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le blog des fanas de livres
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13 mai 2026

Les âmes errantes de Cécile Pin

 

1978, pour fuir le communisme, le père d’Anh décide de fuir le Vietnam. 

 

Anh a 16 ans et est accompagnée par ses deux frères de 13 et 10 ans. Ses parents et ses quatre autres frères et sœurs doivent les rejoindre juste après. Son père a tout prévu : des passeurs en bateau jusqu’à Hong-Kong, attente dans un camp ou la deuxième partie de la famille les rejoindra, puis départ vers les États Unis où les attendent un oncle.

 

Mais c’est l’horreur de la traversée, la saleté du camp de réfugiés, les drames, l'attente interminable pour une destination… qui les attend. 

 

L’autrice revient sur la vie de sa mère, vietnamienne issue des boat people. 

 

L'histoire de ces réfugiés est entrecoupée par des chapitres où l'autrice nous parle de ses recherches et de son besoin de faire ce livre.

 

Un court roman très fort, que l'on peut mettre aussi en parallèle avec tous les migrants actuels, leurs déterminations malgré les 1000 dangers qui parsèment leur trajet. 

 

Extraits : 

En vérité, je ne veux pas écrire sur la mort. Je veux que les femmes vivent. Je veux que les enfants jouent dans les prés, grimpent sur le dos de leur père. Je veux des repas de famille et des sorties du dimanche, des chorales d'écoliers et des siestes l'après-midi. 

 

Au lieu de cela, je rouvre des plaies dont j'ignorais jusqu'à l'existence. Je m'assois devant mon ordinateur et je creuse les vestiges du passé : les archives nationales et les interviews, les journaux et les photos. Je trouve des photos de guerre montrant des enfants morts devant leurs maisons en feu; de femmes reboutonnant leur chemisier juste avant leur exécution, et cette vision fantomatique me poursuit jour et nuit.”

 

“Quand Anh reprenait le bus pour rentrer à Kai Tak, la nuit était tombée. Elle aimait essuyer la buée sur la vitre d'un revers de manche pour admirer la ville à travers la brume : les lampadaires, les motos qui filaient, les passants éméchés et les hommes d'affaires fatigués qui se hâtaient de rentrer chez eux. C'était si différent de Vung Tham, si animé et plein de vie, c'était comme regarder un film, la fenêtre du bus devenant son écran. La ville l'enveloppait, pourtant elle était lointaine, hors de portée, tout un monde qu'elle contemplait sans pouvoir en faire partie, le camp et l'usine étant les seuls espaces autorisés. Elle retournait au bungalow en fin de journée, épuisée, des crampes dans les mains, et elle retrouvait ses frères, ensommeillés, prêts à aller se coucher.”

Commentaires
M
Ce livre me plairait il doit être émouvant, je me souviens très bien de ces évènements... Merci pour ta présentation, je viens de le noter car en plus je ne connaissais pas du tout.
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G
Je ne connaissais pas, mais le sujet me parle bien. Donc je note.
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G
@ Manou et Géraldine : c'est d'autant plus fort que c'est en partie l'histoire de sa famille
L
j'ai adoré cette lecture et je n'ai jamais oublié la voix de ce petit frère Dao qui erre effectivement dans le souvenir de toute sa famille et dans ma mémoire aussi
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G
@ Luocine : des moments très forts avec Dao en effet
A
Je me souviens bien de l'arrivée de ces boat-people ; à l'époque tout le monde se mettait en quatre pour bien les accueillir et les aider. Ce temps paraît si loin.
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G
@ Aifelle : tout à fait d'accord avec toi, l'accueil des migrants n'est pas le même aujourd'hui