Le barman du Ritz de Philippe Collin
/image%2F0404616%2F20250118%2Fob_91c995_le-barman-du-ritz.jpg)
Pendant le temps de l’occupation allemande, l’hôtel du Ritz a été réquisitionné et son bar est resté ouvert, recevant non seulement les sommités allemandes ou des collaborateurs français mais aussi des célébrités comme Chanel, Guitry, Cocteau, Arletty …
A la tête de ce bar, il y a Frank Meier, un génie des cocktails qui sait écouter et se faire transparent. Frank Meier qui est adulé par une clientèle qui ignore ses origines juives.
Alors, résistant ou profiteur de guerre ? Compromission pour survivre ou collaboration ?
L’auteur nous plonge dans cette occupation de luxe, loin des tickets de rationnement et des restrictions où le champagne coule à flot, les cocktails sont exotiques et les couples se font ou se défont.
Une atmosphère loin d’être manichéenne et simple, même si l’on croise des allemands écœurés par le nazisme et d’autres qui en profite, des résistants de la première heure et d’autres qui tournent leur veste au dernier moment, d’autres enfin qui jouent double jeux.
Une écriture fluide et agréable reposant sur des faits réels bien que romancés.
Un bel aperçu de cette époque mouvementée.
Extrait : “Dans cette guerre qui s’appelle maintenant paix, Frank Meier se sent ballotté entre deux mondes qui coexistent et ne se croisent jamais : le monde du dedans, celui du Ritz, avec son faste, son confort et ses carnassiers, et le monde du dehors, celui de la faim, du froid et de l’humiliation. Frank n’arrive pas à se faire à la situation. Il s’y refuse, même. Il s’accroche au mince espoir que Pétain pourrait peut-être encore renverser la tendance, rendre aux Français l’existence digne et décente dont ils sont privés depuis des mois. Hier, au jardin des Tuileries, il a aperçu un vieillard affamé essayer vainement d’attraper un malheureux pigeon avec un filet.”