Humus, de Gaspard Koenig
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Kevin et Arthur deviennent amis en se rencontrant pendant leurs études d'agro lors d'une conférence sur les vers de terre. Venant de deux milieux sociaux différents, ils s'emparent du thème et rêvent de changer le monde et lutter contre l'agro-industrie en réintégrant des vers de terre.
Arthur décide de reprendre une ferme familiale en Basse-Normandie, avec l'idée de revitaliser les sols massacrés par l'usage de pesticides en inoculant des lombrics. Il devient un néo-rural anti-système.
Kevin, lui, veut lancer une entreprise de vermicompostage pour particuliers. Il se tourne donc plus vers le capitalisme vert.
Les deux amis vont prendre des directions opposées, vont se perdre de vue, leurs buts de vie devenant même contraire, alors qu'ils ont le même objectif de lutte contre la crise écologique.
Autant j'ai apprécié tout ce qui concerne l'agro-biologie et l'information scientifique de l'impact environnemental, autant j'ai été déçue par le côté caricatural des personnages. Les deux amis décrochent de la réalité en suivant deux clichés, l'un éco-terroriste, l'autre ultra-capitaliste, et tout ça en se laissant aller, sans vraiment prendre de décisions.
Toutes ces désillusions m'ont découragées.
Une lecture en demi-teinte.
Extrait : « Kevin se tut. Même si, incontestablement, Arthur avait raison, il n’aimait pas qu’on manque de respect aux anciens. Surtout à ces aigris qui avaient vingt ans dans les années soixante-dix et qui avaient tout changé à leur manière de faire. On leur avait vendu le progrès et ils l’avaient acheté comptant. C’était le pari le plus fou jamais tenté par une génération. Pari perdu, peut-être. Mais comment leur reprocher leur audace, leurs machines aux formes de vaisseaux spatiaux, leur soif de savoir inextinguible, leur espoir fou en un monde sans guerre ni famine ? De paysans, ils étaient devenus mécanos, chimistes, juristes, financiers et géopoliticiens. Leur échec était aussi celui de l’humanisme. »