Le courage des innocents de Véronique Olmi
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Deux histoires avec le même personnage qui évolue à deux périodes et deux endroits différents.
Dans la première partie Ben traverse la France pour partir à la recherche de son demi-frère qui a été retiré à son père et qui vit maintenant en foyer. Il veut le sortir de cet environnement et le reprendre avec lui. Pourtant il n’a pas une vie très stable, lui qui va de petits boulots en révoltes écologiques. Une vie d’altermondialiste en marge de la société.
La rencontre avec les enfants du foyer, ces êtres cassés mais lumineux, va lui ouvrir d’autres horizons.
Dans la deuxième partie, nous sommes dix ans après. Sur un coup de tête, Ben part en Ukraine où la guerre a débuté. Accompagnant une femme qui part rechercher sa fille, le voici au cœur du conflit, confronté aux kidnapping d’enfants ukrainiens par les Russes pour les faire adopter.
Comme au foyer, il va retrouver l’innocence d’enfants blessés par la violence ambiante.
Ce jeune homme entier qui lutte pour la justice est émouvant et ses cris de révolte nous touchent.
Une prise de conscience de la cause des enfants, un roman intense, comme souvent ceux de cette autrice.
J’ai juste eu du mal avec cette ellipse de dix ans. J’ai eu l’impression de lire deux nouvelles au lieu d’un roman et cela m’a empêché de vraiment en profiter. J’ai toujours eu du mal avec les nouvelles, l’impression de ne pas aller assez loin, de survoler l’histoire… et c’est l’impression finale de cette lecture malgré le thème dramatique de la violence subie par les innocents.
Extraits : “Maintenant il sait qu'on marche au bord du précipice, les yeux bandés. Il sait qu'un enfant placé, un enfant des tribunaux, des foyers, des prisons, un enfant sans papier, sans guide, sans repère, sans adulte, n'est pas seulement en danger, en souffrance, en sursis, pas seulement évalué, surveillé, menacé. Chaque enfant de l'institution est en concurrence avec le reste du monde.”
“Je vous parle d'un pays en guerre, l'Ukraine, et parce que cette guerre vous concerne tous, directement, vous devez savoir cette chose : pour Poutine, le territoire, c'est l'enfant. C'est l'enfant que l'envahisseur prend et qu'il s'approprie, c'est l'enfant qu'il rééduque et qu'il transforme. On est tous habitués au mal bien sûr, on le connaît, on vit avec, mais croyez-moi, si nous laissons faire ce mal là, ce mal absolu : l'enfant comme territoire, alors nous ne pourrons plus vivre, vivre vraiment, en humain, le monde n'aura plus rien à voir avec nous, plus rien à foutre de nos théories, de nos croyances, parce que pendant que nous avons des points de vue et des opinions, les enfants sont déportés !”