Ceci n’est pas un fait divers de Philippe Besson
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Cela fait longtemps que ce titre était noté sur ma LAL, le voici enfin emprunté et lu.
Il a dix-neuf ans, elle en a treize. Ils vont devoir faire face à la mort de leur mère, lardées de coups de couteau par leur père.
Au fil des semaines et de l’enquête, l’aîné (qui n’était pas présent au moment du drame), va se rendre compte à quel point ce désastre était prévisible. Leur mère, pour les protéger, minimisait la violence de son mari, la cachait.
Une grande sensibilité d’écriture dans les portraits de ces deux ados qui voient leurs vies dévastées. Car au-delà de la culpabilité de ne pas avoir prévu, il y a le mal être qui suit le drame et les séquelles ineffaçables sur des jeunes vies.
Bouleversant.
PS : Juste après cette lecture, j’ai été voir au cinéma le film “le fil” de et avec Daniel Auteuil, qui parle lui aussi de féminicide. Deux visions mais toujours aussi éprouvantes.
Extrait : “On croit toujours que la mort de ses parents surviendra tardivement, calmement, et quand on aura eu le temps de s'y préparer. On redoute la maladie. On écarte l'hypothèse de l'accident ; par manque d'imagination, ou par superstition. On n'envisage jamais le meurtre. Jamais l'exécution. Ça n'arrive que dans les films, ou dans les journaux à scandale.”
“Nous ne devions pas juger seulement un fait divers, mais un fait social. Nous ne devions pas parler d'une dispute conjugale qui aurait mal tourné, mais bien de l'aboutissement d'un continuum de violence et de terreur. Nous ne devions pas parler d'un meurtre, mais de la volonté d'un homme d'affirmer son pouvoir, d'asseoir sa domination. Et de l'aveuglement de la société. Et de la peur de la nommer.”