Le Désir dans la cage, de Alissa Wenz
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L'autrice nous fait découvrir la vie romancée de Mélanie Bonis, une pianiste et compositrice française qui a vécu à la fin du 19e siècle jusqu'au milieu du 20e.
Reçue au conservatoire de Paris, elle est très douée à une époque où les femmes n'ont pas le droit de se présenter à tous les concours et doivent se battre pour exister en tant qu'artiste.
Pour essayer de faire connaître ses pièces, elle signe Mel Bonis, laissant croire ainsi que le compositeur peut-être un homme.
Après un chagrin d'amour, elle suit la demande de ses parents, se marie avec un riche veuf qui a déjà 5 enfants, devient femme de maison et mère de famille, loin de son piano.
Mais la passion sera la plus forte et en retrouvant son amoureux, elle retrouvera aussi l'amour de la musique, la composition et une courte gloire.
Une vie pour apprendre à sortir du carcan familial, moral, religieux et masculin.
Une belle découverte même si j’ai eu un peu de mal à entrer dans le livre. J’ai aimé écouter ses pièces pendant ma lecture.
Extrait : “ Tu as dit oui au curé, et te voici soudain haute bourgeoise, toi la petite Mélanie, enfant, rêveuse, élève au Conservatoire, modeste vendeuse, désormais grande dame. Ici, plutôt qu'ailleurs. Ici, sans musique, au nom de quel hasard, de quel enchevêtrement. Au nom de quelle impuissance.”
“ Tu passes des jours, des nuits à composer. Tu n'as jamais autant écrit.
Tu t'es trop contentée du piano, tu ne veux plus y être assignée. Tu reviens à la musique de chambre, tes premiers essais t’on rendu curieuse, vorace, et cette fois tu t'en empares, tu n'en démords pas. Ton Quatuor en si bémol occupe tout ton esprit. Tu veux écrire pour d'autres instruments, faire confiance à tes connaissances techniques, à ton goût de l'orchestration. Plusieurs instruments, et plusieurs voix en toi, sagesse, fièvre, autorité, mélancolie, religion, révolte, rigidité, exaltation. Tu es multiple, et ta musique se multiplie elle aussi, se ramifie.”