Passagères de nuit, de Yanick Lahens
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Le roman se divise en deux parties :
Dans la première on va suivre la vie d’Élisabeth qui est la petite fille d'une femme arrivée en 1803 de Saint-Domingue à la Nouvelle-Orléans avec son maître et la fille qu’elle a eu avec lui.
Dans la deuxième partie, on va suivre la vie de Regina qui est née dans la campagne dominicaine avant de devenir domestique à Port-au-Prince.
A travers ces figures, l’autrice nous livre des destins de femmes fortes qui refusent l’esclavagisme et la mainmise des hommes blancs. Elles vont gagner leurs libertés et lutter contre l’oppression. On découvre aussi l'histoire d'Haïti.
Une lecture intéressante mais je ne sais pas pourquoi, j’ai eu du mal à entrer dans ce roman. Peut-être la narration qui m’a déroutée. Mais je n’en garderai pas un grand souvenir.
Extraits :« Mais franchir le seuil de la maison principale, celle des maîtres, c'est ouvrir un immense sac dans sa tête. Dans ce sac, tu as déjà tout ce que tu as appris de ta mère, qui elle-même l'a appris de sa mère, et ce que ta condition d'esclave t'a enseigné. Tu le caches bien au fond du sac pour le recouvrir du savoir du maître. Tu feins d'aimer dans ce savoir jusqu'à ce qui t’humilie, te nie, t'efface. Parce que le maître est persuadé que tu ne sais rien, que tu n'es rien. Alors tu le laisses à sa foi trompeuse. Cette foi fais ton affaire. Son ignorance est ta force. Parce que tu connais son monde et le tien. Tu as cette longueur d'avance là.”
“ Il m'a fallu venir en ville, apprendre les mots« Christophe Colomb », « plantation », « esclave » ,« Rochambeau », « Makandal », « Toussaint », « Napoléon », « Dessalines» pour apprendre qu'une couleur de peau, la mienne, pouvait être un fardeau. Que quelque chose faisait donc tourner le monde contre moi et tous ceux qui me ressemblent. Jamais je n'ai voulu porter ce fardeau-là. Toujours j’ai empêché cette roue de tourner exactement comme elle aurait voulu le faire. Posant des pierres sur son chemin, déboitant la manivelle, faisant crisser ses essieux.”