement s'ajouter les petits déboires du voisinage. Notamment Monsieur Dupotier, sur le même palier, veuf sans enfant, qui sonne plusieurs fois par jour, et Simone et Simono, le couple infernal de gardiens qui terrorisent l'immeuble.
Remplie de bonnes intentions, mais cherchant cependant à conserver son indépendance, Sonia va plusieurs fois réagir à la maltraitance prodiguée par ce couple de gardiens.
Un bon petit roman très bien écrit, qui se laisse lire et qui nous met devant nos bonnes intentions mais aussi nos yeux fermés et notre déni.
Extrait : "Pour le reste, je veux parler de ma mesquinerie, j'essaie de ne pas trop y penser. Je suis une jeune femme très occupée. Je travaille, j'ai deux enfants. Les justifications ne manquent pas. Chaque fois que je parle de mon voisin famélique à des amis, à ma famille, les gens laissent fondre sur moi un regard tendre, emprunt d'admiration et de reconnaissance. Ils auraient la Vierge Marie devant eux qu'ils ne seraient pas plus impressionnés. Je lis dans leurs yeux l'estime qu'ils ont pour moi. J'entends dans leur silence les phrases que leur pudeur les empêche de prononcer : "Tu es si bonne,son seul recours, sa seule joie même."
Je me garde bien de faire remarquer à mes admirateurs que je ne consens à lui donner que des restes, des aliments sucrés pleins de produits chimiques qui gâtent le peu de dents qui lui restent et achèvent lentement son système digestif déjà mis à rude épreuve par les petits plats que Simone lui mitonne chaque jour."










