La correspondante de Virginia Evans
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Sybil, septuagénaire, vit seule dans une maison dans le Maryland avec vue sur une baie.
Ancienne greffière, elle a, depuis son adolescence, une passion pour la correspondance et envoie régulièrement des courriers à ses proches : son frère Félix qui vit en France, son amie Rosalie, un jeune garçon atypique, ses enfants, son voisin, des écrivains qu’elle admire, la doyenne de l’université …
Petit à petit, au fil des écrits qui vont s’étendre sur dix ans, on reconstitue son histoire personnelle et ses drames. On comprend aussi mieux son caractère bien trempé.
C’est un délice de lire ces courriers et de d’en découvrir plus sur les secrets qui parsèment sa vie en lisant entre les lignes. Il y a aussi une pointe de suspens avec des lettres de menaces, une recherche d’ADN et des courriers qu’elle écrit à un certain “poulain” mais n’envoie pas.
Sybil m'a émue avec sa sincérité, mais m’a aussi fait rire plus d'une fois avec son franc parler. Ses relations avec ses prétendants sont un délice.
On s’y sent bien dans ce livre, ça passe tout seul et en même temps il y a une certaine profondeur et une réflexion sous-jacente sur le chemin vers le pardon.
Je recommande.
Extrait : “ J'écris à tous les gens qui me manquent. Amis, confrères, rédacteurs en chef, enseignants, diplomates, auteurs. Les auteurs sont mes préférés. C'est plus compliqué aujourd'hui, bien sûr, parce qu'avec internet les gens écrivent plutôt des e-mails, (c'est plus rapide, plus simple, moins exigeant que de devoir rassembler le nécessaire, le stylo, le moment pour s'asseoir à son bureau, le timbre, etc,), et on a parfois plus de mal à trouver une adresse, quoi qu'en général, si on essaie vraiment, on y arrive. Et il faut essayer. Un email ne saurait remplacer une lettre manuscrite. Cela m'inquiète qu'un jour les nouvelles technologies puissent éliminer le service postal, mais j'espère que d'ici là je serai morte et enterrée.
J'écris lentement. Une lettre peut me prendre une heure ou plus. Je ne me précipite pas. Je réfléchis à chaque phrase. Ma main ne se fatigue pas. Il ne faut pas se précipiter. Autrement, on écrit des choses qu'on ne pensait pas et l'on s'épuise. Il faut être patient pour formuler exactement ce que l'on pense, pour trouver le bon mot. Je fais parfois un brouillon que j'annote avant de rédiger une version au propre à envoyer. Je pense que l'on doit se montrer pointilleux en matière de communication. Souvenez-vous : les mots, surtout écrits, sont immortels.”