Madelaine avant l’aube de Sandrine Collette
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Nous sommes dans une période féodale, dans le pays Arrière assez isolé. C'est là que l'on trouve le lieu-dit des Montées avec trois fermettes situées un peu en dehors du village. Dans l’une se trouve la vieille Rose avec Bran qu’elle a adopté. Dans la seconde, Eugène et Aelis et leurs 3 fils et dans la dernière Ambre et Léon qui recueillent Madeleine, petite sauvageonne trouvée sur la route.
La vie y est rude, les hivers longs, la famine récurrente. Les champs et bois appartiennent au maître et nul homme n’oserait s’insurger. Il y a beaucoup de résignation dans ces vies.
Et puis …
J’ai été happée
- par l’histoire
- par le rythme rapide des phrases
- par l’effet “waouh” au milieu du livre
- par le stress qui monte
- par l’attachement aux personnages
- par la nature âpre et toute puissante
- par ce mélange de tendresse et de douleur
- par la rage qui nous enflamme
Un beau coup de cœur pour ce livre qui m’a quand même valu un bon cauchemar avec hurlement.
Je suis toujours épatée par le choix des lycéens qui ne vont pas vers la lecture la plus facile.
Un grand bravo pour ce roman d’atmosphère noir et pourtant lumineux.
Extraits “Nous ne pouvons rien dire. Ou nous disons, entre nous. Et puis nous ravalons. Peut-être cela nous fait du bien de crier nous aussi, pour que quelque chose sorte, quelque chose de possible, car nous ne prendrons jamais les armes, juste nos gueules pleines de haine, ensuite la honte nous fait taire. Chacun regagne sa chaumière sous le regard des femmes. Ce regard plus dur, que les mots qui viennent de se dire, il tombe sur les hommes, des hommes qui baissent la tête, qui grincent à cause des blés, mais les femmes, elles.”
“Oser, murmure-t-elle, et elle se tourne vers moi. Je ne dis rien bien sûr. Je le sais, ce sont les femmes qui se révoltent. Dans tous mes souvenirs depuis que je suis ici, seules les femmes ont parfois levé la voix, ont levé une fourche ou un bâton pour défendre la simple possibilité de vivre. Elles sont prêtes à donner leur sang pour leurs enfants. Les hommes, eux, se plient. Ils s’habituent à tout. Ils ne veulent pas mourir.”