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le blog des fanas de livres
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23 septembre 2026

Le chemin des estives, de Charles Wright

Récit d’une aventure particulière : la traversée du Massif central sans un sous en poche  et sans outil de communication par deux jésuites novices. C’est ce qui est appelé “le mois mendiant”. Un mélange de pauvreté et de débrouillardise qui a été réalisé en juillet 2020 par l’auteur et un compagnon de route. 

Ces deux novices, proches de la quarantaine, vont donc apprendre à se connaître et à quémander nourriture et logis. Leur périple est une sorte de passage initiatique qui doit aussi servir à valider, ou pas, leur noviciat.

L’auteur nous livre ses pensées au fil de sa marche. L’écriture est assez poétique. On passe des descriptions de la nature à des notions plus profondes puis à des considérations plus terre à terre quand il s’agit de manger ou dormir. Ils vont faire des belles rencontres, souvent chez des personnes éloignées de la religion (j'ai été étonnée par le nombre de personnes qui les reçoivent qui sont en arrêt maladie à cause d'un burn-out, que ce soit une institutrice, une infirmière, un commercial…) et vivre des moments plus difficiles.

Un parallèle se fait entre la beauté de ces terres dépouillées et leurs cheminements.

Je me suis laissé prendre par ce pèlerinage qui donne envie de découvrir cette nature et ces chemins peu touristiques. Nul besoin d’être croyant pour lire ce récit. Les réflexions de l’auteur portent sur son devenir mais sont peu souvent empreintes de spiritualité.

Un récit qui permet de voyager avec une belle écriture.

Extrait : “De fait, la traversée de ces nudités convoque le désert de ma propre existence. A la différence de Parsac, bien assuré dans sa vocation, la mienne vacille chaque jour davantage. L’ivresse de la liberté, à laquelle je goûte depuis un mois, l’aptitude à débusquer le sacré ailleurs que dans l’orbite religieuse - notamment dans le silence, la nature, la lumière, le vent, au milieu des bêtes et auprès de nos hôtes, surtout ceux qui sont loin de l'Église-, l’attirance pour les marges solitaires, le goût de la fugue, la hantise de devenir le délégué d’un message dont l’évidence s’est voilée, la peur d’être enfermé dans un carcan qui étouffe l’esprit de liberté, tout cela milite de plus en plus en faveur d’un départ du noviciat et d’un adieu à la vie religieuse. J’espère que les derniers jours du voyage accoucheront d’une réponse définitive.”

 

Commentaires
M
Je suis juste curieuse de savoir par quels endroits ils sont passés. Les gens sont plutôt méfiants dans le Massif Central...
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S
C'est une lecture qui sort des sentiers battus (c'est la cas de le dire). Je me demande ce qui t'a donné envie de le lire.
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G
@ Sylire : un groupe de lecture, et un ami de mon père
G
Ce livre était sur ma liste, mais j'avais oublié qu'il s'agissait d'un voyage de noviciat... et même s'il ne faut pas être croyant, vu comment je suis en guerre avec l'Eglise, ben je ne sais plus du coup...
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G
@ Géraldine : mais lui aussi est en guerre avec l'Eglise ;-)
L
je suis toujours un peu agacée par ses gens qui vivent de la charité de gens qui travaillent pour vivre, mais déjà un bon point pour lui il reste en France; Combien de relations (j'avais écrit amis mais ils ne le sont plus !) sont revenus de voyage en Afrique en me disant ils n'ont rien mais partage tout ce qu'ils ont !!!
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G
@ Luocine : Cela fait partie de leur formation, savoir être humble et demander l'aumône.