Le gardien de Téhéran de Stéphanie Perez
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Cyrus Farzadi est un jeune iranien qui va devenir chauffeur-livreur pour le musée contemporain voulu par la femme du shah. L’impératrice veut en effet démontrer que l'Iran est une grande nation moderne, et va faire acheter de nombreux tableaux Picasso, Warhol, Gauguin… pour ouvrir un fabuleux musée. Nous sommes en 1977, et la crise pétrolière a fait de l'Iran un pays riche. Elle dépense donc sans compter, alors que son peuple meurt de faim.
L'arrivée des talibans au pouvoir et la chute du shah en 1979 marque la fermeture du musée. Cyrus, qui a juste 25 ans, se retrouve le seul gardien de ce trésor inestimable jugé décadent par les talibans. Il va tout faire pour le protéger et petit à petit s’ouvrir à la beauté et la magie de ces œuvres d’art.
On reconnaît l'écriture de reporter de l'autrice qui a rencontré ce gardien. Cela peut être un frein. Mais le côté historique est passionnant.
Extrait : “Et lui, dans cette pièce habitée de spectres colorés, prend conscience qu’il ne sait rien, ou presque, de cette assemblée muette, alors que les tableaux sont en train de prendre une place primordiale dans son existence bouleversée. Il se sent investi d’une responsabilité. Tout le monde les a abandonnés, sauf lui. Le puissant Empire perse les destinait à des jours de gloire et de lumière, les voici condamnés à l’anonymat et à l’outre-monde d’une chambre forte dont lui seul possède les clés. Tout un pan de l’art occidental englouti. Ingratitude de l’histoire. En ces jours où l’Iran se recouvre de noir, ils ont pourtant toutes leurs couleurs éclatantes à opposer.”