Paresse pour tous, d’Hadrien Klent
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Une dystopie où un économiste et prix Nobel, Émilien Long, décide de se présenter à l'élection présidentielle de 2022 avec un programme choc : travailler 15h par semaine, soit 3h par jour et garder le temps restant pour s'occuper de soi, faire son potager... Un nouveau schéma politique mêlant une analyse marxiste à une décroissance de l'économie.
Alors qu'au départ, il était considéré comme un candidat en marge, qui n'aurait pas ses 500 signatures, il se retrouve bien placé dans les sondages.
Accompagné par 7 amis qui forment son QG de campagne et qui l’aide à faire de son utopie une option possible, il nous dévoile les 2 ans qui ont précédé le vote de 2022.
Deux événements récents ont étayé cette lecture et la vision de l’ultra consommation sans morale éthique :
- Des files d'attente interminables en pleine nuit à Paris pour acheter une montre et souvent la revendre.
- Un beau-frère qui va sans doute acheter pour son entreprise une flotte de 30 Tesla, parce que c’est le meilleur rapport qualité-prix. Les batteries étant fabriquées en Europe, les Tesla rentrent dans les aides aux entreprises.
Alors même si le programme d’Emilien Long nous propose une société idéalisée et que je suis loin d’être en phase avec toutes ses propositions, ce roman aux idées bien étayées est instructif et permet de réfléchir de manière assez audacieuse sur notre sur-stimulation de consommation.
La lecture est fluide, et quand on voit tous les coups bas qui commencent déjà dans la pré campagne présidentielle, on se dit qu’avoir un candidat intègre - qui pense réellement à un changement de société basé sur le bien être, l’écologie et la morale - ne serait pas un mal !
Je laisse le dernier mot à Edgar Morin : "Je ne suis pas partisan de la décroissance. Je suis partisan de la complexité. Il faut sortir d'une pensée binaire et plutôt s'interroger sur ce qui doit croître et ce qui doit décroître" .
Extraits:« Il suffit de regarder aujourd'hui ce que nous avons autour de nous dans nos appartements, nos maisons. Tant d'objets ! Tant de nourriture ! Tant de services ! Au lieu de diviser par quatre, le temps de travail, nous avons multiplié par quatre nos “besoins”. Nous avons des téléphones bourrés de technologie : mais il faut tous les ans augmenter leur puissance! Des télévisions immenses, mais toujours trop petites ! Des voitures confortables mais il faut encore ajouter des sièges chauffants ! Descendre acheter une pizza devient un effort terrible puisqu'on peut se les faire livrer ! Attendre trois jours pour recevoir un livre qu'on a commandé en librairie semble interminable quand on peut cliquer pour le recevoir chez soi ! Et ainsi de suite ad nauséam. Et pourtant, cette nausée, nous pourrions en guérir.”
“ Tu accepteras des compromis lors de la campagne, mais ce sera ce qu'on invente ensemble, ce qu'on cherche ensemble à définir comme ligne médiane. Et c'est beau, ce groupe de cinglés si différents les uns des autres, qui parviennent à avancer ensemble parce qu'ils ont envie justement de conjuguer l'utopie et le réalisme.”