Traverser les forêts de Caroline Hinault.
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Trois regards :
Tout d'abord, celui de Alma, syrienne de 18 ans et son cousin Bessem, un petit peu plus âgé qu'elle. Ils se retrouvent perdus en Biélorussie dans une forêt primaire, sans vivres, cherchant à passer la frontière vers la Pologne.
Du côté polonais, il y a deux femmes aux convictions différentes : Nina qui habite avec son jeune fils Milan dans la cabane ayant appartenu à ses parents
Et enfin Vera, une journaliste biélorusse d'une cinquantaine d'années qui s'est battue pendant longtemps pour la liberté d'expression et qui a été obligée de quitter son pays à la suite de la énième élection truquée. Pour se reconstruire, elle décide de vivre un exil forestier : se retrouver pendant quelques mois, seule, dans une cabane qui sert normalement de lieu d'observation de la faune et de la flore et qui se situe dans cette forêt primaire qui englobe la frontière entre la Biélorussie et la Pologne.
Une traque, un sentiment d’urgence et de peur, et peut-être l’espoir, le tout dans une forêt ou l’être humain n’a pas laissé sa trace et où l'enchevêtrement des branches accroît la sensation de menace.
Au-delà des destins humains, ce roman est aussi une dénonciation d’un plan machiavélique de la Russie et une alerte sur ce mur de barbelés construit à la frontière de l’Europe.
J’ai eu un peu de mal au début à entrer dans l’histoire, puis j’ai été happée. Une belle écriture pour un message de résistance.
Extrait:« L'obscurité prend possession de son corps. Gonfle sa peau d'une terreur acoustique inédite. Il n'y a plus le craquement de leurs pas pour ralentir le silence. Les bruits de la forêt glissent dans son oreille comme des lames de rasoir sur les joues de la nuit.”
« Elles songent que le monde est mal fait décidément, qu'il existe aussi des sortes d'exil pour ceux qui vivent toute la vie là où ils sont nés sans avoir réussi à partir.”