Débâcle de Ian Manook
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En 1991, Boris Eltsine dissout l'Union Soviétique et le parti communiste. S'ensuit une période de confusion où les fonctionnaires ne sont pas payés, ou le rouble ne vaut plus rien et où des dirigeants vont tout faire pour effacer des moments peu glorieux de leur vie en tuant des dissidents qui pourraient parler.
C'est pour cela que Piotr, ancien membre du KGB, est envoyé en Sibérie. Pour aller tuer un homme qui, à la suite d'une fausse dénonciation, a passé des années dans un camp en Sibérie, et a décidé, à sa sortie, de vivre en ermite dans la taïga avec sa femme et sa fille.
Piotr n'est pas seul dans sa quête puisqu'il va être accompagné de Liouba, jeune fille de 15 ans qui connaît la taïga comme sa poche, d'une autre jeune fille accompagnée d'un enfant, qui se cherche une vie loin des hommes et de Vassili, conducteur de l'hélicoptère qui l’a amené jusqu'en Sibérie.
Ils vont apprendre à vivre dans cette nature hostile et pourtant très belle, vont faire des rencontres, déjouer les incendies, les plantes vénéneuses, le froid, comprendre l’ importance de l’entraide, de la fraternité et découvrir le pouvoir de faire ses propres choix.
Un roman d'aventure assez haletant entre la débâcle du printemps avec la glace qui craque et la débâcle de l'Union Soviétique.
Une épopée sauvage dans un territoire grandiose avec la confrontation de deux mondes opposés : celui de la vengeance et du communisme face à celui libre de la taïga, le tout enrobé dans une écriture soutenue et pourtant fluide.
Une très belle ode à la nature, mais aussi à l'humain.
Extrait :
“- On voit bien que ton père et toi ne vivez pas dans le fracas du vrai monde.
- Nous vivons dans le monde que nous nous sommes choisis, précisément pour la liberté qu'il nous offre. Tu as choisi ton monde, toi ? Tu es maître de ton destin ? Tu es venu ici pour exécuter quelqu'un que tu ne connais même pas, sur les ordres de quelqu'un que tu ne connais pas non plus.
Piotr cherche une réponse qui ne vient pas. Croire en l'homme, telle était la doctrine du parti avant que le communisme devienne une religion. C'est comme cette histoire du monde inexpliqué et de dieu inexplicable. Le communisme est devenu la vodka du peuple, au même titre que la religion en était l’opium. Rouge bonnet, bonnet rouge. Du pareil au même. Mais il refuse de l'admettre devant Liouba et, surtout, de manière inattendue, il rechigne à se fâcher contre elle.”